À livre ou­vert avec la nou­velle DG de l’Hô­pi­tal RDP

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette

Après son ins­tal­la­tion of­fi­cielle en mai der­nier, Ca­rolle Martin, la nou­velle di­rec­trice gé­né­rale de l’Hô­pi­tal Ri­vière-des-Prai­ries (HRDP), a of­fert sa pre­mière en­tre­vue à un mé­dia gé­né­ra­liste à l’In­for­ma­teur. Celle qui a ef­fec­tué le plus clair de son par­cours pro­fes­sion­nel en ges­tion en mi­lieu de la san­té re­vient sur les forces de l’hô­pi­tal et de son équipe ain­si que sur les ob­jec­tifs qu’elle veut mettre de l’avant pour son éta­blis­se­ment.

Mme Martin parle de l’hô­pi­tal avec fier­té. Le poste qu’elle oc­cupe de­puis près de six mois est un grand dé­fi pour elle. Bien qu’elle ait été in­fir­mière-chef à l’Hô­pi­tal Dou­glas pen­dant 11 ans, elle de­vra ma­ni­fes­te­ment adapter sa ges­tion à HRDP, puisque cet éta­blis­se­ment se spé­cia­lise dans la san­té men­tale des en­fants.

Sa for­ma­tion en psy­cho­lo­gie—elle est aus­si dé­ten­trice d’un bac­ca­lau­réat en soins in­fir­miers et d’une maî­trise en ad­mi­nis­tra­tion des af­faires—de­vrait la sen­si­bi­li­ser à la pé­do­psy­chia­trie, puis­qu’elle y a étu­dié le dé­ve­lop­pe­ment des en­fants.

Un pôle pé­do­psy­chia­trique unique au Qué­bec

Mme Martin croit que son éta­blis­se­ment n’est pas seule­ment unique en rai­son de sa spé­cia­li­té en pé­do­psy­chia­trique. En ef­fet, elle sou­tient que la fa­çon dont la re­cherche y est me­née l’est tout au­tant.

« On part des ques­tion­ne­ments cli­niques de la base pour pro­duire nos pro­jets de re­cherche. Ça, je pense que c’est ce qu’il y a de plus in­té­res­sant parce que ça rap­porte à notre clien­tèle. Les cher­cheurs tra­vaillent étroi­te­ment avec les em­ployés sur le ter­rain », af­firme-telle. Pas de place pour le tra­vail en vase clos.

Par­mi les spé­ci­fi­ci­tés de l’HRDP, no­tons son centre d’ex­cel­lence en troubles en­va­his­sants, re­con­nu par­tout au Qué­bec.

« On ai­me­rait bien être re­con­nus comme un centre d’ex­cel­lence na­tio­nal en au­tisme, an­nonce la ges­tion­naire comme pro­chain cré­neau d’ex­per­tise que son éta­blis­se­ment dé­sire ob­te­nir.

« Nous vou­lons être les chefs de file en pé­do­psy­chia­trie au Qué­bec. On veut pou­voir ex­por­ter notre ex­per­tise, sou­te­nir nos par­te­naires et les dif­fé­rentes régions [du Qué­bec]. »

Elle sou­ligne que l’HRDP est dé­jà connu dans la fran­co­pho­nie pour la qua­li­té de ses re­cherches. Ailleurs au Ca­na­da, seul un hô­pi­tal pour en­fants de To­ron­to loge à la même en­seigne que l’ins­ti­tu­tion prai­ri­voise en ma­tière de trai­te­ments de pointe.

Une équipe che­vron­née

La di­rec­trice gé­né­rale croit que la di­ver­si­té de ses équipes de tra­vail est un atout. « Ici, on a vrai­ment une équipe ex­tra­or­di­naire de pro­fes­sion­nels de tous les types d’em­plois : on a des psy­cho­logues, des neu­ro­psy­cho­logues, des in­fir­mières, des ki­né­sio­logues, des er­go­thé­ra­peutes, des édu­ca­teurs. Vrai­ment, on a la crème de la crème comme pro­fes­sion­nels, donc toutes les rai­sons pos­sibles pour réus­sir […] ce qu’on veut faire », dit-elle.

Ses em­ployés ont sur­tout, se­lon elle, les qua­li­tés qui leur per­mettent d’in­ter­agir avec sol­li­ci­tude avec les pa­tients.

« C’est in­né chez nos pro­fes­sion­nels de vou­loir ai­der ces fa­milles et ces en­fants-là. C’est très tou­chant, confie-t-elle. Ils ne sont pas du tout dé­ran­gés d’avoir les en­fants tur­bu­lents dans leur ca­fé­té­ria. C’est quelque chose qui m’a frap­pé et que je n’ai pas vu nulle part d’autre dans le ré­seau de la san­té. »

« On a vrai­ment dé­ve­lop­pe­ment une ex­per­tise cli­nique, mais une ex­per­tise hu­maine, ajoute-t-elle. C’est ce qui mo­tive à vou­loir dé­ve­lop­per da­van­tage Ri­vière-des-Prai­ries. »

L’un des pro­jets sur le­quel planchent la ges­tion­naire et ses em­ployés concerne la re­fonte de l’offre de ser­vices aux pa­tients. Un plan de­vrait d’ailleurs être dé­po­sé au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’hô­pi­tal en no­vembre.

« On va mieux en­ca­drer l’offre de ser­vices par rap­port à la deuxième et à la troi­sième lignes », laisse-t-elle sa­voir. Les soins de ces lignes sont dis­pen­sés par des spé­cia­listes, tan­dis que ceux de pre­mière ligne le sont à l’ur­gence ou chez son mé­de­cin de fa­mille.

L’HRDP veut, en d’autres termes, sur­tout de­ve­nir un hô­pi­tal de troi­sième ligne, donc très spé­cia­li­sé, tout en ne né­gli­geant pas les soins de deuxième ligne pour ai­der les hô­pi­taux qui ne pos­sèdent pas de ser­vices de psy­chia­trie.

Il veut aus­si évi­ter l’étio­le­ment des dif­fé­rentes ex­per­tises pé­do­psy­chia­triques. Comme l’Hô­pi­tal Sainte-Jus­tine a une ex­per­tise en troubles ali­men­taires, on va la leur lais­ser, donne Mme Martin en exemple.

Si, « an­té­rieu­re­ment, les éta­blis­se­ments de san­té tra­vaillaient beau­coup en si­los », ce n’est plus le cas au­jourd’hui.

(Pho­to : Isa­belle Ber­ge­ron)

Ca­rolle Martin, nou­velle di­rec­trice gé­né­rale de l’Hô­pi­tal Ri­vière-des-Prai­ries.

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