Ri­vière-des-Prai­ries : bi­lan 2012

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@tc.tc

Il s’en est pas­sé des choses à Ri­viè­redes-Prai­ries en 2012. Du pro­jet de piste cy­clable à la dé­mis­sion du dé­pu­té To­ny To­mas­si, en pas­sant par les nom­breuses élec­tions, voi­ci un bref aper­çu de ce qui a re­te­nu l’at­ten­tion de l’In­for­ma­teur l’an der­nier.

La piste cy­clable de la co­lère

Les élus n’ima­gi­naient pas que le pro­jet de piste cy­clable sur le bou­le­vard Saint-JeanBap­tiste sus­ci­te­rait au­tant de grogne chez les com­mer­çants qui y ont pi­gnon sur rue.

Les pre­mières cri­tiques ont été for­mu­lées lorsque des com­mer­çants dont les éta­blis­se­ments se si­tuent sur le tron­çon du bou­le­vard si­tué entre la rue Sher­brooke et l’au­to­route 40 ont pris la pa­role au con­seil d’ar­ron­dis­se­ment du 6 mars. Elles sou­te­naient qu’une piste cy­clable n’avait pas sa place sur un bou­le­vard in­dus­triel comme Saint-Jean-Bap­tiste.

Bien sûr, des ci­toyens et d’autres com­mer­çants se sont mon­trés fa­vo­rables au pro­jet, dont un pro­prié­taire d’un ma­ga­sin de vé­los et de skis, si­tué sur la rue Notre-Dame, tout près de Saint-Jean-Bap­tiste. Ce der­nier es­ti­mait que la piste cy­clable se­rait utile, car de nom­breux cy­clistes em­pruntent cette voie tous les jours.

Le 26 avril, les conseillers mu­ni­ci­paux op­po­sés à la mai­resse, Gio­van­ni Ra­panà et Ma­ria Cal­de­rone, ont don­né leur ap­pui aux com­mer­çants.

Cette « sa­ga » s’est ter­mi­née après la soi­rée d’in­for­ma­tion pro­mise du 30 mai. Les élus y avaient in­vi­té des ex­perts pour par­ler du pro­jet. Les com­mer­çants en ont pro­fi­té pour dé­po­ser une pé­ti­tion conte­nant se­lon eux 1000 noms.

To­mas­si : dé­mis­sion et « pro­cé­du­rite »

Le 3 mai, l’an­cien mi­nistre li­bé­ral et dé­pu­té de LaFon­taire, To­ny To­mas­si, dé­mis­sion­nait de son siège à l’As­sem­blée na­tio­nale. Deux ans au­pa­ra­vant, il avait été ex­pul­sé du par­ti li­bé­ral et de­puis lors ne sié­geait presque ja­mais au par­le­ment. La chute de M. To­mas­si a été cau­sée par des soup­çons de fraude et d’abus de confiance à son égard, sont de­ve­nus des ac­cu­sa­tions cri­mi­nelles à la fin 2011.

L’an­née 2012 a été re­don­dante dans ce dos­sier : les avo­cats de l’ac­cu­sé ont conti­nuel­le­ment re­pous­sé le choix du type de pro­cé­dure. D’abord, le 10 jan­vier, puis le 6 mars, et en­fin, le 19 juin.

Le 11 sep­tembre, la par­tie de M. To­mas­si a op­té pour un pro­cès de­vant juge et ju­ry, mais sans en­quête pré­li­mi­naire. Re­vi­re­ment le 3 dé­cembre : elle a dé­ci­dé d’aban­don­ner le ju­ry au pro­fit du seul juge. Les par­ties ont conve­nu de se revoir le 25 mars afin de fixer la date du pro­cès.

Rap­pe­lons que M. To­mas­si fait face à trois chefs d’ac­cu­sa­tion qui pour­raient cha­cun le condam­ner à un maxi­mum de cinq ans de pri­son.

Une an­née élec­to­rale

Il est rare que les Qué­bé­cois aient à par­ti­ci­per à trois scru­tins dans une même an­née. C’est pour­tant ce qu’ont vé­cu en 2012 les Prai­ri­vois, du moins ceux qui ré­sident dans le dis­trict où avait lieu l’élec­tion mu­ni­ci­pale par­tielle du 11 no­vembre. Celle-ci avait été pré­cé­dée le 11 juin par une élec­tion pro­vin­ciale par­tielle et le 4 sep­tembre par une élec­tion pro­vin­ciale gé­né­rale.

La pre­mière élec­tion vi­sait à rem­pla­cer le siège lais­sé va­cant à l’As­sem­blée na­tio­nale après la dé­mis­sion de To­ny To­mas­si le 3 mai. Com­men­cée six jours plus tard, soit le 9 mai, la cam­pagne de 33 jours a fi­na­le­ment por­té au pou­voir Marc Tan­guay, le pré­sident du Par­ti li­bé­ral du Québec, le 11 juin. Le nou­veau dé­pu­té, qui a quit­té la pré­si­dence du par­ti de­puis lors, a ob­te­nu un peu plus de 50 % du vote ex­pri­mé.

Le 1er août, le pre­mier mi­nistre Jean Cha­rest a dé­clen­ché une cam­pagne élec­to­rale gé­né­rale. M. Tan­guay a conser­vé le pou­voir au scru­tin du 4 sep­tembre. Cette fois, il avait ob­te­nu près de 60 % du vote ex­pri­mé. Le dé­pu­té a été réé­lu sans avoir eu le temps de sié­ger au par­le­ment de Québec.

Fi­na­le­ment, sui­vant la dé­mis­sion de la conseillère dans le dis­trict de Ri­vière-desP­rai­ries Ma­ria Cal­de­rone, le 30 juin, une cam­pagne élec­to­rale mu­ni­ci­pale par­tielle a été dé­clen­chée le 28 sep­tembre. Au terme de cette course de 44 jours, Cin­dy Le­clerc, du par­ti Vi­sion Mon­tréal, a dé­fait son plus proche ri­val du par­ti sor­tant Union Mon­tréal, Ni­no Co­la­vec­chio. Elle l’a de­van­cé d’à peine 99 voix.

La langue qui em­brase

La langue fran­çaise a été cou­verte comme ra­re­ment dans le pas­sé dans le jour­nal. L’an­née a com­men­cé en lion, alors qu’un ar­ticle sur « L’état du fran­çais à Ri­vière-des-Prai­ries » sus­ci­tait l’in­di­gna­tion chez cer­tains lec­teurs an­glo­phones.

Les spé­cia­listes in­ter­ro­gés dans l’ar­ticle sou­te­naient que Ri­vière-des-Prai­ries était le quar­tier dans l’est de Mon­tréal où les im­mi­grés ou en­fants d’im­mi­grés, qui sont sou­vent d’ori­gine ita­lienne, se sont le plus tour­nés vers l’an­glais.

Le fran­çais a été l’ob­jet d’ar­ticles plus tard dans l’an­née, à l’au­tomne, alors que l’écri­vain An­to­nio D’Al­fon­so, au­teur de En ita­liques. Ré­flexion sur l’eth­ni­ci­té, pour­fen­dait les lois lin­guis­tiques au Ca­na­da.

En no­vembre, au même mo­ment où le dé­pu­té Marc Tan­guay an­non­çait à l’In­for­ma­teur qu’il était porte-pa­role de l’op­po­si­tion of­fi­cielle pour la Charte de la langue fran­çaise, les ré­sul­tats du der­nier re­cen­se­ment mon­traient que lo­cu­teurs du fran­çais étaient en lé­ger re­cul dans l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­rires— Pointe-aux-Trembles.

(Photo : pa­co­pho­to.ca)

To­ny To­mas­si en avant-plan.

(Photo : pa­co­pho­to.ca)

Marc Tan­guay

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