Soins à domicile: liste d’at­tente di­mi­nuée

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Jo­sianne Des­jar­dins jo­sianne.des­jar­dins@tc.tc

La mé­thode Proac­tion, qui consiste entre autres à mi­nu­ter tous les soins à domicile pour les per­sonnes âgées, s’avère ef­fi­cace se­lon le CSSS de la Pointe-de-l’île. Elle a per­mis de ré­duire de plus de moi­tié de sa liste d’at­tente au cours de l’an­née der­nière.

Le nombre de per­sonnes âgées ou en perte d’au­to­no­mie qui doivent pa­tien­ter avant de re­ce­voir des soins à domicile est pas­sé de 1296 usa­gers en 2011 à 568 usa­gers en 2012, une di­mi­nu­tion de 56%.

C’est que les in­fir­mières, in­ter­ve­nants psy­cho­so­ciaux, er­go­thé­ra­peutes et phy­sio­thé­ra­peutes ont réa­li­sé, en moyenne, plus d’in­ter­ven­tions au­près de leurs pa­tients en consa­crant moins de temps à la pa­pe­rasse. Ce­la fai­sait par­tie des tâches ju­gées « im­pro­duc­tives », se­lon la philosophie de ges­tion de Proac­tion.

Par exemple, le CSSS a im­plan­té plu­sieurs points de chute pour que les in­fir­mières dé­posent leurs tubes de pré­lè­ve­ment sans avoir à re­tour­ner à leur bu­reau chaque fois, ce qui leur per­met­trait de faire « moins de route ».

Ain­si, les in­fir­mières sont pas­sées de 5,1 in­ter­ven­tions par jour en 2011 à 9,1 in­ter­ven­tions l’an der­nier. Les er­go­thé­ra­peutes, pour leur part, ont ef­fec­tué 4,4 in­ter­ven­tions en 2012, com­pa­ra­ti­ve­ment à 2,9 in­ter­ven­tions en 2011.

Ces aug­men­ta­tions sub­stan­tielles ont donc per­mis de des­ser­vir un plus grand nombre de per­sonnes, dans un contexte où les services d’aide à domicile ac­cu­saient d’un dé­fi­cit bud­gé­taire an­née après an­née. « Il faut faire comme ça parce que ce sont des fonds pu­blics et nous de­vons les gé­rer cor­rec­te­ment », jus­ti­fie Hé­lène Bar­ral, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions du CSSS.

La mé­thode Proac­tion, qui est en vi­gueur dans plu­sieurs CSSS, a été contes­tée par cer­taines uni­tés syn­di­cales. C’est aus­si le cas du Syn­di­cat des tra­vailleurs du CSSS de la Poin­tede-l’île, qui plai­dait en dé­cembre que des usa­gers se sen­taient dé­sta­bi­li­sés par le rythme aux­quels les soins pou­vaient être pro­di­gués.

Du cô­té du CSSS de la Pointe-de-l’île, on avan­çait plu­tôt que le nombre de plaintes de pa­tients « qui au­raient été pris en charge de fa­çon in­adé­quate » avait chu­té de 50 % de­puis l’en­trée en vi­gueur de la mé­thode.

Se­lon Ma­til­da Abi-An­toun, di­rec­trices des services pour per­sonnes âgées en perte d’au­to­no­mie au CSSS de la Pointe-de-l’île, ce n’est qu’une ques­tion de temps avant que la mé­thode Proac­tion ap­pa­raisse comme étant la so­lu­tion.

Celle-ci rap­pelle que « c’est le ju­ge­ment du pro­fes­sion­nel qui prime sur tout » et que les in­ter­ven­tions doivent être adap­tées dans cer­tains cas, mal­gré les stan­dards de temps dé­ter­mi­nés pour don­ner les dif­fé­rents types de soins.

Jus­qu’à un an d’at­tente

Même avec la di­mi­nu­tion des dé­lais d’at­tente pour bé­né­fi­cier de services d’aide à domicile, cer­tains usa­gers de­vront pa­tien­ter jus­qu’à un an avant de les re­ce­voir. Le CSSS éva­lue toutes les de­mandes d’aide et celles qui sont consi­dé­rées plus ur­gentes sont prio­ri­sées et trai­tées ra­pi­de­ment, nous dit-on.

Ce­pen­dant, une per­sonne qui est en­core ca­pable de mar­cher mais qui sou­hai­te­rait pou­voir uti­li­ser un qua­dri­por­teur pour ses dé­pla­ce­ments de­vra at­tendre plus long­temps avant d’avoir la vi­site d’un er­go­thé­ra­peute.

D’ailleurs, le CSSS es­time qu’il y a pé­nu­rie de main-d’oeuvre en er­go­thé­ra­pie et qu’elle est res­pon­sable d’une grande par­tie de la liste d’at­tente pour les soins à domicile en 2012. Cette si­tua­tion se­rait cau­sée par le chan­ge­ment de di­plo­ma­tion, qui exige main­te­nant l’ob­ten­tion d’une mai­trise –soit deux ans de plus- avant d’ac­cé­der à la pro­fes­sion.

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