Serge Dan­du­rand: 50 ans de feu sa­cré

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER - Daph­née Tran­che­mon­tagne

L’an­née 2013 marque le 150e an­ni­ver­saire du Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die de Mon­tréal (SIM), mais aus­si les 50 ans de ser­vice de Serge Dan­du­rand, à titre de pom­pier auxi­liaire. Ren­contre avec une vé­ri­table en­cy­clo­pé­die vi­vante.

Le ré­sident de l'ar­ron­dis­se­ment Ri­viè­redes-Prai­ries-Pointe-aux-Trembles nous donne ren­dez-vous au Mu­sée des pom­piers, si­tué à l’angle de l’ave­nue Lau­rier et du bou­le­vard Saint-Laurent, dans le Pla­teau-Mont-Royal. M. Dan­du­rand nous offre une vi­site gui­dée des lieux, dont il est res­pon­sable. In­ta­ris­sable, il connait par coeur l’his­toire de tous les ob­jets ex­po­sés. Casques de pom­pier, ap­pa­reils de com­mu­ni­ca­tion, pompes à eau: tous ont leur anec­dote. Mais d’où lui vient cette fas­ci­na­tion pour l’uni­vers des pom­piers?

« J’ai été éle­vé dans la ca­serne 16, près du parc La Fon­taine. Quand j’avais 9 ou 10 ans, je pas­sais ma jour­née avec les pom­piers et j’al­lais faire leurs com­mis­sions. Des fois, ils m’ame­naient avec eux au feu. Ils me di­saient de me ca­cher dans le ca­mion. Le chef de la ca­serne était l’oncle d’un de mes amis. Sou­vent, mes pa­rents l’ap­pe­laient le soir ve­nu pour lui dire de me ren­voyer à la mai­son », se sou­vient-il.

« Ç’a tou­jours été ma pas­sion. Je vou­lais de­ve­nir pom­pier, mais il y avait un pe­tit pro­blème. À l’époque, à Mon­tréal, il fal­lait me­su­rer au moins 5 pieds 8. Moi, je me­su­rais 5 pieds 6 et trois quarts.»

C’est ain­si que l’homme est de­ve­nu pom­pier auxi­liaire, pa­ral­lè­le­ment à sa car­rière dans le do­maine de l’avia­tion.

« Un pom­pier auxi­liaire, c’est un bé­né­vole. Il s’oc­cupe de conser­ver les pièces du ser­vice d’in­cen­die et ré­pond aux troi­sièmes alertes (in­cen­dies qui de­mandent un dé­ploie­ment de plus de 80 pom­piers) avec le ca­mion re­hab », explique ce­lui qui a re­çu la pre­mière mé­daille de re­con­nais­sance du SIM de l’Est, à l’oc­ca­sion du 150e an­ni­ver­saire de ce­lui-ci.

Le « ca­mion re­hab », au­tre­fois ap­pe­lé la can­tine, sert à ap­pro­vi­sion­ner les pom­piers en bois­sons froides et chaudes, ain­si qu’en col­la­tions, du­rant les longues heures au feu. De cette ma­nière, même s’il n’a pas, à pro­pre­ment dit, com­bat­tu les flammes, M. Dan­du­rand s’est re­trou­vé aux pre­mières loges de tous les in­cen­dies mar­quants de Mon­tréal, fai­sant tout ce qu’il pou­vait pour ai­der.

50 ans de ser­vice

M. Dan­du­rand est en­tré en ser­vice le 4 dé­cembre 1962. Il s’en rap­pelle comme si c’était hier.

« Je n’avais eu au­cune pré­pa­ra­tion. Ils m’ont don­né un ké­pi et une veste. Quand je suis re­ve­nu à la ca­serne, je me voyais chef de tous les pom­piers de Mon­tréal », blague-t-il, fier comme un paon.

En 50 ans de ser­vice, M. Dan­du­rand a tout vu. Il a no­tam­ment as­sis­té aux in­cen­dies de la Wood­house (1963), de la sta­tion de mé­tro Hen­ri-Bou­ras­sa (1971) et de la place AlexisNi­hon (1986). Il y a vu pé­rir cer­tains de ses amis. Dans le mu­sée, un mur en­tier est dé­dié aux pom­piers morts en de­voir. Leurs casques y sont ex­po­sés. Chaque fois qu’il le re­garde, M. Dan­du­rand est par­ti­cu­liè­re­ment ému, confiet-il.

L’homme a aus­si vé­cu les dif­fé­rentes pe­tites ré­vo­lu­tions qui ont trans­for­mé le mé­tier de pom­pier.

« Ce qui a le plus chan­gé, c’est la sé­cu­ri­té. L’équi­pe­ment n’est plus pa­reil. En 1962, les ap­pa­reils res­pi­ra­toires, ce n’est pas tout le monde qui les por­tait. Cer­tains avaient peur de pas­ser pour des peu­reux. C’était dans l’air du temps. Avec les nou­velles lois, les pom­piers n’ont pas le choix d’avoir tout leur équi­pe­ment », explique-t-il.

Tou­te­fois, ce qui a vrai­ment ré­vo­lu­tion­né le mode d’in­ter­ven­tion des pom­piers, ce sont les moyens de com­mu­ni­ca­tion.

Même si le tra­vail de pom­pier a beau­coup évo­lué, M. Dan­du­rand est tou­jours aus­si pas­sion­né.

« Je vais mou­rir pom­pier auxi­liaire » , conclut-il, tout feu, tout flamme. Mu­sée des pom­piers (5100, bou­le­vard SaintLaurent). Pour connaître l’ho­raire d’ou­ver­ture du Mu­sée des pom­piers, on consulte le www.mu­see­des­pom­piers.com ou on com­mu­nique avec le 514 872-3757.

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