Quel lé­zard, ma mai­son se lé­zarde!

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Simon Bousquet Ri­chard

Des murs qui se lé­zardent, ça n’a rien de ras­su­rant. La Ville de Montréal ne re­ce­vait pas suf­fi­sam­ment de de­mandes d’in­dem­ni­sa­tion liées à cette si­tua­tion pour conser­ver son pro­gramme. Pour­tant, cette an­née, plu­sieurs ci­toyens de l’en­semble de l’île la vivent. C’est d’ailleurs le cas de plu­sieurs ré­si­dents de l’Est.

De­puis 2000, Odette Gi­rard de­meure dans un condo de la rue For­syth. Au cours de l’été, ses voi­sins et elle ont consta­té que des fis­sures étaient ap­pa­rues dans le cal­feu­trage des fe­nêtres de la fa­çade et dans les joints de briques, si­tués sur les cô­tés et le de­vant de l’im­meuble. Cer­taines de ces fis­sures at­teignent jus­qu’à un pouce et de­mi de lar­geur.

Les ré­si­dents de l’im­meuble ne sont pas les seuls dans cette si­tua­tion. « Sur la rue For­syth, entre la 32e Ave­nue et la rue Ro­bert Che­va­lier, il y a au moins trois bungalows qui sont af­fec­tés », ex­plique Mme Gi­rard. « J’ai re­çu plu­sieurs ap­pels de ci­toyens qui ne savent plus à quel saint se vouer, parce que les fon­da­tions de leurs mai­sons sont lé­zar­dées », confirme la conseillère Su­zanne Décarie.

De l’ar­gile sèche

Le pro­blème se­rait dû au sol ar­gi­leux qui re­couvre une grande par­tie du ter­ri­toire de Pointe- aux- Trembles ( PAT), Montréal- Est (VME), ain­si qu’une par­tie de Ri­vière-desP­rai­ries (RDP).

Tout le sous-sol de la par­tie ha­bi­tée de VME, si­tuée au sud de la rue Sainte-Catherine, jus­qu’à la 32e Ave­nue à PAT (à l’ex­cep­tion d’une pe­tite poche ri­ve­raine, entre la 5e Ave­nue et le bou­le­vard Tri­cen­te­naire) est com­po­sé d’ar­gile. Le bout de l’île, ain­si que le ParcNa­ture PAT et ses en­vi­rons (jus­qu’à la rue For­syth) sont aus­si ar­gi­leux. En­fin, une pe­tite por­tion si­tuée com­plè­te­ment à l’ouest de RDP est éga­le­ment tou­chée.

En pé­riode de sé­che­resse, l’ar­gile se contracte, en­traî­nant avec elle les fon­da­tions des bâ­ti­ments. Le temps chaud et les faibles pré­ci­pi­ta­tions de la der­nière sai­son es­ti­vale ex­pliquent l’ap­pa­ri­tion sou­daine de lé­zardes.

« Ce qui est étrange, c’est qu’à l’ar­rière de notre im­meuble, il n’y a pas de pro­blème, fait re­mar­quer Mme Gi­rard. Il faut dire que, tout l’été, nous avons ar­ro­sé des plantes si­tuées de ce cô­té! »

De son cô­té, l’in­gé­nieur Alain Mous­seaux ex­plique que le de­vant des bâ­ti­ments est sou­vent plus lourd, ce qui fa­vo­rise leur l’af­fais­se­ment, avant l’ar­rière des bâ­ti­ments.

La pointe de l’ice­berg

Ces fis­sures ne sont que la pointe de l’ice­berg. Non seule­ment elles in­diquent que les fon­da­tions « tra­vaillent », elles causent éga­le­ment de l’in­fil­tra­tion d’eau, ce qui peut cau­ser des dom­mages col­la­té­raux im­por­tants à la struc­ture de la mai­son, comme de la moi­sis­sure.

Pour évi­ter que la si­tua­tion ne dégénère, il est pri­mor­dial d’ef­fec­tuer les ré­pa­ra­tions né­ces­saires avec di­li­gence. Plu­sieurs op­tions s’offrent alors aux pro­prié­taires : pieu­ter, c’est-àdire creu­ser pour ins­tal­ler des pieux qui s’ap­puient sur une base so­lide, ou creu­ser un sous-sol. Deux so­lu­tions très coû­teuses qui font ra­pi­de­ment grim­per la fac­ture à plu­sieurs di­zaines de mil­liers de dol­lars.

« Nous avons fait faire plu­sieurs sou­mis­sions. Les coûts sont entre 60 000 $ et 110 000 $ », ra­conte Mme Gi­rard.

(En col­la­bo­ra­tion avec Daph­née

Tran­che­mon­tagne)

(Pho­to: Pa­trick Des­champs)

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