Aide fi­nan­cière pour les vic­times des lé­zardes

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Simon Bousquet (En col­la­bo­ra­tion avec Daph­née Tran­che­mon­tagne)

Parce que lé­zardes dans les fon­da­tions riment sou­vent avec fac­ture sa­lée, la Ville de Montréal of­frait une sub­ven­tion aux pro­prié­taires im­mo­bi­liers tou­chés. Or, de­puis juillet 2011, cette aide fi­nan­cière n’existe plus et les ré­si­dents de l’Est aux prises avec ce pro­blème se re­trouvent donc le bec à l’eau.

Lors­qu’elle a consta­té l’éten­due des dé­gâts sur son im­meuble, une ré­si­dente de la rue For­syth, Odette Gi­rard, a cher­ché de l’aide au­près de mai­rie d’ar­ron­dis­se­ment, de sa conseillère de Ville (Su­zanne Décarie) et de sa dé­pu­tée pro­vin­ciale (Ni­cole Lé­ger).

Elle a alors été in­for­mée que le Pro­gramme d’aide Qué­bec-Montréal pour la sta­bi­li­sa­tion des fon­da­tions de bâ­ti­ments ré­si­den­tiels avait bien exis­té et qu’il s’ap­pli­quait à l’en­semble de la ville de Montréal. Ce pro­gramme avait pour but d’ai­der les pro­prié­taires-oc­cu­pants à faire face aux dé­penses im­por­tantes que peuvent en­traî­ner les pro­blèmes d’in­sta­bi­li­té des fon­da­tions de leur ré­si­dence prin­ci­pale, pro­blèmes liés à un af­fais­se­ment du sol.

Le hic, c’est que le pro­gramme n’existe plus. « Le pro­gramme fai­sait par­tie du pro­gramme Re­no­va­tion Qué­bec du gou­ver­ne­ment du Qué­bec, mis à la dis­po­si­tion des mu­ni­ci­pa­li­tés. La Ville de Montréal y avait adhé­ré et il était gé­ré par la Ville-centre, mais elle a dé­ci­dé de se retirer en 2012 », ex­plique Mme Lé­ger, ajou­tant qu’elle a en­tre­pris des dé­marches pour sa­voir pour­quoi Montréal ne fait plus par­tie du pro­gramme.

De son cô­té, la conseillère Décarie croit que « c’était une très mau­vaise idée de mettre fin au pro­gramme en juillet 2011 et en­tends bien in­ter­ve­nir après de la Ville de Montréal pour qu’il soit ré­ta­bli ».

Un autre pro­gramme

Par ailleurs, les Mon­tréa­lais ne sont pas com­plè­te­ment dé­pour­vus puis­qu’un nou­veau pro­gramme, ce­lui des Ré­no­va­tions ré­si­den­tielles ma­jeures, a été mis en place.

Or, pour être ad­mis­sible à cette aide fi­nan­cière, le pro­jet sou­mis doit ré­pondre à plu­sieurs cri­tères en lien, no­tam­ment, avec le type de bâ­ti­ment, sa va­leur fon­cière, la na­ture des tra­vaux et leur coût. L’emplacement de l’édi­fice est éga­le­ment pris en compte. Les ré­si­dences du ter­ri­toire de Rivièredes-Prai­ries–Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est ne sont pas éli­gibles au pro­gramme.

Un non-sens se­lon Mme Décarie qui ex­pose qu’en « rai­son d’un sol ar­gi­leux, des quar­tiers de Pointe-aux-Trembles sont par­ti­cu­liè­re­ment sus­cep­tibles de connaître des pro­blèmes de fis­sures de fon­da­tions ». Elle pré­vient qu’elle a « la ferme in­ten­tion de re­pré­sen­ter les be­soins des ci­toyens de l’ar­ron­dis­se­ment qui vivent ce genre de si­tua­tion, qui ne dé­pend d’eux en rien, mais qui dé­sta­bi­lise au­tant leur ré­si­dence que sa va­leur ».

Fis­sure : Décarie veut de la ré­tro­ac­ti­vi­té

Su­zanne Décarie, qui avait de­man­dé au co­mi­té exé­cu­tif de la Ville de Montréal de ré­ta­blir le Pro­gramme d’aide pour la sta­bi­li­sa­tion des fon­da­tions de bâ­ti­ments ré­si­den­tiels a ap­plau­di le dé­pôt de la mo­tion en ce sens, lors du conseil mu­ni­ci­pal. Elle de­mande que ce­lui-ci aille plus loin pour que le pro­gramme puisse s’ap­pli­quer de fa­çon ré­tro­ac­tive.

« L’achat d’une mai­son est sou­vent le plus gros in­ves­tis­se­ment dans la vie d’une fa­mille comme celles qu’on ac­cueille en grand nombre dans l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­ries–Pointe-auxT­rembles. Il est donc im­por­tant que le pro­gramme qui se­rait ré­ta­bli, pos­si­ble­ment avec le concours de la So­cié­té d’ha­bi­ta­tion du Qué­bec, soit ré­tro­ac­tif pour sou­te­nir les ci­toyens de notre ar­ron­dis­se­ment qui ont dé­jà in­ves­ti des di­zaines de mil­liers de dol­lars pour ré­pa­rer les dom­mages cau­sés à leur ré­si­dence », a fait va­loir la conseillère, quelques mi­nutes avant l’adop­tion à l’una­ni­mi­té de la mo­tion.

La mo­tion pré­voit que la Ville de­vra cher­cher des so­lu­tions à long terme contre l’as­sè­che­ment des sols ar­gi­leux qui cause leur af­fais­se­ment et, par le fait même, des fis­sures aux fon­da­tions des bâ­ti­ments. Jus­qu’en juillet 2011, un pro­gramme conjoint du gou­ver­ne­ment du Qué­bec était ap­pli­cable à l’en­semble de la ville de Montréal. Il avait pour but d’ai­der les pro­prié­taires-oc­cu­pants à faire face aux dé­penses im­por­tantes en­traî­nées par ce pro­blème.

« Pour les ci­toyens qui sont tou­chés, cette aide est es­sen­tielle. Nous sommes donc heu­reux que le nou­veau co­mi­té exé­cu­tif de coa­li­tion soit sen­sible à cet en­jeu et que le conseil mu­ni­ci­pal ait adop­té à l’una­ni­mi­té la mo­tion », a si­gna­lé la mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment, Chan­tal Rou­leau, pour qui l’adop­tion d’une telle mo­tion est un pas dans la bonne di­rec­tion pour une meilleure re­pré­sen­ta­tion des ci­toyens. Pour en sa­voir plus sur le pro­gramme Ré­no­va­tions ré­si­den­tielles ma­jeures, on vi­site le http://bit­ly. com/ JzknfB.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.