Sa­ni­max : des ci­toyens « tan­nés » des odeurs

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@tc.tc

De­puis quelques mois, un comité de ci­toyens de Ri­vière-des-Prai­ries se mo­bi­lise pour de­man­der à l’en­tre­prise Sa­ni­max, qui traite les car­casses d’ani­maux, de ces­ser d’em­puan­tir le voi­si­nage. L’en­tre­prise, de son cô­té, re­con­naît que des odeurs peuvent in­com­mo­der cer­tains ci­toyens, mais elle af­firme que tout est fait pour fa­vo­ri­ser la bonne cohabitation avec ses voi­sins.

« Quand j’étais pe­tit, on s’en fou­tait [de Sa­ni­max], c’était loin. Mais main­te­nant que je suis dé­mé­na­gé là, c’est hor­rible », confie Ro­ber­to Mo­li­na­ro, l’un des ins­ti­ga­teurs de la Ri­vière-desP­rai­ries Clean Air Com­mu­ni­ty.

« En juin, juillet et août, c’était épou­van­table, ajoute-t-il. Le seul jour que tu pou­vais sor­tir, c’était le di­manche après-mi­di, alors que c’est fer­mé. »

M. Mo­li­na­ro a sur­tout peur pour sa san­té et celle des en­fants. « On a peur de l’odeur. Est-ce que, dans 20 ans, tout le monde va avoir le can­cer à cause de Sa­ni­max? », se de­mande-t-il.

Même cri d’alarme du cô­té de Mi­chal Mul­doon, un ci­toyen membre du re­grou­pe­ment. « Il y a au-des­sus de 1000 mai­sons à l’in­té­rieur d’un rayon de 1 km au­tour de Sa­ni­max, es­time-t-il. Ça af­fecte beau­coup de monde. »

In­ves­tis­se­ments

Pour­tant, l’en­tre­prise en place de­puis les an­nées 1950, donc bien avant que les ré­si­dences ne poussent comme des cham­pi­gnons dans le sec­teur, éva­lue à 25 M$ les in­ves­tis­se­ments consen­tis de­puis 10 ans pour mo­der­ni­ser son com­plexe et ce­lui si­tué à Char­ny, en ban­lieue de Qué­bec.

Sté­phane Per­rault, porte-pa­role pour l’en­tre­prise, note comme chan­ge­ments ma­jeurs le dé­char­ge­ment des ca­mions qui se fait dé­sor­mais entre quatre murs, et non plus à l’air ex­té­rieur.

L’usine est aus­si cein­tu­rée de but­tons, ce qui évite la dis­sé­mi­na­tion des odeurs. Un « sys­tème d’in­jec­tions d’huiles » a même été mis en place pour mas­quer les odeurs.

Ce­la ne semble pas être suf­fi­sant pour le re­grou­pe­ment ci­toyen, qui pré­fé­re­rait, comme avan­cée ma­jeure, que les ca­mions qui trans­portent les car­casses soient ré­fri­gé­rés.

« Par­tout en Eu­rope, les règles sont très, très sé­vères en­vers ces com­pa­gnies-là. Elles doivent avoir des ca­mions ré­fri­gé­rés, elles doivent la­ver leurs ca­mions après, elles doivent ré­gler la tem­pé­ra­ture, men­tionne M. Mo­li­na­ro. On veut qu’ils im­portent les stan­dards eu­ro­péens. »

« À notre connais­sance, dans l’in­dus­trie de l’équar­ris­sage, ce n’est pas uti­li­sé », ré­pond, in­cré­dule, M. Per­rault à pro­pos des ca­mions ré­fri­gé­rés.

Comité de vi­gi­lance

Le porte-pa­role in­dique que l’en­tre­prise est prête à faire d’autres ef­forts pour fa­ci­li­ter la vie des ci­toyens. Un comité réunis­sant des ci­toyens et des élus se ren­contre d’ailleurs quatre fois par an­née afin de dis­cu­ter de ce genre de pro­blèmes.

Or, sou­tiennent les membres du re­grou­pe­ment ci­toyen, ce comité ne sert à rien. « Je veux des ré­sul­tats, et eux, ils jasent d’autres choses, dé­plore M. Mo­li­na­ro. J’ai men­tion­né plu­sieurs fois que c’était une perte de temps. »

« On est conscients que tout le monde vou­drait que ça aille tou­jours plus vite, ré­torque M. Per­rault. Mais qu’est-ce que vous vou­lez? On a quand même fait des in­ves­tis­se­ments im­por­tants. »

Les ci­toyens peuvent por­ter plainte à l’en­tre­prise du­rant les épi­sodes de mau­vaises odeurs en si­gna­lant le 514 648-1083.

(Pho­to : pa­co­pho­to.ca)

L’usine Sa­ni­max, qui est si­tuée au coeur de Ri­vière-des-Prai­ries, trans­forme les car­casses de pou­lets et de porcs en gra­nules pour de­ve­nir, entre autres, de la nour­ri­ture pour ani­maux do­mes­tiques.

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