Su­per-in­fir­mière au se­cours des mé­de­cins

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Ana­bel Cos­sette Ci­vi­tel­la

La Pointe-de-l’Île, bien connue pour être le parent pauvre en ma­tière de ser­vices de san­té, se­lon la chef du ser­vice au CLSC RDP, Da­nièle Le­mieux se dote, de­puis trois mois, de l’aide d’une in­fir­mière pra­ti­cienne spé­cia­li­sée (IPS). Por­trait d’une si­tua­tion qui n’a vi­si­ble­ment que du bon.

« L’avan­tage d’une in­fir­mière pra­ti­cienne, c’est pour la po­pu­la­tion », lance tout de go Liette Mi­chel, la nou­velle IPS ou su­per-in­fir­mière du CLSC Ri­vière-des-Prai­ries.

Dans l’ima­gi­naire col­lec­tif, une in­fir­mière a beau­coup moins d’au­to­no­mie dans sa pra­tique que le mé­de­cin. Mais les choses sont en train de chan­ger si l’on en croit la nou­velle es­pèce de su­per-in­fir­mière mieux ou­tillée, spé­cia­li­sée et sur­tout, plus au­to­nome for­mée de­puis 2002 au Qué­bec.

Parce qu’elle peut suivre et trai­ter les ma­la­dies cou­rantes, la su­per-in­fir­mière Mi­chel agit en com­plé­men­ta­ri­té avec les quatre mé­de­cins du CLSC. Comme ils sont dé­char­gés de cer­tains cas, ils peuvent ain­si voir plus de clien­tèle. Au final, plus de pa­tients sans mé­de­cin de fa­mille ont ac­cès à cette perle rare du corps mé­di­cal.

« C’est bien connu que la Pointe-de-l’Île pos­sède le moins de mé­de­cins de fa­mille par tête de pipe», sou­ligne Dr. Da­nièle Le­mieux, chef de ser­vice au CLSC RDP. Dans le contexte, la Dr. Le­mieux et ses col­lègues voient d’un très bon oeil l’ar­ri­vée de l’IPS. « Même si dans cer­tains mi­lieux il peut y avoir de la ré­sis­tance de la part des mé­de­cins qui ne connaissent pas les avan­tages d’avoir une in­fir­mière pra­ti­cienne, nous, on ne voit pas de cô­tés né­ga­tifs », ex­plique-t-elle.

Un rôle en­core mé­con­nu

« Si on com­pare à l’On­ta­rio, ici, il y a beau­coup plus de ré­sis­tance à ac­cep­ter notre au­to­no­mie, ajoute Liette Mi­chel. Par exemple, cer­tains mé­de­cins n’aiment pas que les in­fir­mières prennent tous les cas fa­ciles et leur laissent les plus dif­fi­ciles. »

Ap­prendre à par­ta­ger

Pour Da­nièle Le­mieux, si dans cer­tains mi­lieux les mé­de­cins sont sou­cieux de l’ar­ri­vée des su­per-in­fir­mières, ce n’est rien com­pa­ré à l’adap­ta­tion des pa­tients. Ces der­niers ne com­prennent pas pour­quoi ils de­vraient faire affaire avec une in­fir­mière alors qu’ils ont dé­jà un mé­de­cin de fa­mille.« Comme des en­fants, les pa­tients doivent ap­prendre à par­ta­ger leur mé­de­cin de fa­mille », ri­gole Mme Le­mieux. Elle as­sure tou­te­fois qu’il y a plus de peur que de mal. Après avoir pas­sé la porte du ca­bi­net, les pa­tients sont una­ni­me­ment sa­tis­faits.

Liette Mi­chel

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