Om­buds­man: plaintes en hausse constante sur le ter­ri­toire mon­tréa­lais

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Daph­née Tran­che­mon­tagne

De ma­nière gé­né­rale, le nombre de plaintes à l’Om­buds­man de Montréal a aug­men­té de 15 % pour l’en­semble du ter­ri­toire. Cette hausse se­rait due aux ef­forts dé­ployés pour faire connaître le tra­vail de l’or­ga­nisme qui est « en­core mé­con­nu », es­time Me Jo­hanne Sa­vard, om­buds­man.

« [La com­mis­sion Charbonneau] a eu très peu d’impact ici. J’ai eu en­vi­ron huit per­sonnes qui ont fait une plainte en lien avec ça. Ce n’est pas vrai­ment ce type de dos­siers là que l’on traite. Les ci­toyens qui nous contac­taient et croyaient dé­te­nir de l’in­for­ma­tion en lien avec des cas de col­lu­sion ou de cor­rup­tion, on les a ré­fé­rés aux bonnes per­sonnes.

« La res­pon­sa­bi­li­té de l’Om­buds­man, c’est de s’as­su­rer que dans les dé­ci­sions ad­mi­nis­tra­tives prises au quo­ti­dien par la Ville qui af­fectent les ci­toyens, on puisse faire cor­ri­ger une si­tua­tion, s’il y a un pro­blème », ex­plique Me Sa­vard qui siège à la tête de l’or­ga­ni­sa­tion qui a trai­té 1577 plaintes en 2012, dont 1547 nou­veaux dos­siers.

Ce­pen­dant, le pou­voir de l’Om­buds­man sur les dé­ci­sions des élus est pra­ti­que­ment nul, in­siste l’avo­cate.

« On est dans un sys­tème dé­mo­cra­tique; les re­pré­sen­tants sont choi­sis par la po­pu­la­tion dans un contexte d’élec­tion et il faut res­pec­ter ce­la. Si une dé­ci­sion est vo­tée par eux, l’om­buds­man n’a pas ju­ri­dic­tion. On a une ex­cep­tion et c’est ex­trê­me­ment rare: c’est lors­qu’une dé­ci­sion contre­vient aux va­leurs de la Charte mont­réa­laise des droits et des res­pon­sa­bi­li­tés. Alors là, l’Om­buds­man pour­ra faire des re­com­man­da­tions. »

Ne dis­po­sant d’au­cun pou­voir coer­ci­tif, l’Om­buds­man tra­vaille de concert avec les ar­ron­dis­se­ments pour rec­ti­fier les si­tua­tions pro­blé­ma­tiques.

Se­lon Mme Sa­vard, 10 ans après sa créa­tion, l’Om­buds­man de Montréal n’a pas be­soin de pou­voirs sup­plé­men­taires pour bien faire son tra­vail.

« J’ai le pou­voir de rendre pu­blique une re­com­man­da­tion et je peux faire une sor­tie, lorsque j’es­time qu’une si­tua­tion qui né­ces­site une in­ter­ven­tion n’est pas ré­glée, et les gens le savent. Dans 95 % des cas, on va trou­ver une so­lu­tion à l’amiable. De plus, parce que je n’ai pas le pou­voir d’or­don­ner, ça per­met de dé­ve­lop­per une re­la­tion de confiance avec les ar­ron­dis­se­ments et les ci­toyens. À long terme, j’es­time que notre ap­proche est plus ef­fi­cace. »

(Pho­to : gra­cieu­se­té)

Me Jo­hanne Sa­vard, om­buds­man, dé­fend les droits des ci­toyens et ci­toyennes dans leurs re­la­tions avec les ser­vices de la Ville.

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