Dans la d’un peau po­li­cier

Notre jour­na­liste a sillon­né les rues du quar­tier en com­pa­gnie de pa­trouilleurs du poste de quar­tier 45. Elle nous in­vite à plon­ger dans l’uni­vers po­li­cier.

L'Informateur - - LA UNE - sa­man­tha.ve­lan­dia@tc.tc

Il est 14 h 25, ils ar­rivent un par un avec leur uni­forme im­pec­cable et s’ins­tallent au­tour d’une pe­tite table, à la ca­fé­té­ria. Ils ri­golent un peu en at­ten­dant leurs col­lègues. Peu à peu l’en­droit se rem­plit de po­li­ciers.

Le 22 août der­nier, L’In­for­ma­teur Ri­viè­redes-Prai­ries a sui­vi des agents du poste de quar­tier 45 pen­dant cinq heures.

À 14 h 30, le sergent res­pon­sable com­mence la réunion. Des par­te­naires sont as­si­gnés aux po­li­ciers au­tour de la table, deux duos iront sur le ter­rain et une cin­quième per­sonne res­te­ra au poste.

L’agent Yves Guille­mette Fleu­ry lit à voix haute des do­cu­ments. Il s’agit des re­com­man­da­tions et in­for­ma­tions à gar­der en tête pen­dant la jour­née. « Le sus­pect se pro­mè­ne­rait dans une voi­ture vo­lée, une Au­di Sport. Il se­rait ar­mé. Il sait qu’on le cherche. Soyez pru­dents. »

Les po­li­ciers se pré­parent à par­tir. Ils trans­portent un lourd sac ain­si qu’un or­di­na­teur por­table jus­qu’à la voi­ture. Leur jour­née de tra­vail vient of­fi­ciel­le­ment de com­men­cer.

Un pe­tit écran tac­tile les in­forme des po­si­tions des autres pa­trouilleurs dans le sec­teur. « Cet or­di­na­teur est un peu comme notre bible. Nous avons ac­cès aux dos­siers des conduc­teurs, nous pou­vons faire des re­cherches sur des sus­pects, et nous sommes en me­sure de sa­voir si d’autres po­li­ciers ont be­soin de notre aide », ex­plique l’agent Josianne Forest.

La voi­ture s’im­mo­bi­lise dans un parc. D’autres po­li­ciers sont dé­jà sur les lieux.

Par terre, à cô­té de la por­tière du pas­sa­ger, un chien agi­té re­garde avec mé­fiance au­tour de lui. Un po­li­cier avec une lasse s’ap­proche tran­quille­ment. Le son d’une por­tière qui se ferme brus­que­ment af­fole l’ani­mal qui prend la fuite.

« On va es­sayer de le rat­tra­per avant qu’il ne morde quel­qu’un », si­gnale l’agent Fleu­ry. Les po­li­ciers sautent dans la voi­ture et s’en­gagent sur le che­min du parc, mais il est trop tard, le chien est in­trou­vable.

Un si­gnal lu­mi­neux sur l’écran tac­tile met les po­li­ciers en mode d’alerte. Les si­rènes s’al­lument, l’au­to­mo­bile prend de la vi­tesse. L’au­to­pa­trouille se dé­place ra­pi­de­ment pour la lais­ser pas­ser.

« Met­tez-vous à ma place! Quand j’ai vu qu’il lui avait don­né une claque j’ai eu une mon­tée d’adré­na­line et je suis al­lé les sé­pa­rer, hurle le ci­toyen. C’est nor­mal. Si je vois quel­qu’un qui frappe une femme de­vant moi, c’est sûr que je vais al­ler l’ar­rê­ter. »

L’homme qui four­nit des ex­pli­ca­tions aux po­li­ciers se pro­mène ner­veu­se­ment de­vant un im­meuble à lo­ge­ments à Ri­vière-des-Prai­ries.

Une dis­pute entre un couple au­rait été à l’ori­gine d’une ba­garre entre plu­sieurs in­di­vi­dus. Per­sonne n’a été bles­sé, mais les es­prits sont tou­jours en­flam­més et des pelles traînent à l’en­trée de l’édi­fice.

Les po­li­ciers in­ter­rogent les deux par­ties. Les ver­sions se contre­disent, les deux groupes se blâment mu­tuel­le­ment, mais per­sonne ne veut

por­ter plainte.

« Quand il y a des si­tua­tions comme ça qui ar­rivent, il n’y a pas grand-chose que nous pou­vons faire, sauf les sé­pa­rer et faire des vé­ri­fi­ca­tions au­près des gens im­pli­qués », ré­vèle l’agent Forest.

Les po­li­ciers conti­nuent leur par­cours lors­qu’une di­zaine de mi­nutes plus tard, le même si­gnal lu­mi­neux les en­traîne sur une course contre la montre dans les rues du sec­teur. Cette fois-ci, ils se dé­placent pour ai­der leurs ho­mo­logues du poste 49 de Pointe-aux-Trembles.

« Je l’ai trou­vé en train de sau­ter par-des­sus la clô­ture de cette mai­son », ra­conte l’un des po­li­ciers de Pointe-aux-Trembles en poin­tant un jeune ado­les­cent as­sis en ar­rière de son au­to­pa­trouille.

Les agents Fleu­ry et Forest se dé­pêchent à al­ler vé­ri­fier l’état de la pro­prié­té. « Ils ont es­sayé d’ou­vrir la porte, an­nonce l’agent Fleu­ry. On va es­sayer d’at­tra­per les autres. »

Une voi­sine vrai­sem­bla­ble­ment in­quiète sort à la res­cousse des po­li­ciers. « J’ai vu un jeune ac­crou­pi dans ma cour, quand il m’a vue, il a sau­té sur le pa­tio de la mai­son à cô­té. »

Les agents s’em­pressent à com­men­cer les re­cherches. L’un s’at­taque au cô­té gauche de la mai­son, tan­dis que l’autre prend l’en­trée, à l’autre ex­tré­mi­té.

« Ar­rête-toi », hurle l’agent Fleu­ry. Un jeune d’une quin­zaine d’an­nées qui s’ap­prê­tait à fuir se fait main­te­nant me­not­ter et en­fer­mer dans la voi­ture des po­li­ciers.

Ce se­ra le dé­but d’un long in­ter­ro­ga­toire pour le jeune qui se­lon les re­cherches des po­li­ciers, avait dé­jà été ac­cu­sé dans le pas­sé d’en­trée par ef­frac­tion.

Trois heures de vé­ri­fi­ca­tions et de té­moi­gnages se­ront né­ces­saires avant que les po­li­ciers puissent ame­ner le sus­pect au centre opé­ra­tion­nel Est pour amor­cer les pro­cé­dures ju­ri­diques contre le jeune.

Ce qui semble avoir été une jour­née mou­ve­men­tée, n’est en fait qu’une jour­née de tra­vail de plus pour les po­li­ciers qui conti­nuent leur mis­sion pour ser­vir et pro­té­ger la com­mu­nau­té de Ri­vière-des-Prai­ries.

(pho­to: Sa­man­tha Ve­lan­dia)

(pho­to: Sa­man­tha Ve­lan­dia)

(pho­to: Sa­man­tha Ve­lan­dia)

L’In­for­ma­teur Ri­vière-des-Prai­ries a sui­vi des agents du poste de quar­tier 45 pour se fa­mi­lia­ri­ser avec ce mé­tier sou­vent mé­con­nu. Voi­ci quelques images de cette jour­née mé­mo­rable.

(pho­to: Isa­belle Ber­ge­ron)

(pho­to: Isa­belle Ber­ge­ron)

(pho­to: Sa­man­tha Ve­lan­dia)

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