Vous sen­tez-vous en sé­cu­ri­té ?

L'Informateur - - LA UNE - Josianne.des­jar­dins@tc.tc

Quatre Mon­tréa­lais sur dix se sentent moins en sé­cu­ri­té dans leur propre ville qu’il y a 10 ans, ré­vèle une étude com­man­dée par la Fra­ter­ni­té des po­li­ciers et po­li­cières de Mon­tréal et ob­te­nue en ex­clu­si­vi­té par TC Me­dia.

Réa­li­sée par Lé­ger, cette en­quête vise entre autres à connaître le sen­ti­ment de sé­cu­ri­té des Mon­tréa­lais vis-à-vis de leur ville et leur quar­tier. Au to­tal, 37 % des ré­pon­dants consi­dèrent que la mé­tro­pole est moins sé­cu­ri­taire au­jourd’hui qu’il y a dix ans et 35 % des ré­si­dents son­dés ne s’es­timent pas plus en sé­cu­ri­té qu’avant.

À l’aube de la cam­pagne élec­to­rale mu­ni­ci­pale, la Fra­ter­ni­té des po­li­ciers de la Ville de Mon­tréal sou­haite re­mettre la ques­tion de la sé­cu­ri­té pu­blique à l’avant-plan, consi­dé­rant que les élus ne s’y at­tardent pas suf­fi­sam­ment. Pour­tant, 31 % des ré­pon­dants au son­dage font de cet en­jeu une prio­ri­té.

« On en­tend tous les can­di­dats dire que l’un des dé­fis à Mon­tréal, c’est la ré­ten­tion des jeunes fa­milles et la qua­li­té de vie. Mais on ne les en­tend ja­mais dire que l’un des prin­ci­paux élé­ments de la qua­li­té de vie, c’est la sé­cu­ri­té pu­blique », dé­plore Martin Des­ro­chers, di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions de la Fra­ter­ni­té.

Ques­tion­né sur la baisse du taux de cri­mi­na­li­té ces der­nières an­nées, le pré­sident de la Fra­ter­ni­té, Yves Fran­coeur, tient à émettre quelques bé­mols: « Avant, quel­qu’un bri­sait dix vitres de voi­tures dif­fé­rentes dans un sta­tion­ne­ment, c’était dix in­ci­dents. Un rap­port par vic­time. Main­te­nant, c’est cal­cu­lé comme un seul in­ci­dent. » Ce der­nier dé­plore éga­le­ment que les fraudes sur In­ter­net et vols de vé­lo, par exemple, soient ex­clus de l’al­go­rithme du taux de cri­mi­na­li­té. « L’écho qu’on a des ci­toyens, c’est que la si­tua­tion n’est pas si rose que ça », fait-il va­loir.

En­core les gangs de rue

Les Mon­tréa­lais craignent tou­jours la pré­sence des gangs de rue et des groupes cri­mi­na­li­sés. À preuve, 72% des ré­pon­dants ont in­di­qué qu’il s’agit de la prin­ci­pale me­nace à la sé­cu­ri­té pu­blique.

Cette pro­por­tion at­teint 84 % du cô­té des ré­si­dents de Ri­vière-des-Prai­ries-Pointe-aux-Trembles, 79 % pour les ré­si­dents de Ro­se­mont, SaintLéo­nard et An­jou, ain­si que 77 % pour Mer­cier— Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve. M. Fran­coeur ex­plique d’ailleurs qu’il y a un dé­pla­ce­ment des gangs de rue de Mon­tréal-Nord vers l’est de l’île.

« Il y a pro­ba­ble­ment beau­coup d’ef­forts qui sont faits [pour ré­gler le pro­blème], mais ça n’a pas réus­si à convaincre la po­pu­la­tion », croit Ri­chard Mes­sier, vice-pré­sident de Lé­ger.

M. Fran­coeur se de­mande si le SPVM pour­ra main­te­nir le même nombre d’ef­fec­tifs au sein de l’opé­ra­tion Éclipse, spé­cia­li­sée dans la lutte aux gangs, alors que le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral n’a pas re­con­duit sa sub­ven­tion. Qua­rante-quatre po­li­ciers tra­vaillent au sein de l’opé­ra­tion Éclipse, do­tée d’un bud­get de 10 M$ par an­née.

« On sait que le ser­vice de po­lice est clai­re­ment sous-fi­nan­cé à Mon­tréal », lance le chef syn­di­cal. Ac­tuel­le­ment, le bud­get du SPVM est d’en­vi­ron 700 M $ par an­née.

Le son­dage a été réa­li­sé du 13 juin au 1er juillet au­près de 3 264 ré­si­dents de l’île de Mon­tréal via un échan­tillon hy­bride té­lé­pho­nique et pa­nel web. La marge d’er­reur est de +/- 1,72 % dans un in­ter­valle de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Il s’agit de la pre­mière en­quête du genre au Qué­bec.

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