Yo­lette Ca­fé; le coeur sur la main

L'Informateur - - NEWS - Alice.braud@tc.tc

Yo­lette Ca­fé, est une per­son­na­li­té bien connue dans le quar­tier. Le 21 oc­tobre der­nier, celle-ci a re­çu des hom­mages au Par­le­ment ca­na­dien de la part de la dé­pu­tée fé­dé­rale Paulina Aya­la pour son dé­voue­ment au­près de la com­mu­nau­té. Humble et dé­vouée, Mme Ca­fé nous ra­conte son his­toire.

Ce­la fait 27 ans que Yo­lande Ca­fé passe ses jour­nées à faire le bien au­tour d’elle. En 1996, celle- ci a fon­dé le Centre d’entraide aux fa­milles de Ri­vière-des-Prai­ries afin d’of­frir des den­rées ali­men­taires aux gens dans le be­soin. Ai­der son pro­chain est un geste na­tu­rel pour cette Mont­réa­laise d’ori­gine haï­tienne, qui se sou­vient de s’être sen­tie un peu per­du en ar­ri­vant au Ca­na­da.

« Je me sou­viens au dé­but quand j’étais au Ca­na­da avec mes trois en­fants, j’étais sur le bord de faire une dé­pres­sion, parce que j’étais seule. Au dé­but, j’ha­bi­tais Côte-des-Neiges. Une fois il y a eu un in­cen­die dans mon quar­tier. On m’avait de­man­dé d’éva­cuer le sec­teur, mon plus âgé était par­ti de­vant moi et je lui avais dit de m’at­tendre au mé­tro. Quand je me suis ren­due au mé­tro, il n’y était pas. J’étais tel­le­ment an­gois­sée, mais des gens étaient-là pour m’ai­der. La po­lice est ve­nue me ra­me­ner mon fils, je ne te­nais plus sur mes jambes, tel­le­ment j’avais eu peur ce jour-là. Par la suite, quand j’ai eu mon qua­trième en­fant, je me suis dit que je ne pou­vais pas res­ter à la mai­son, c’est là que j’ai com­men­cé à faire du bé­né­vo­lat », ra­conte Mme Ca­fé.

La vie de Mme Ca­fé n’a pas été rose tous les jours. Elle a cô­toyé les sous-sols d’église pour ha­biller ses en­fants, re­çu des chèques de l’aide so­ciale et fait ap­pel à di­vers or­ga­nismes. C’est d’ailleurs pour ce­la que Mme Ca­fé se dit sen­sible au mal­heur des autres.

« Quand j’éle­vais mes cinq en­fants, j’avais fait le choix d’être femme au foyer, et à ce mo­ment-là, j’étais sur l’aide so­ciale. Je me sou­viens d’être al­lée cher­cher de l’aide, à la So­cié­té Saint-Vincent de Paul. Des agents de l’or­ga­nisme sont ve­nus et ont ouvert mon ré­fri­gé­ra­teur. Ils m’ont don­né un chèque de 30 $. Ce jour-là, j’ai pleu­ré d’hu­mi­lia­tion. C’est pour ça que, quand les gens viennent dans mon or­ga­nisme, je leur dis que moi aus­si je suis pas­sée par là. Une per­sonne qui vient cher­cher de l’aide se sent mal dans sa peau, il faut la mettre à l’aise », ex­plique Mme Ca­fé.

Le Centre d’aide aux fa­milles de RDP ac­cueille près de 100 fa­milles par semaine et ne re­çoit au­cune aide du gou­ver­ne­ment. C’est grâce aux dons et aux bé­né­voles que l’or­ga­nisme fonc­tionne », sou­ligne Mme Ca­fé qui es­père un jour bé­né­fi­cier d’un lo­cal plus grand pour of­frir d’autres ser­vices de sou­tien à la com­mu­nau­té.

« On ai­me­rait que les plus jeunes et les plus âgés se ren­contrent pour créer des liens entre eux, mais notre lo­cal est trop pe­tit pour ça », sou­ligne Mme Ca­fé.

(Photo :gra­cieu­se­té)

Mme Ca­fé et Mme Des­pa­tie ont re­çu des hom­mages au Par­le­ment d’ Ottawa.

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