Pré­ser­ver les églises : Une ques­tion D’AR­GENT

L'Informateur - - LA UNE - Alice.braud@tc.tc

Ré­no­ver et ten­ter de pré­ser­ver le pa­tri­moine re­li­gieux de Mon­tréal est tout un dé­fi pour les églises. Le toit de l’église Saint- Jo­seph a dû su­bir de lourdes ré­no­va­tions. Bien que celle- ci ait re­çu des sub­ven­tions du Conseil du pa­tri­moine re­li­gieux du Qué­bec, la paroisse manque d’ar­gent pour dé­frayer les coûts des tra­vaux.

De­puis juillet der­nier, l’église Saint-jo­seph ar­bore son toit tout neuf. La ré­fec­tion du toit au­ra coû­té près de 400 000 $. Même si 70 % des coûts ont été payés par le Conseil du pa­tri­moine re­li­gieux du Qué­bec, l’église doit, quant à elle, dé­bour­ser près de 30 % de la fac­ture.

« On a fait une cam­pagne de fi­nan­ce­ment pour ten­ter de ré­col­ter 100 000 $. On a amas­sé près de 60 000 $ », sou­ligne le prêtre Fer­nand Beau­lieu.

Plu­sieurs églises à Mon­tréal ont été ra­che­tées pour en faire, par exemple, des con­do­mi­niums. D’autres ont été dé­mo­lies et plu­sieurs ont be­soin de ré­no­va­tions. Mais trou­ver de l’ar­gent pour payer les ré­no­va­tions est un exer­cice de plus en plus dif­fi­cile, se­lon M. Beau­lieu, qui exerce son mi­nis­tère de­puis 37 ans à Mon­tréal.

« La pro­por­tion de la po­pu­la­tion qui se pré­sente aux cé­lé­bra­tions n’est pas énorme. Il fut un temps où les gens ve­naient tous à l’église, donc il y avait aus­si un sou­ci de conser­ver ce lieu de culte. Mais quand les gens viennent pour cé­lé­brer un ma­riage, des fu­né­railles ou un bap­tême, ils s’at­tendent à ce que l’église soit ca­pable de les ac­cueillir et en bonne condi­tion » , dé­crit M. Beau­lieu.

L’an pas­sé, la paroisse a fê­té son 325e an­ni­ver­saire de fon­da­tion. L’église, qui a été construite il y a 136 ans, est aus­si un bien pa­tri­mo­nial se­lon M. Beau­lieu. Le quar­tier peut se comp­ter chan­ceux puis­qu’au­cune des­truc­tion d’église n’est à pré­voir.

« Même si le pour­cen­tage de la po­pu­la­tion qui vient à l’église est faible, on a en­core des cé­lé­bra­tions où il y a beau­coup de gens pré­sents. Donc il n’est pas ques­tion de ju­me­ler les pa­roisses ou de les fer­mer dans le quar­tier » , com­mente-t-il.

Des dé­penses gran­dis­santes

M.Beau­lieu est aus­si pré­sident du Conseil de fa­brique de l’église, où siègent les mar­guilliers. Ce conseil, qui s’oc­cupe, entre autres, de l’ad­mi­nis­tra­tion, des ré­no­va­tions et du bud­get, avoue que son an­née fi­nan­cière fi­nit sou­vent dans le rouge. Les frais de chauf­fage, d’élec­tri­ci­té, ou en­core de l’en­tre­tien d’un ter­rain sont des coûts éle­vés que l’église doit payer sans l’aide de sub­ven­tions.

« Si on a un ter­rain, il faut en­tre­te­nir le ga­zon ou dé­nei­ger l’hi­ver. Tout ça de­mande du per­son­nel. Ce sont des frais im­por­tants. Chaque an­née, les dé­penses conti­nuent d’aug­men­ter tan­dis que les re­ve­nus baissent » , ex­plique M. Beau­lieu.

(Photo: pa­co­pho­to.ca)

Fer­nand Beau­lieu, prêtre de l’église Saint-Jo­seph et Sainte-Marthe à Ri­vière-desP­rai­ries.

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