Le long che­min d’in­té­gra­tion des vic­times du séisme

L'Informateur - - HAÏTI QUATRE ANS APRÈS - Alice.braud@ tc.tc

Il y a quatre ans, le 12 jan­vier 2010, un ter­rible séisme s’est abat­tu sur Haï­ti pro­vo­quant 230 000 morts, 300 000 bles­sés et 1,2 mil­lion de sans-abri. À la suite de cette ca­tas­trophe. L’onde de choc s’est fait res­sen­tir jus­qu’à Ri­viè­redes-Prai­ries, là où 15,3% des ci­toyens sont d’ori­gine Haï­tienne.

Jo­sée Au­ber­tin, di­rec­trice du Ser­vice d’ac­cueil et d’éta­blis­se­ment aux nou­veaux ar­ri­vants au Centre d’ac­tion-bé­né­vole de Mon­tréal-Nord se sou­vien­dra tou­jours du len­de­main du séisme qui a frap­pé Haï­ti. Une or­ga­ni­sa­tion im­pres­sion­nante s’est ra­pi­de­ment mise en place et 10 jours après, de­vant son or­ga­nisme, une longue file s’est alors ra­pi­de­ment for­mée. Les Haï­tiens ont été des mil­liers à quit­ter leur pays d’ori­gine pour se ré­fu­gier au Qué­bec. Quatre ans après, l’in­té­gra­tion des ré­fu­giés est par­fois dif­fi­cile et les de­mandes de par­rai­nages ont été très longues.

En ef­fet, peu de temps après le séisme en Haï­ti, le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial a mis en place un pro­gramme de par­rai­nage hu­ma­ni­taire per­met­tant aux vic­times du séisme, d’im­mi­grer au Qué­bec. C’est ain­si que près de 5000 ré­fu­giés sont ar­ri­vés au Qué­bec de­puis le séisme de 2010.

« Les de­mandes de par­rai­nage ont été très longues à être trai­tées, s’éche­lon­nant jus­qu’à plus de deux ans. Mais fi­na­le­ment au­jourd’hui, ce qui est le plus dif­fi­cile pour ces per­sonnes par­rai­nées par leur fa­mille, c’est de se trou­ver un em­ploi et de réus­sir leur in­té­gra­tion », ex­plique Mme Au­ber­tin.

S'adap­ter à un nou­veau pays

Si pour cer­taines vic­times du séisme, l’ac­cès à l’em­ploi s’est fait ra­pi­de­ment, pour d’autres, ce­la a été plus com­pli­qué. En ef­fet, cer­taines per­sonnes ont dû com­bler cer­taines la­cunes de fran­ci­sa­tion pour pou­voir s’in­té­grer sur le mar­ché du tra­vail. Le Ser­vice d’ac­cueil et d’éta­blis­se­ments aux nou­veaux ar­ri­vants re­marque qu’après plu­sieurs an­nées pas­sées aux Qué­bec, les im­mi­grants par­rai­nés font face à plu­sieurs pro­blé­ma­tiques, telle que la pro­mis­cui­té avec leur fa­mille et le manque de moyens fi­nan­ciers.

Le Centre de la fa­mille haï­tienne et in­ter­cul­tu­rel de Ri­vière-des-Prai­ries a par­ti­ci­pé au pro­gramme Sou­tien à l'in­té­gra­tion, à la liai­son et à l'ac­com­pa­gne­ment (SI­LA), mis en place par le gou­ver­ne­ment ca­na­dien après le séisme. Ce pro­gramme de deux ans avait pour but d'ai­der les nou­veaux ar­ri­vants, vic­times du séisme, à s'in­té­grer à la so­cié­té qué­bé­coise. Au­jourd'hui, la di­rec­trice de l'or­ga­nisme Lloy­dee Ch­ris­pin re­marque que la plus grande dif­fi­cul­té pour ces nou­veaux ar­ri­vants est l'ac­cès à l'em­ploi.

« Le pro­blème ré­side tou­jours dans l'aide à la recherche d'em­ploi. Par exemple, savoir com­ment ré­agir en en­tre­vue. Ces nou­veaux ar­ri­vants ont été sou­te­nus par leur fa­mille et les or­ga­nismes, mais c'est tou­jours plus dif­fi­cile de bé­né­fi­cier de l'ac­cès à l'em­ploi. Mais les or­ga­nismes com­mu­nau­taires du mi­lieu tentent tous de s'adap­ter au mieux pour les ai­der. Il y a vrai­ment une belle pré­oc­cu­pa­tion de la part des or­ga­nismes pour ten­ter de ré­pondre aux pré­oc­cu­pa­tions de ces nou­veaux ar­ri­vants », constate Mme Ch­ris­pin.

Se­lon l'or­ga­nisme, à Ri­vière-des-Prai­ries, les der­niers par­rai­nés sont ar­ri­vés aux mois d'avril et mai 2013. L'or­ga­nisme aide tou­jours cer­tains ci­toyens à par­rai­ner des membres de leur fa­mille.

« Des fa­milles nom­breuses se re­trouvent dans les mêmes lo­ge­ments et ce­la peut vite créer cer­taines ten­sions fa­mi­liales. On éva­lue leur be­soin et on les ré­fère pour leur of­frir aus­si bien de l’aide psy­cho­so­ciale que des aides à l’em­ploya­bi­li­té. Les par­rai­nés n’avaient pas le droit à l’aide so­ciale, ils sont donc com­plè­te­ment dé­pen­dants de leurs

5376083 par­rains. Ce que les par­rains sa­vaient d’en­trée de jeu, mais quelques fois la réa­li­té est dif­fé­rente de ce qu’on ima­gi­nait. Dans l’ur­gence et le grand dé­sir sin­cère de ve­nir en aide, on ne voit pas les consé­quences concrètes », com­mente Mme Au­ber­tin.

En Haï­ti; la si­tua­tion reste cri­tique

Quatre ans après le séisme, au moins 171 000 per­sonnes de­meurent en­core sur 306 sites tem­po­raires en Haï­ti, se­lon les don­nées de l’ONU.

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