Les avo­cats ne veulent pas être fil­més en pri­son

L'Informateur - - PETITES ANNONCES CLASSÉES - ● si­mon.bous­quet-ri­chard@ tc.tc

Une avo­cate d’un ca­bi­net cri­mi­na­liste de l’ar­ron­dis­se­ment dé­nonce vi­ve­ment la pré­sence de ca­mé­ra dans les par­loirs de la pri­son de Ri­vière-des-Prai­ries.

Un quo­ti­dien mon­tréa­lais a ré­vé­lé que de­puis les Fêtes, les avo­cats qui vi­sitent leurs clients en pri­son sont fil­més pour pré­ve­nir le tra­fic de stu­pé­fiants et de té­lé­phones cel­lu­laires entre les murs.

« C’est ou­tra­geux et ça en­freint le se­cret pro­fes­sion­nel, s’in­digne Me Mé­li­sa Toz­zy, du ca­bi­net Emi­lio Monaco, si­tué sur le bou­le­vard Mau­rice-Du­ples­sis. Ce n’est pas juste que ça va nuire à notre travail, mais aus­si que ça viole le se­cret pro­fes­sion­nel, un privilège fon­da­men­tal qui doit être pro­té­gé. »

Les ca­mé­ras en­re­gistrent sans son et sans len­tilles de rap­pro­che­ment, se­lon Ri­chard Pri­ho­da. Le pré­sident de l’As­so­cia­tion des avo­cats de la dé­fense de Mon­tréal craint que les spé­cia­listes des centres de dé­ten­tion puissent lire sur les lèvres et lire sur les do­cu­ments.

« Je ne suis pas du tout ras­su­ré, ex­plique-t-il. C’est une lutte à pour­suivre et nous ne connais­sons pas en­core les re­cours lé­gaux pos­sibles pour mettre fin à cette pra­tique. »

Du cô­té du mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique du Qué­bec, on ex­plique que la me­sure a dé­jà per­mis de consta­ter l’échange d’ob­jets in­ter­dits sans tou­te­fois pré­ci­ser le nombre ou la na­ture de ces in­ci­dents.

« On le fait pour em­pê­cher le tra­fic de drogues et autres ma­té­riaux pro­hi­bés, ex­plique-t-on à la di­rec­tion des com­mu­ni­ca­tions du mi­nis­tère. Il y a eu des évé­ne­ments où des avo­cats en ont in­tro­duit à l’in­té­rieur des pri­sons qué­bé­coises. »

En col­la­bo­ra­tion avec Steve Ca­ron et Fré­dé­rique Cha­rest.

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