Vols à l’éta­lage : moins de dé­lits à Ri­vière-des-prai­ries

L'Informateur - - NEWS - Si­mon.bousquet-ri­chard@tc.tc (En col­la­bo­ra­tion avec Sa­man­tha Ve­lan­dia)

Les vols à l’éta­lage sont rares à Ri­viè­redes-Prai­ries où les po­li­ciers misent sur la pré­ven­tion plu­tôt que sur la ré­pres­sion.

Avec seule­ment 28 in­ter­ven­tions liées au vol à l’éta­lage en 2013, les po­li­ciers du poste de quar­tier (PDQ) 45 sont par­mi ceux qui ont dû in­ter­ve­nir le moins sou­vent pour ce type de crime. En com­pa­rai­son, leurs col­lègues d’Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve ont ré­pon­du à 229 ap­pels du­rant la même pé­riode. « Il y a plu­sieurs fac­teurs qui ex­pliquent que nous avons moins de vols à l’éta­lage, ex­plique l’agent Nor­mand Sé­guin du PDQ 45. Il y a moins de com­merces de dé­tail et nous fai­sons beau­coup de sen­si­bi­li­sa­tion, sur­tout au­près des jeunes. »

Plus proac­tif que ré­pres­sif

Les po­li­ciers constatent d’ailleurs que la plu­part des vols à l’éta­lage si­gna­lés sont com­mis par des jeunes.

« C’est presque une mode, ex­plique M. Sé­guin. Ils font ça par dé­fi. Lorsque nous les at­tra­pons pour la pre­mière fois, nous ne les ju­di­cia­ri­sons pas. Nous leur ex­pli­quons les consé­quences de leur geste et nous mar­quons une note à leur dos­sier. S’ils se font re­prendre, l’agent peut dé­ci­der de por­ter des ac­cu­sa­tions. »

L’agent fait re­mar­quer que dès l’âge de 12 ans, les jeunes peuvent être te­nus cri­mi­nel­le­ment res­pon­sables.

Les po­li­ciers n’at­tendent tou­te­fois pas qu’un crime soit com­mis, des agents com­mu­nau­taires font la tour­née des écoles dès la ma­ter­nelle pour sen­si­bi­li­ser les ado­les­cents aux res­pects des lois.

« Si on tra­vaille en amont des pro­blèmes, on n’a pas de ré­pres­sion à faire, ex­plique le com­man­dant Jean O’Mal­ley du PDQ 45. Mon sou­hait le plus cher est que nous n’ayons plus à in­ter­ve­nir. Ça vou­drait dire qu’on a tra­vaillé très fort à faire de la pré­ven­tion. »

Moins de plaintes

M. Sé­guin ex­plique que ce ne sont tou­te­fois pas tous les vols à l’éta­lage qui sont dé­cla­rés.

« Les vols sont très rares, té­moigne le pro­prié­taire d’un dé­pan­neur qui sou­haite gar­der l’ano­ny­mat. Ce sont sur­tout de vieilles per­sonnes dé­mu­nies qui volent, ici. Quand je les at­trape, je n’ap­pelle pas la po­lice. Je re­prends mes biens et je leur dis de par­tir et de ne ja­mais re­ve­nir. »

D’autres mar­chands font ap­pel à des agences de gar­diens de sé­cu­ri­té, qui en plus d’at­tra­per les vo­leurs, s’oc­cupent du pro­ces­sus ju­di­ciaire, constate M. Sé­guin. Ces firmes pour­suivent les vo­leurs au ci­vil plu­tôt qu’au cri­mi­nel.

« Par exemple, si un phar­ma­cien at­trape quel­qu’un qui vole un rouge à lèvres, il pour­rait lui ré­cla­mer 300 $ pour les frais que le vo­leur à oc­ca­sion­ner, la sur­veillance no­tam­ment », pré­cise M. Sé­guin.

En rai­son de l’opa­ci­té du Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal, l’In­for­ma­teur de Ri­vière-des-Prai­ries n’a pas été en me­sure de com­pi­ler le nombre de vols à l’éta­lage sur l’en­semble du ter­ri­toire mon­tréa­lais. Contrai­re­ment à plu­sieurs autres postes de quar­tier, le PDQ 45 a tou­te­fois fait preuve d’une grande trans­pa­rence, une va­leur chère au com­man­dant O’Mal­ley.

« Nous avons de très bons liens avec les in­ter­ve­nants de la com­mu­nau­té et c’est peut-être ce qui nous dis­tingue. C’est sur ce lien que nous ba­sons nos in­ter­ven­tions en gé­né­ral », ex­plique le chef du poste qui a rem­por­té le prix Ras­sem­bleur lors du ga­la 2013 de la Cor­po­ra­tion de dé­ve­lop­pe­ment com­mu­nau­taire de Ri­vière-des-Prai­ries.

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