La pe­tite fille qui est re­ve­nue pour ai­der

L'Informateur - - LA UNE - Si­mon.bous­quet-ri­chard@tc.tc

Na­tha­lie Pierre-An­toine est re­tour­née dans son pays na­tal pour la pre­mière fois de­puis qu’elle a im­mi­grée au Canada : une mis­sion po­li­tique à Haï­ti qui était char­gée de beau­coup d’émo­tion pour la conseillère de Ri­vière-des-Prai­ries.

Du 12 mars au 15 mars, Mme Pierre-An­toine et une dé­lé­ga­tion de 13 per­sonnes, dont le maire De­nis Co­derre, se sont ren­dues en Haï­ti pour en­ta­mer la deuxième phase du Pro­gramme de co­opé­ra­tion mu­ni­ci­pale Haï­ti-Canada mis en place à la suite du séisme de jan­vier 2010. Pour la pe­tite fille de Port-au-Prince, ce voyage re­vê­tait un ca­rac­tère beau­coup plus per­son­nel.

« J’ai quit­té Haï­ti alors que je com­men­çais à peine à mar­cher, ra­conte Mme Pierre-An­toine avec un tré­mo­lo dans la voix. J’y suis re­tour­née en tant qu’élue is­sue d’un ar­ron­dis­se­ment avec une po­pu­la­tion à grande pro­por­tion haï­tienne et ac­com­pa­gnée d’une dé­lé­ga­tion ve­nue ai­der. »

En fou­lant le sol, la conseillère ra­conte avoir res­sen­ti un pro­fond sen­ti­ment de fier­té pour elle et pour Mon­tréal.

« Ça montre l’image d’une ville qui ac­cueille de nou­veaux ar­ri­vants qui ont en­suite la pos­si­bi­li­té de frayer leur che­min, d’être élu et de pou­voir chan­ger les choses », ex­plique Mme Pierre-An­toine qui était ac­com­pa­gnée de trois autres re­pré­sen­tants is­sus de la dia­spo­ra haï­tienne.

Vi­site d’un camp de ré­fu­giés

Un des mo­ments forts de la mis­sion pour Mme Pierre-An­toine a été la vi­site Grace Vil­lage, un camp de for­tune où s’en­tassent 500 sans-abri.

« Ce mo­ment a été émou­vant et dif­fi­cile. On a pu in­ter­agir avec les en­fants. J’ai pris conscience de ma chance parce que ça au­rait pu être moi la pe­tite fille dans ce camp », croit la conseillère qui a d’ailleurs per­du deux membres de sa fa­mille dans le séisme.

Les vi­si­teurs du camp ont même été in­vi­tés à en­trer dans la tente d’une fa­mille. Sans ins­tal­la­tion sa­ni­taire, l’abri était mu­ni d’un simple lit, d’un pe­tit trépied pour dé­po­ser une cas­se­role et d’une chaise. Mal­gré l’aide in­ter­na­tio­nale, les gens qui y ha­bitent ne mangent pas tou­jours à leur faim.

« Les gens ne par­laient pas beau­coup, mais on sen­tait qu’ils sont très re­con­nais­sants et qu’ils connaissent le dé­voue­ment des Mon­tréa­lais. Les Haï­tiens sa­vaient que nous les ai­mions, mais ils le savent 100 fois plus de­puis le séisme », es­time Mme Pierre-An­toine.

Comme près de 900 000 per­sonnes avant eux, les ré­fu­giés de Grace Vil­lage sont sur le point d’être re­lo­gés par un or­ga­nisme qui leur four­ni­ra éga­le­ment de l’aide psy­cho­so­ciale et un peu d’ar­gent pour sor­tir de la pau­vre­té.

« C’est un cercle vi­cieux. Les gens sont dé­mu­nis et peu sco­la­ri­sés alors ils n’ont pas les ou­tils pour s’en sor­tir. Ils ne savent pas où al­ler parce que leur be­soin pri­maire n’est pas com­blés », croit Mme Pierre-An­toine.

Perle des An­tilles

Au cours de son voyage, la conseillère n’a pas seule­ment vu la mi­sère. Elle a aus­si dé­cou­vert un pays qui l’a char­mée.

« On voit Haï­ti pauvre, mais il y a aus­si des en­droits in­té­res­sants à vi­si­ter et la beau­té des pay­sages. C’est très mon­ta­gneux. J’in­vite les conci­toyens à al­ler vi­si­ter Haï­ti » af­firme Mme Pier­reAn­toine qui y re­tour­ne­ra pro­chai­ne­ment pour le travail ou le plai­sir.

« Haï­ti est une perle. C’est un beau pays. Quand on goûte Haï­ti, on en veut en­core », conclut-elle.

(Pho­to: gra­cieu­se­té)

Na­tha­lie Pierre-An­toine a par­ti­ci­pé à la mis­sion de co­opé­ra­tion et de dé­ve­lop­pe­ment en Haï­ti.

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