Des jeunes in­ter­ro­gés sur l’ex­ploi­ta­tion sexuelle

Une étude de l’équipe RDP

L'Informateur - - LA UNE - Si­mon.bous­quet-ri­chard@ tc.tc

Ri­vière-des-Prai­ries est l’un des en­droits avec le moins de com­merces liés à l’in­dus­trie du sexe à Mon­tréal, pour­tant des proxé­nètes re­cru­te­raient de jeunes filles mi­neures près des écoles du quar­tier, se­lon une étude me­née par l’Équipe RDP.

Confron­té à une dan­ge­reuse ba­na­li­sa­tion de l’ex­ploi­ta­tion sexuelle chez les ado­les­cents (voir autre texte page 4), l’or­ga­nisme a sen­ti l’ur­gence de me­su­rer la per­cep­tion de 130 jeunes de 12 à 25 ans sur ce phé­no­mène. Même s’il n’existe qu’un sa­lon de mas­sage éro­tique ré­per­to­rié à Ri­vière-des-Prai­ries, les ré­sul­tats tendent à mon­trer que plu­sieurs jeunes ont été témoins de ten­ta­tive de re­cru­te­ment dans l’in­dus­trie du sexe.

« Les jeunes per­çoivent que le quar­tier n’est pas moins à risque qu’un autre », ex­plique Pier­re­son Va­val d’Équipe RDP. Du cô­té des po­li­ciers, on tient tou­te­fois à re­la­ti­vi­ser la por­tée du son­dage. « Les don­nées ne cor­res­pondent au­cu­ne­ment à nos sta­tis­tiques of­fi­cielles et à ce qu’on en­tend sur le ter­rain par les tra­vailleurs de rue », sou­ligne Nor­mand Séguin du poste de quar­tier 45.

Jour­née de sen­si­bi­li­sa­tion

Au cours des der­nières an­nées, les or­ga­nismes du quar­tier se sont prin­ci­pa­le­ment at­ta­qués au phé­no­mène des gangs de rue. Si Équipe RDP se fé­li­cite des ac­ti­vi­tés de pré­ven­tion qui semblent ef­fi­caces au­près des gar­çons, l’or­ga­nisme s’in­quiète de la si­tua­tion des filles.

« C’est dé­ce­vant pour nous de voir qu’avec tout ce qu’on a fait et avec nos ac­ti­vi­tés, ce n’est pas né­ces­sai­re­ment parce qu’on fait jouer les filles au bas­ket­ball [qu’elles vont évi­ter de se faire ex­ploi­ter]. Il faut des choses spé­ci­fiques pour elles et on doit mon­ter des pro­grammes pour sa­voir spé­ci­fi­que­ment comment elles pensent. Elles ont be­soin d’ac­ti­vi­tés pour se va­lo­ri­ser et pour qu’elles se sentent belles », ex­plique M. Va­val.

Pour se pen­cher sur la ques­tion, l’Équipe RDP a réuni des in­ter­ve­nants jeu­nesse du quar­tier ain­si que des spé­cia­listes du phé­no­mène de l’ex­ploi­ta­tion sexuelle lors d’une jour­née de sen­si­bi­li­sa­tion. L’ob­jec­tif était no­tam­ment de je­ter les bases d’un ré­seau de sou­tien à Ri­vière-des-Prai­ries.

« Il y a de la sen­si­bi­li­sa­tion à faire au­près des écoles pour ne pas que les jeunes filles tombent dans le piège. La jour­née de sen­si­bi­li­sa­tion a été un franc suc­cès. Il faut main­te­nir la pres­sion et gar­der l’oeil ou­vert », as­sure M. Séguin. Si les po­li­ciers ne notent pas d’aug­men­ta­tion du phé­no­mène dans le sec­teur, ils sont tou­te­fois en fa­veur d’ini­tia­tive pré­ven­tive.

De son cô­té, M. Va­val ad­met qu’il est très dif­fi­cile de connaître la réa­li­té des jeunes qui sont dans le mi­lieu de la pros­ti­tu­tion, car ils se confient ra­re­ment.

« Il fal­lait que le ques­tion­naire reste dé­ta­ché d’eux, alors, on ne de­man­dait pas s’ils avaient été vic­times d’ex­ploi­ta­tion, mais plu­tôt s’ils connais­saient quel­qu’un qui avait été vic­time, pré­cise-t-il. Il faut com­prendre que nos ré­sul­tats ne montrent que des per­cep­tions des jeunes et que ce sont des choses qu’il faut vé­ri­fier. Par contre, il y a plu­sieurs per­cep­tions qui étaient aus­si par­ta­gées par les in­ter­ve­nants. »

Cons­cient des li­mites de son étude, l’or­ga­nisme pous­se­ra la re­cherche plus loin afin d’étu­dier la si­tua­tion réelle sur le ter­rain.

Une se­conde ren­contre de ré­flexion sur le phé­no­mène de­vrait avoir lieu en mai pro­chain. En at­ten­dant, des ac­ti­vi­tés de pré­ven­tion sont dé­jà of­fertes aux jeunes filles du quar­tier, no­tam­ment par l’Équipe RDP.

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