Un groupe de ci­toyens se dit «ou­tré»

Ren­ver­se­ment de la ligne 9B d’en­bridge

L'Informateur - - FONDATION DE L'INSTITUT PHILIPPE-PINEL - Sa­man­tha.ve­lan­dia@tc.tc

La nou­velle ren­due pu­blique par l’Of­fice na­tio­nal de l’éner­gie (ONÉ) d’au­to­ri­ser le ren­ver­se­ment de la ligne 9B d’En­bridge est tom­bée comme un cou­pe­ret sur les membres du Co­mi­té de vi­gi­lance en­vi­ron­ne­men­tale de l’est de Mon­tréal (CVEEM).

Le groupe de ci­toyens, qui s’op­pose ra­di­ca­le­ment au pro­jet de­puis son an­nonce en 2011, s’est dit « ou­tré » de la dé­ci­sion et « dé­çu du manque de ri­gueur » en ce qui concerne les condi­tions im­po­sées à la com­pa­gnie al­ber­taine pour que le pro­jet aille de l’avant.

« Nous sou­hai­tons ex­pri­mer notre pré­oc­cu­pa­tion, notre in­di­gna­tion et notre frus­tra­tion par rap­port à ce qui arrive en ce mo­ment dans l’est de Mon­tréal, si­gnale Vincent Mar­chione pré­sident du CVEEM. Cette com­pa­gnie compte en­vi­ron 805 dé­ver­se­ments en 10 ans, in­cluant ce­lui de la ri­vière Ka­la­ma­zoo, aux États-Unis. Nous sommes in­quiets pour notre ave­nir et pour ce­lui de tous les gens de l’Est. »

Le groupe re­met en cause les me­sures de sé­cu­ri­té pro­mises par En­bridge, et se ques­tionne éga­le­ment sur les tra­vaux de pré­ven­tion réa­li­sés sur le ter­ri­toire.

« Nous n’avons pas le droit de nous ap­pro­cher pour po­ser des ques­tions, c’est pour­tant chez nous, in­dique Ray­mond Boisvert, membre du co­mi­té. Les em­ployés d’En­bridge disent qu’il s’agit d’ex­ca­va­tions pré­ven­tives, mais comment faire pour sa­voir si c’est vrai­ment ça? C’est peut-être des fuites ? L’oléo­duc est vieux, mais nous ne sa­vons rien, nous ne sommes ja­mais in­for­més. »

L’op­po­si­tion qua­li­fient de « dé­ma­go­giques » et de « ma­ni­pu­la­teurs » les chiffres don­nés par l’As­so­cia­tion in­dus­trielle de l’est (AIEM) quant au nombre d’em­plois tou­chés par la nou­velle.

« C’est sûr qu’il s’agit d’un ar­gu­ment de poids pour la po­pu­la­tion, ex­plique Xa­vier Dax­he­let, phy­si­cien et char­gé de cours à l’École Po­ly­tech­nique de Mon­tréal et à l’École de tech­no­lo­gie su­pé­rieure. Ils es­sayent de nous faire peur avec ces sta­tis­tiques, et d’aveu­gler les gens pour qu’ils ne se concentrent pas sur les vrais en­jeux, mais il y a d’autres sortes d’in­dus­tries qu’on peut dé­ve­lop­per ici. »

L’est de Mon­tréal, n’est pas une pou­belle

Ré­al Ber­ge­ron, vice- pré­sident du Col­lec­tif en­vi­ron­ne­men­tal Mer­cier-Est et membre du CVEEM, ré­vèle que se­lon une étude réa­li­sée par l’Ins­ti­tut de re­cherche et d’in­for­ma­tions so­cio- éco­no­miques ( IRIS) les in­dus­tries vertes créent jus­qu’à 54 % plus d’em­plois que dans d’autres sec­teurs.

« Nous de­vons com­men­cer à chan­ger notre menta­lité et cher­cher une nou­velle orien­ta­tion, com­mente M. Ber­ge­ron. Nous sommes dé­jà pris avec des ter­rains conta­mi­nés, faut être conscients que le pétrole n’est pas éter­nel et cher­cher des nou­velles op­tions tout aus­si pro­fi­tables, mais moins nui­sibles pour l’en­vi­ron­ne­ment. »

Le groupe se dit éga­le­ment in­quiet par l’ar­ri­vée de nou­veaux pro­jets dans l’Est. « Une usine de bio­mé­tha­ni­sa­tion à Mon­tréal-Est et l’oléo­duc Éner­gie Est de TransCa­na­da se sont des pro­jets pol­luants qui font du mal à notre ter­ri­toire. L’Est n’est pas la pou­belle de l’île, nous pou­vons faire mieux ici et il fau­drait que les gens soient conscients de ça », conclut M. Ber­ge­ron.

(Pho­to: Sa­man­tha Ve­lan­dia)

Luc Fa­lar­deau, Ré­al Ber­ge­ron, Ray­mond Boisvert, Xa­vier Dax­he­let, Vincent Mar­chione et Ho­no­ré Jean, membres du Co­mi­té de vi­gi­lance en­vi­ron­ne­men­tal de l’est de Mon­tréal.

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