Brique et pierre

Des re­vê­te­ments du­rables, mais pas sans en­tre­tien

L'Informateur - - RÉNOVER EN TOUTE SÉCURITÉ - Pré­sident de la ban­nière Ré­no-maître et des Ga­ran­ties ré­no­va­tion de L’APCHQ, Alain Tur­geon. Ban­nière Ré­no-maître de L’APCHQ

La ré­pu­ta­tion de la brique et de la pierre en tant que re­vê­te­ments n'est plus à faire. Beau­té, so­li­di­té, du­ra­bi­li­té, en­core faut-il en­tre­te­nir ces « durs de durs »...

Les ma­çons sont souvent ap­pe­lés à re­join­toyer la brique, c'est-à-dire à re­tra­vailler le mor­tier qui re­lie les briques entre elles, afin d'en­tre­te­nir le pa­re­ment. Avec les va­ria­tions de tem­pé­ra­ture que l'on connait de­puis quelques an­nées, les murs sont ex­po­sés à plu­sieurs cycles de gel et de dé­gel qui font tra­vailler le mor­tier. Les ma­çons en pro­fitent alors pour com­bler les an­ciens joints creu­sés qui peuvent ame­ner la neige et l'eau à stag­ner sur le des­sus de la brique et à la faire écla­ter avec le gel et le dé­gel. Un mur de brique peut aus­si for­mer ce que l'on appelle un ventre-de-boeuf, la brique se dé­ta­chant sur une par­tie du mur - souvent le haut, plus ex­po­sé - pour fi­na­le­ment tom­ber. « Le plus souvent, ce sont les an­crages qui re­tiennent la brique au mur qui sont in­adé­quats », ex­plique Nel­son Da Sil­va, re­pré­sen­tant de D.R. Ma­çon­ne­rie, un membre de la ban­nière Ré­no-Maitre de l'As­so­cia­tion pro­vin­ciale des cons­truc­teurs d'ha­bi­ta­tions du Qué­bec (APCHQ). « Dans les plus vieilles mai­sons, pour­suit-il, on se ser­vait de clous pour re­te­nir les briques dans le bois de la struc­ture. Si le bois vient à sé­cher, le clou peut se dé­ga­ger. » De nos jours, les ma­çons uti­lisent de pe­tites équerres en forme de L en acier gal­va­ni­sé qui sont vis­sées à la struc­ture. Quand la brique se dé­tache, le mor­tier peut aus­si être en cause : les an­ciens mortiers conte­naient plus de chaux, ce qui les rend plus friables à long terme. Fi­na­le­ment, le pro­blème peut aus­si s'expliquer par un tas­se­ment du sol. On s'en doute : il fau­dra re­faire le mur. En pré­sence de briques ef­fri­tées ou car­ré­ment bri­sées, le ma­çon ten­te­ra d'ob­te­nir la même brique, ce qui n'est pas tou­jours évident. Il existe toute une pa­lette de couleurs de brique, sans comp­ter les for­mats qui va­rient aus­si d'un fa­bri­cant à l'autre. Dans cer­tains ar­ron­dis­se­ments historiques, la brique sé­lec­tion­née de­vra se ma­rier à celle des bâ­ti­ments de toute une rue. Des en­tre­prises ont beau se spé­cia­li­ser dans la brique re­cy­clée, il reste que cer­taines briques n'existent tout sim­ple­ment plus. Le ma­çon doit aus­si re­pro­duire la cou­leur du mor­tier ou dans cer­tains cas, la chan­ger com­plè­te­ment, ce qui donne une tout autre al­lure à la façade.

Pour­quoi la brique s'ef­frite-t-elle? «- La brique n'ab­sorbe plus l'eau, car elle est de­ve­nue trop po­reuse. En fin de cycle de vie, elle éclate sous l'ef­fet du gel et du dé­gel», de ré­pondre notre ex­pert. Il faut sa­voir que la brique « res­pire » et éva­cue ain­si l'hu­mi­di­té. Si elle s'ef­frite, il peut s'agir d'une brique de moins bonne qua­li­té ou en­core l'es­pace d'air en ar­rière de la brique est obs­trué, par­fois à la suite de tra­vaux d'iso­la­tion. Le même phé­no­mène peut sur­ve­nir lorsque l'on pein­ture un mur de briques ou que l'on y ap­pose un scel­lant. La ré­fec­tion d'un pa­re­ment de pierre grise re­lève aus­si du grand art. Le ma­çon doit nu­mé­ro­ter les pierres pour les re­pla­cer au même en­droit. Afin de conser­ver le ca­rac­tère des fa­çades, il fau­dra rem­pla­cer les élé­ments dé­co­ra­tifs en­dom­ma­gés comme les al­lèges et les lin­teaux. Cer­taines veines de cal­caire étant épui­sées, on doit par­fois s'ap­pro­vi­sion­ner à Qué­bec pour des tra­vaux à Mon­tréal!

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