115 000 tonnes de dé­chets sup­plé­men­taires

L'Informateur - - NEWS - si­mon.bous­quet-ri­chard@tc.tc

Le trai­te­ment de près de 115 000 tonnes de dé­chets sup­plé­men­taires dans les nou­veaux centres de trai­te­ment qui se­ront construits dans l’est de Mon­tréal ne fait pas l’una­ni­mi­té.

Sur les 69 en­tre­prises pri­vées et pu­bliques de ges­tion des ma­tières ré­si­duelles qui sont en ser­vice à Mon­tréal, 23 % sont si­tués dans l’Est. On y re­trouve no­tam­ment le ré­cu­pé­ra­teur de car­casses d’ani­maux Sa­ni­max, la sta­tion d’épu­ra­tion des eaux usées, les centres en­vi­ron­ne­men­taux de la car­rière La­farge et d’Éco­nord ain­si que le site d’en­fouis­se­ment de la car­rière De­mix.

En 2011, la Ville de Mon­tréal avait an­non­cé l’im­plan­ta­tion de centres de bio­mé­tha­ni­sa­tion et de pré­trai­te­ment des ma­tières ré­si­duelles à Mon­tréal- Est. Cette ins­tal­la­tion trai­te­ra le conte­nu des pou­belles pro­ve­nant de La­Salle à la Pointe-de-l’Île. Ce­la re­pré­sente 60 000 tonnes de ré­si­dus ali­men­taires et 25 000 tonnes d’or­dures mé­na­gères par an­née.

Avec l’ajout d’un centre de com­pos­tage, ce sont 29 000 tonnes de ré­si­dus verts et de ma­tières pré­trai­tées qui s’ajou­te­ront au bi­lan.

« Quand j’ai ap­pris ça, les che­veux m’ont dres­sé sur la tête. Je crois qu’ils veulent ins­tal­ler une grappe in­dus­trielle, mais il y a un réel pro­blème de trans­pa­rence », s’in­quiète Ni­cole Lou­bert, une ci­toyenne en­ga­gée de­puis long­temps dans les dos­siers en­vi­ron­ne­men­taux de l’Est.

Sous le cou­vercle de l’ano­ny­mat, cer­tains élus se ré­jouissent d’ailleurs de cette pos­si­bi­li­té qui pour­rait avoir des re­tom­bées po­si­tives pour l’ar­ron­dis­se­ment. Une po­si­tion que dé­plore Mme Lou­bert qui croit que ces projets em­pêchent le quar­tier de chan­ger sa vo­ca­tion in­dus­trielle.

« On en­voie ce type d’ins­tal­la­tion dans l’Est parce qu’il y en a dé­jà. Je me de­mande où veu­ton al­ler avec cette vi­sion. Je ne com­prends pas pour­quoi M. Co­derre en­vi­sage ce­la et pour­quoi les élus de l’Est l’ap­puient », s’étonne Mme Lou­bert.

Pro­messe de dé­fendre l’équi­té

Au pas­sage, elle rap­pelle que les élus qui étaient membres de Vi­sion Mon­tréal à l’époque des tra­vaux de l’Of­fice de consul­ta­tion pu­blique de Mon­tréal (Chan­tal Rou­leau, Su­zanne Dé­ca­rie et Gilles Dé­ziel) avaient dé­po­sé un mé­moire à ce su­jet.

Ils avaient sou­te­nu le pro­jet, tout en exi­geant le res­pect du prin­cipe d’équi­té ter­ri­to­riale, « une condi­tion sine qua non pour que nous don­nions notre ap­pui à l’im­plan­ta­tion d’une usine de bio­mé­tha­ni­sa­tion et d’un centre de pré­trai­te­ment dans l’Est », pou­vait-on lire dans le mé­moire.

La mai­resse Rou­leau avait d’ailleurs mis en garde l’ad­mi­nis­tra­tion qu’elle s’op­po­se­rait à d’éven­tuelles mo­di­fi­ca­tions au pro­jet : « par contre, qu’on ne vienne pas nous dire qu’ils nous ra­joutent [des dé­chets]. Là, on s’in­ter­po­se­rait! », avait-elle dé­cla­ré à L’In­for­ma­teur, le 20 fé­vrier 2013.

Ques­tion­née sur la pos­sible ve­nue du site de com­pos­tage sur son ter­ri­toire, Mme Rou­leau s’est abs­te­nue de tout com­men­taire.

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