L’ar­ron­dis­se­ment au 6e rang des mises en chan­tier

Train, plage de l’est et mi­lieux na­tu­rels consti­tuent des at­traits al­lé­chants pour les en­tre­pre­neurs. Ri­vière-des-prai­ries – Pointe-aux-trembles connaît un re­nou­veau im­mo­bi­lier.

L'Informateur - - LA UNE - daph­nee.tran­che­mon­tagne@tc.tc

Si l’an­née 2013 a été dif­fi­cile pour les pro­mo­teurs im­mo­bi­liers sur l’île de Mon­tréal, elle au­ra tou­te­fois été faste pour ceux oeu­vrant à Ri­vière-des-Prai­ries – Pointe-auxT­rembles ( RDP – PAT). L’ar­ron­dis­se­ment se classe au sixième rang des sec­teurs ayant ac­cueilli le plus de mises en chan­tier ré­si­den­tielles .

Pré­sen­te­ment, sept pro­jets do­mi­ci­liaires sont en cours dans la ré­gion. Tous ont un point en com­mun : la proxi­mi­té de l’une des trois fu­tures gares du Train de l’Est.

Se­lon Yann Less­nick, conseiller en pla­ni­fi­ca­tion – Di­rec­tion de l’amé­na­ge­ment ur­bain et des ser­vices aux en­tre­prises, l’ar­ri­vée pro­chaine du train de ban­lieue consti­tue un élé­ment clé dans le re­dé­ve­lop­pe­ment de RDP – PAT. Tou­te­fois, cer­taines in­fra­struc­tures se­ront né­ces­saires pour l’in­té­grer aux quar­tiers ré­si­den­tiels.

« Par exemple, le pro­jet im­mo­bi­lier Va­len­cia se si­tue à moins de 500 mètres de la gare An­jou. Il fau­dra ren­for­cer les liens phy­siques, pour que les ré­si­dents puissent fa­ci­le­ment s’y rendre. On parle no­tam­ment d’amé­na­ger des sen­tiers ba­li­sés pour les pié­tons et les cy­clistes. Le but est d’évi­ter que la gare ne serve qu’aux gens de La­val qui vien­draient se sta­tion­ner ici pour en pro­fi­ter », illustre-t-il.

Autre at­trait im­por­tant à RDP – PAT, la pré­sence de différents boi­sés et mi­lieux hu­mides qui per­mettent aux ré­si­dents de re­nouer avec la na­ture, tout en ha­bi­tant sur l’île de Mon­tréal.

« On es­saie de vrai­ment dé­ve­lop­per des pro­jets en lien avec les mi­lieux na­tu­rels en­vi­ron­nants. On est en bor­dure du fleuve et on re­trouve un cha­pe­let de parcs. Il y a aus­si la trame verte et bleue qu’on sou­haite mettre de l’avant.

« Quand les en­tre­pre­neurs viennent s’en­qué­rir des pos­si­bi­li­tés de développement dans l’Est, la plage est un gros plus. Il y a un hype évident qui en­toure ce pro­jet », in­dique-t-il, rap­pe­lant au pas­sage la proxi­mi­té de deux éco-ter­ri­toires et d’un parc-na­ture.

Pour en sa­voir plus sur les mises en chan­tier et les différents pro­jets ré­si­den­tiels, vi­si­tez le www.in­for­ma­teurrdp.com.

Mi­lieux de vie

Si l’Est pos­sède des at­traits in­dé­niables, cer­tains lui re­prochent tou­te­fois d’of­frir une vie de quar­tier ho­mo­gène et fade, où les condos en sé­rie poussent comme des cham­pi­gnons. Une image dont RDP – PAT tente tran­quille­ment de se dé­faire.

M. Less­nick men­tionne que l’ad­mi­nis­tra­tion lo­cale mise sur une mixi­té ré­si­den­tielle, al­lant de la mons­ter house aux tours de condos avec une vue sur l’eau, en pas­sant par les cot­tages plus mo­destes et les mai­sons en ran­gées.

Il cite en exemple le cas de l’an­cienne église Sainte-Ger­maine-Cou­sin, qui ac­cueille­ra 173 uni­tés de lo­ge­ment so­cial et com­mu­nau­taire, pré­ser­vant ain­si, une cer­taine vo­ca­tion sociale.

« On veut re­te­nir les fa­milles qui vont s’ins­tal­ler en ban­lieue pour une rai­son de coûts. On sou­haite faire par­tie du pro­ces­sus dé­ci­sion­nel; que RDP – PAT soit un in­con­tour­nable dans l’es­prit des gens, avant qu’ils songent à al­ler s’ins­tal­ler de l’autre cô­té du fleuve », sou­tient M. Less­nick.

Pour ce faire, l’ar­ron­dis­se­ment mise beau­coup sur la créa­tion de « mi­lieux de vie ». Or, con­trai­re­ment au Pla­teau ou à Ro­se­mont – où les ser­vices, les ac­ti­vi­tés et les com­merces sont fa­ci­le­ment ac­ces­sibles à pied, en vé­lo ou en trans­port en com­mun, don­nant ain­si lieu à des ren­contres et des échanges – RDP – PAT ac­corde en­core une grande place aux voi­tures.

« On est un mi­lieu hy­bride entre la ban­lieue et la ville. On es­saie de li­mi­ter au maxi­mum l’em­preinte mi­né­ra­li­sée lors de nou­veaux dé­ve­lop­pe­ments, no­tam­ment en créant des sta­tion­ne­ments sous des ter­rasses, etc. C’est clair que ce qui est im­por­tant pour nous, c’est de mi­ser sur le trans­port ac­tif. Tou­te­fois, la culture de l’au­to­mo­bile est en­core bien pré­sente et on ne peut pas l’ex­clure com­plè­te­ment.

« C’est sûr que l’offre ac­tuelle [de com­merces lo­caux] n’est peut-être pas op­ti­male. Notre stra­té­gie est d’ame­ner des gens pour rem­plir les ter­rains va­cants, et en­suite d’in­tro­duire des com­merces lo­caux qui vont ve­nir créer un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance au quar­tier » , conclut-il.

L’an­née 2014 s’an­nonce faste pour les en­tre­pre­neurs en construc­tion. Au terme du pre­mier tri­mestre, on compte 1739 mises en chan­tier ré­si­den­tielles sur l’île de Mon­tréal, com­pa­ra­ti­ve­ment à 926 pour la même pé­riode, l’an­née pré­cé­dente.

Après des an­nées de vache maigre – 2009 et 2013 ayant été par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ciles pour le mi­lieu im­mo­bi­lier en rai­son du contexte éco­no­mique sur fond de ré­ces­sion –, le mar­ché semble vou­loir re­prendre du poil de la bête, fait va­loir Georges Lam­bert, conseiller aux af­faires pu­bliques et gou­ver­ne­men­tales – ser­vice éco­no­mique et af­faires pu­bliques de l’As­so­cia­tion pro­vin­ciale des construc­teurs d’ha­bi­ta­tions du Qué­bec (APCHQ).

« Au Qué­bec, du­rant les six pre­miers mois de l’an­née 2014, on re­marque une aug­men­ta­tion de 9 % des mises en chan­tier par rap­port à la même pé­riode en 2013. Pour l’île de Mon­tréal, on parle plu­tôt d’une hausse de 79 % », af­firme-t-il, s’ap­puyant sur les don­nées de la So­cié­té ca­na­dienne d’hy­po­thèque et de lo­ge­ment (SCHL), pa­rues le 9 juillet.

Si les chiffres sont en­cou­ra­geants, il ne faut pas s’em­bal­ler trop vite et pré­dire un boom dans l’in­dus­trie de la construc­tion, pré­vient l’ex­pert.

« Les sta­tis­tiques laissent mi­roi­ter une si­tua­tion fa­bu­leuse. Or, quand on les dé­cor­tique, on constate que l’aug­men­ta­tion des mises en chan­tier dé­coule prin­ci­pa­le­ment de la construc­tion de co­pro­prié­tés. Il s’agit, dans la plu­part des cas, de gros pro­jets qui sont pré­vus de­puis long­temps. Le pro­ces­sus de vente a com­men­cé bien avant le dé­but des tra­vaux. Donc, même si les hausses sont spec­ta­cu­laires, ça ne re­flète pas for­cé­ment une vi­gueur du mar­ché des construc­tions neuves », nuance M. Lam­bert.

Re­tour vers le lo­ge­ment lo­ca­tif

Alors que le nombre de condos éri­gés est en constante crois­sante, la quan­ti­té de mai­sons uni­fa­mi­liales et de plex, elle, di­mi­nue. Fait éton­nant, les lo­ge­ments lo­ca­tifs, quoique moins po­pu­laires que les co­pro­prié­tés, sont aus­si de plus en plus de­man­dés. Un en­goue­ment qui se ré­per­cute sur les pro­jets im­mo­bi­liers.

À titre d’exemple, 170 ap­par­te­ments ont été mis en chan­tier du­rant le pre­mier tri­mestre de 2014, prin­ci­pa­le­ment dans les ar­ron­dis­se­ments Ahunt­sic-Car­tier­ville (83), Ville-Ma­rie (52) et Mer­cier – Ho­che­la­ga- Mai­son­neuve ( 17). L’an­née pré­cé­dente, pen­dant la même pé­riode, 138 uni­tés ont été construites dans le Sud-Ouest (111), à Pier­re­fonds-Rox­bo­ro ( 21) et Ri­vière- des- Prai­ries – Poin­teaux-Trembles (6).

« C’est une ten­dance que l’on re­marque au­tant à Mon­tréal que sur la Rive-Sud. Il y a une de­mande pour du lo­ge­ment lo­ca­tif, no­tam­ment pour du lo­ge­ment so­cial et/ou com­mu­nau­taire, qui s’ex­plique par le fait que les condi­tions d’ac­cès à la pro­prié­té sont de plus en plus strictes. Cer­taines ca­té­go­ries d’em­prun­teurs doivent four­nir da­van­tage de ren­sei­gne­ments – no­tam­ment les tra­vailleurs au­to­nomes –; les per­sonnes qui ont dé­jà un prêt ne peuvent plus se por­ter ga­rant et en­dos­ser quel­qu’un d’autre; les gens ont de plus en plus de dif­fi­cul­té à amas­ser la mise de fonds de­man­dée, etc. », ex­plique M. Lam­bert, spé­ci­fiant au pas­sage qu’en­vi­ron le tiers des nou­velles co­pro­prié­tés de­meurent in­ven­dues et abou­tissent dans le parc lo­ca­tif.

La ré­cente dé­ci­sion de la Ville de Mon­tréal de mettre fin à son pro­gramme de sub­ven­tion pour l’ac­qui­si­tion et la ré­no­va­tion d’une pro­prié­té s’ins­crit dans cette vague.

« On ne peut pas qua­li­fier ça de bonne nou­velle. On com­prend qu’il s’agit d’une me­sure po­ten­tiel­le­ment tem­po­raire, le temps que la Ville-centre trouve le fi­nan­ce­ment né­ces­saire pour ré­ta­blir cette aide. Mais c’est clair que ça peut avoir un im­pact sur les mises en chan­tier », men­tionne-t-il.

(Pho­to TC Me­dia – Pa­trick Des­champs)

(Pho­to TC Me­dia - Isa­belle Ber­ge­ron)

L'ar­ron­dis­se­ment est au 6e rang du pal­ma­rès des mises en chan­tier sur l'île de Mon­tréal.

(Pho­to: Isa­belle Ber­ge­ron)

Le pro­jet Fau­bourg Pointe-aux-Prai­ries est l'un des sept pro­jets en cours dans l'ar­ron­dis­se­ment.

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