Chan­tal Rou­leau dé­pose une re­quête en Cour su­pé­rieure

Plainte en dé­on­to­lo­gie

L'Informateur - - LA UNE - Sa­man­tha.velandia@ tc.tc

Fai­sant l’ob­jet d’une plainte en dé­on­to­lo­gie, la mai­resse Chan­tal Rou­leau, a dé­po­sé une re­quête de­vant la Cour su­pé­rieure afin de contes­ter la consti­tu­tion­na­li­té de six ar­ticles de la Loi sur l’éthique.

Cette plainte a été dé­po­sée de­vant le Bu­reau du com­mis­saire aux plaintes du mi­nis­tère des Af­faires mu­ni­ci­pales, des Ré­gions et de l’Oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire (MAMROT) le 16 oc­tobre 2013. L’élue qui dé­nonce les mé­ca­nismes d’en­quête et d’au­di­tion de la Com­mis­sion mu­ni­ci­pale du Qué­bec (CMQ), de­mande l’ar­rêt des pro­cé­dures pour non-res­pect des prin­cipes d’équi­té pro­cé­du­rale.

L’avo­cate de l’élue, Me Lu­cia Jon­cas, pré­cise dans la re­quête que «les droits à une au­di­tion im­par­tiale et à une dé­fense pleine et en­tière de la re­qué­rante [Chan­tal Rou­leau] n’ont pas été res­pec­tés dans l’es­pèce.»

Le rôle du tri­bu­nal

Mme Rou­leau re­met en ques­tion le fait que les deux juges ad­mi­nis­tra­tifs res­pon­sables de l’en­quête, soient éga­le­ment ceux qui dé­ci­de­ront d’im­po­ser ou non des sanc­tions.

«À la lec­ture même de la Loi sur l’éthique et la dé­on­to­lo­gie en ma­tière mu­ni­ci­pale (LEDMM), la confu­sion des rôles d’en­quê­teurs et de dé­ci­deurs à la Com­mis­sion est ap­pa­rente», ajoute-t-on.

L’élue dé­nonce aus­si l’ab­sence d’une en­quête préa­lable. En ef­fet, les juges, Thier­ry Us­clat et Mar­tine Sa­vard, se ba­se­ront sur des té­moi­gnages lors d’une au­di­tion et se­ront par la suite ap­pe­lés à tran­cher.

« Cette ab­sence d’en­quête préa­lable em­pêche la re­qué­rante [Chan­tal Rou­leau] de re­ce­voir l’in­for­ma­tion per­ti­nente sur les preuves qui se­ront dé­po­sées contre elle. Comme la ma­jo­ri­té de l’en­quête se fait di­rec­te­ment lors de l’au­di­tion, de­vant les médias, la mai­resse et ses re­pré­sen­tants lé­gaux ne peuvent pas pré­pa­rer leur au­dience», spé­ci­fie-t-on dans la re­quête.

Im­pact sur la vie de la mai­resse

L’avo­cate si­gnale que le fait que des sanc­tions peuvent être im­po­sées à la fin du pro­ces­sus d’en­quête, sans que la mai­resse puisse adé­qua­te­ment se dé­fendre, porte at­teinte à son droit à la sé­cu­ri­té et à la li­ber­té.

«Cette dé­ci­sion pos­sède un ca­rac­tère de fi­na­li­té et a un im­pact im­por­tant sur l’élue vi­sée. Des sanc­tions al­lant jus­qu’à la sus­pen­sion de son poste sont pré­vues.»

Fi­na­le­ment, on sti­pule que l’élue craint l’im­pact que ces pro­cé­dures pour­raient avoir sur son tra­vail de mai­resse d’ar­ron­dis­se­ment.

«Les au­di­tions de la Com­mis­sion ne se­ront pas à huis clos et tous les médias pour­ront être pré­sents. Comme la re­qué­rante est la mai­resse de RDP-PAT, l’im­pact sur sa vie pro­fes­sion­nelle de toute dé­cla­ra­tion faite lors des au­diences se­ra ma­jeur.»

Or­don­nance de non-pu­bli­ca­tion

Les faits re­pro­chés à la mai­resse dans la plainte qui a eu lieu en pleine cam­pagne pour les élec­tions mu­ni­ci­pales, ne sont pas connus. Une or­don­nance de non-pu­bli­ca­tion pro­tège le plai­gnant, son poste, ain­si que les élé­ments dé­po­sés de­vant la CMQ.

L’au­dience qui était pré­vue en oc­tobre, avait été re­por­tée au 17 no­vembre, mais elle a été fi­na­le­ment sus­pen­due en rai­son du dé­pôt de la re­quête men­tion­née ci-haut le 10 no­vembre der­nier.

L’at­ta­ché po­li­tique de la mai­resse, Sé­bas­tien Otis, a in­di­qué que l’élue ne com­men­te­rait pas la si­tua­tion avant la te­nue d’une au­dience.

(Pho­to Ar­chives TC Mé­dia)

La mai­resse Chan­tal Rou­leau

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