Les be­soins aug­mentent dans la mé­tro­pole

L'Informateur - - UN MENEILLEUX TEMPS DES VETES - Au­drey.gau­thier@ tc.tc

De plus en plus de Mont­réa­lais ont de la dif­fi­cul­té à joindre les deux bouts et doivent faire ap­pel à dif­fé­rents or­ga­nismes pour ten­ter de se sor­tir la tête de l’eau. Le Re­grou­pe­ment des Ma­ga­sins-Par­tage de l’île de Mon­tréal (RMPIM) voit gran­dir les be­soins de la po­pu­la­tion, no­tam­ment à l’ap­proche de la pé­riode des Fêtes.

«Nous avons des de­mandes pour ou­vrir des Ma­ga­sins-Par­tage dans d’autres quar­tiers mont­réa­lais, mais nous man­quons de res­sources pour le faire. Nous de­vons faire des choix dé­chi­rants, car ils ont tous be­soin d’aide», sou­ligne la co­fon­da­trice et di­rec­trice gé­né­rale du RMPIM, Syl­vie Ro­chette.

Du 13 au 21 décembre, 5600 mé­nages ont bé­né­fi­cié des ser­vices de l’un des 19 Ma­ga­sinsPar­tage dis­per­sés dans di­vers quar­tiers mont­réa­lais, ce qui cor­res­pond à 21 000 en­fants et adultes. Pen­dant ces neuf jours, 860 000$ en den­rées ali­men­taires, en pro­duits d’hy­giène cor­po­relle et en ca­deaux ont été ven­dus.

Chan­ge­ment de clien­tèle

La clien­tèle bé­né­fi­ciant des ser­vices des Ma­ga­sins-Par­tage a chan­gé de­puis sa créa­tion, il y a 17 ans. Les as­sis­tés so­ciaux cèdent de plus en plus leur place aux tra­vailleurs.

«Il y a quelques an­nées, 65% de nos bé­né­fi­ciaires étaient sur le Pro­gramme d’aide so­ciale. Au­jourd’hui, on parle de 50%. On a re­mar­qué une aug­men­ta­tion des mé­nages ser­vis où les deux pa­rents tra­vaillent, mais qui n’ar­rivent plus à joindre les deux bouts à la fin du mois», ex­plique Mme Ro­chette.

Ain­si, des quar­tiers re­con­nus pour être plus ai­sés ont sou­dai­ne­ment des be­soins gran­dis­sants de ser­vices d’aide, tels que le Ma­ga­sin-Par­tage.

«Nous avons beau­coup de ré­si­dents du Plateau-Mont-Royal qui viennent s’ins­crire sur nos listes. Nous de­vons pri­vi­lé­gier les gens de notre ter­ri­toire, mais il fau­drait vrai­ment ou­vrir très bien­tôt un Ma­ga­sin- Par­tage sur le Plateau», note Li­sa-Ma­rie Janelle, co­or­don­na­trice du Ma­ga­sin-Par­tage Centre-Sud.

«Il y a un Ma­ga­sin-Par­tage dans La Pe­ti­tePa­trie et un dans le centre de Ro­se­mont, mais il en fau­drait un troi­sième à l’ex­trême est de cet ar­ron­dis­se­ment pour ré­pondre à la de­mande», ajoute Em­ma­nuel Le­borgne, res­pon­sable des re­la­tions com­mu­nau­taires au RMPIM.

Pro­blèmes de fi­nan­ce­ment

Le RMPIM a réus­si à éga­ler les dons amas­sés en 2013, pour la pé­riode des Fêtes 2014. Mal­heu­reu­se­ment, les Ma­ga­sins-Par­tage des Fêtes de 2015 s’an­noncent moins gé­né­reux.

En ef­fet, même si l’or­ga­nisme n’est pas tou­ché ac­tuel­le­ment par les coupes im­po­sées par le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial, ses par­te­naires et ses do­na­teurs ne peuvent pas en dire au­tant.

«Les do­na­teurs pri­vés donnent de moins en moins. Les or­ga­nismes pu­blics, qui sont nos prin­ci­paux par­te­naires fi­nan­ciers, pour­raient ne plus être là, en 2015. De plus, le coût des ali­ments doit aug­men­ter de 2 à 5% au cours de la pro­chaine an­née», s’in­quiète Mme Ro­chette.

«Il faut tra­vailler à trou­ver des so­lu­tions du­rables pour lutter contre la pau­vre­té. Ac­tuel­le­ment, ce n’est pas ce qui est fait. Les coupes sont un moyen d’in­ves­tir dans la créa­tion de la pau­vre­té. Les retombées éco­no­miques à long terme se­ront im­por­tantes et elles vont alour­dir le far­deau de la po­pu­la­tion», an­nonce-t-elle.

(Pho­to TC Me­dia - Isa­belle Ber­ge­ron)

Syl­vie Ro­chette vou­drait un jour se re­trou­ver sans em­ploi, car ça vou­drait dire qu’il n’y a plus de pau­vre­té à Mon­tréal.

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