Fi­ni le bé­né­vo­lat, clament les en­sei­gnants

Moyens de pres­sion à la CSPÎ

L'Informateur - - LA UNE - Sa­man­tha.ve­lan­dia@

Fi­ni le bé­né­vo­lat dans les écoles. Voi­là le mot d’ordre qui a été don­né aux membres du Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la Pointe- de- l’Île (SEPÎ) au dé­but du prin­temps.

«Nous comp­tons res­pec­ter à la lettre ce qui est sti­pu­lé dans la conven­tion col­lec­tive, ex­plique Luc Fer­land, pré­sident du syn­di­cat. Nous ne pen­sons pas al­ler au-de­là des 32 heures de tra­vail qui sont ins­crites dans notre contrat de tra­vail.»

Il si­gnale que ce sont les ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires qui se­ront pro­ba­ble­ment les plus tou­chées dans les dif­fé­rents éta­blis­se­ments du ter­ri­toire.

«Nous nous en tien­drons aux en­ga­ge­ments que nous avons pris au dé­but de l’an­née avec les di­rec­tions des écoles dans les heures qui nous ont été as­si­gnées, mais s’il y a des nou­velles ac­ti­vi­tés qui s’ajoutent, ce se­ra non, tem­pête M. Fer­land. Il faut pré­ci­ser, par contre, que tous les ser­vices es­sen­tiels aux élèves se­ront main­te­nus.»

Les en­sei­gnants, qui ac­ceptent par­fois d’ac­com­pa­gner les élèves à des ac­ti­vi­tés telles que des sor­ties au théâtre, à la Ronde ou lors des voyages, ne le fe­ront peut-être pas cette an­née.

«Nous n’al­lons pas boy­cot­ter les ac­ti­vi­tés. Si c’était dé­jà pré­vu, ce se­ra fait. Par contre, s’il n’y a pas d’en­ga­ge­ments dé­jà éta­blis, les en­sei­gnants n’en pren­dront pas des nou­veaux d’ici la fin de l’an­née», pré­cise le pré­sident.

Les co­mi­tés de tra­vail entre en­sei­gnants, se­ront aus­si mis de cô­té.

«Par­fois, on de­mande aux en­sei­gnants de faire par­tie de co­mi­tés de tra­vail dans les écoles pour des pro­blé­ma­tiques par­ti­cu­lières de chaque éta­blis­se­ment. Cette an­née, nous al­lons pas­ser notre tour.»

Les col­lectes d’ar­gent pour des ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires, ain­si que la dis­tri­bu­tion de pu­bli­ci­té par les en­sei­gnants n’au­ront pas lieu cette an­née.

Des lignes de pi­que­tage se­ront aus­si main­te­nues pen­dant 13,5 mi­nutes (soit, le pour­cen­tage d’aug­men­ta­tion sa­la­riale de­man­dé par le syn­di­cat) de­vant les éta­blis­se­ments sco­laires une fois par se­maine.

D’ailleurs, une pre­mière ma­ni­fes­ta­tion a eu lieu de­vant les lo­caux de la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ) le 15 avril der­nier.

«Il va y en avoir d’autres bien­tôt pour que les gens com­prennent qu’on ne joue pas avec les condi­tions de tra­vail des en­sei­gnants, ni avec le ser­vice aux élèves», in­dique le pré­sident.

Les en­sei­gnants ont éga­le­ment vo­té afin de boy­cot­ter le tour­noi de vol­ley­ball an­nuel qui se tient de­puis une ving­taine d’an­nées, entre les en­sei­gnants et la di­rec­tion.

«C’est im­pen­sable d’al­ler so­cia­li­ser dans le contexte ac­tuel, sa­chant que plu­sieurs des propositions qui sont sur la table viennent des em­ployés de la CSPλ, tranche M. Fer­land.

Même si pré­sen­te­ment le SEPÎ a des man­dats de grève pour trois jours, le pré­sident si­gnale qu’il n’y en au­ra pro­ba­ble­ment pas d’ici la fin de l’an­née.

«Ce se­ra plus à comp­ter de l’au­tomne pro­chain, mais en­core là, c’est à voir», dit-il.

Des pa­rents di­vi­sés

Ian Le­blanc, père d’un gar­çon au pri­maire à l’école Saint-Oc­tave de Mon­tréal-Est, s’est dit in­quiet des moyens de pres­sion em­ployés par le syn­di­cat.

«Je com­prends les en­sei­gnants, mais je pense qu’il y a d’autres al­ter­na­tives à ex­plo­rer avant de com­men­cer à uti­li­ser des moyens de pres­sion. Je prêche du cô­té de ma pa­roisse car je pense sur­tout à mon fils et je tiens à ce que la qua­li­té de son édu­ca­tion ne soit pas af­fec­tée.»

Pour sa part, une mère de trois en­fants d’âge pri­maire, qui sou­haite res­ter ano­nyme, dé­plore le manque de com­mu­ni­ca­tion entre les pa­rents et les di­rec­tions d’école.

« Nous sommes très peu in­for­més de ce qui se passe dans les écoles. Nous ne pou­vons pas an­ti­ci­per ce qui va se pas­ser et quelles se­ront les ré­per­cus­sions sur nos en­fants, alors c’est dif­fi­cile de se pro­non­cer pour le mo­ment», dit-elle.

Ré­ac­tion de la CSPÎ

Le pré­sident de la CSPÎ, Mi­ville Bou­dreault, a pré­fé­ré ne pas se pro­non­cer sur les moyens de pres­sion des en­sei­gnants.

«Nous sou­hai­tons tout sim­ple­ment que les ac­ti­vi­tés puissent conti­nuer de se te­nir comme à l’ha­bi­tude», a-t-il fait sa­voir à tra­vers son at­ta­ché, An­dré Lor­tie.

L’Ave­nir de l’Est a éga­le­ment ten­té de joindre les com­mis­saires- pa­rents, Étienne Gou­pil, Jean- Claude La­vigne, Sa­mia Mek­thoul et Ibra­him Sbal­lil sans suc­cès.

(Pho­to TC Me­dia – Pa­trick Des­champs )

Le 22 avril der­nier à mi­di, il y a eu une ma­ni­fes­ta­tion de­vant les ins­tal­la­tions de l’école Jean-Grou.

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