Les ap­pels comme pre­miers ré­pon­dants en hausse

L'Informateur - - LA UNE - Au­drey.gau­thier@ tc.tc

En 2014, les pom­piers de Mon­tréal ont été plus oc­cu­pés que les an­nées pas­sées, une con­sé­quence de leur tra­vail en tant que pre­miers ré­pon­dants.

L’an­née der­nière, les pom­piers ont ré­pon­du à 126 150 ap­pels, contre 123 242, en 2013, et 122 125, en 2012. La hausse la plus pro­non­cée se re­trouve dans les in­ter­ven­tions comme pre­miers ré­pon­dants, pas­sant de 76 434 cas, en 2013, à 80 829, en 2014.

«À la suite d’un ap­pel aux ser­vices d’ur­gence, les pom­piers sont tou­jours les pre­miers sur les lieux. 70 % de leurs in­ter­ven­tions, en 2014, sont pour ce type d’opé­ra­tion», ex­plique Anie Sam­son, vice-pré­si­dente du co­mi­té exé­cu­tif de Mon­tréal et res­pon­sable de la sé­cu­ri­té pu­blique et des ser­vices aux ci­toyens.

Le nombre de fausses alertes a aus­si aug­men­té de près de 12 %, pas­sant de 7675 ap­pels, il y a deux ans, à 8579, en 2014.

«Nous re­ce­vons beau­coup d’ap­pels non fon­dés. Par exemple, des gens qui joignent les ser­vices d’ur­gence pour ob­te­nir un lift pour l’hô­pi­tal. Les pom­piers doivent se rendre sur les lieux, mais en­suite, ils at­tendent l’am­bu­lance», dé­plore Mme Sam­son.

Afin de re­mé­dier à la si­tua­tion, la vice-pré­si­dente en­tou­rée de plu­sieurs par­te­naires se penchent ac­tuel­le­ment sur la clas­si­fi­ca­tion des ap­pels.

«Nous vou­lons re­voir les fa­çons de faire sur la dis­tri­bu­tion des ap­pels et sur les équipes à en­voyer sur le ter­rain. Nous vou­lons être plus vi­gi­lants et mieux gé­rer le tout. Tou­te­fois, s’il y a une vie en dan­ger, nous en­ver­rons les pre­miers ré­pon­dants», af­firme Mme Sam­son.

In­cen­die

En 2014, les pom­piers ont éteint 4253 in­cen­dies, contre 4647, en 2013. Une ré­duc­tion due prin­ci­pa­le­ment au tra­vail pré­ven­tif et à la sen­si­bi­li­sa­tion du Ser­vice en sé­cu­ri­té in­cen­die de Mon­tréal (SIM), es­time la res­pon­sable de la sé­cu­ri­té pu­blique.

«Cette baisse est di­rec­te­ment liée à notre cam­pagne de pré­ven­tion. Nous avons une équipe dé­diée à cette tâche. Elle ren­contre la po­pu­la­tion pour l’in­for­mer du pro­to­cole à suivre en cas d’in­cen­die, mais aus­si de l’uti­li­sa­tion de l’aver­tis­seur de fu­mée», sou­ligne Mme Sam­son.

La bri­gade de l’aver­tis­seur de fu­mée a vi­si­té 56 761 lo­gis, ren­con­tré 26 298 ré­si­dents et re­mis 7506 aver­tis­seurs, du 20 juin au 31 août 2014. Pen­dant leurs vi­sites, 29 % des lo­gis ins­pec­tés n’avaient pas de dis­po­si­tif ou ce­lui-ci n’était pas fonc­tion­nel.

«Près de 80 % des feux sont d’ori­gine hu­maine. La ma­jo­ri­té des in­cen­dies de bâ­ti­ment ont lieu dans des im­meubles dé­pour­vus d’aver­tis­seur de fu­mée», s’at­triste-t-elle.

En 2014, huit per­sonnes ont per­du la vie dans l’un des six in­cen­dies mor­tels à Mon­tréal. Se­lon le rap­port du SIM, l’aver­tis­seur a fonc­tion­né dans seule­ment deux cas. Il était soit ab­sent ou im­pos­sible de dé­ter­mi­ner sa fonc­tion­na­li­té dans 67 % des cas.

«Un mort est un mort de trop. C’est obli­ga­toire de pos­sé­der un aver­tis­seur de fu­mée. Ça sauve des vies. Ça de­vrait être votre meilleur ami», lance la vice-pré­si­dente qui a ins­tal­lé deux aver­tis­seurs à son do­mi­cile.

Les ob­jec­tifs de 2015

La cam­pagne pré­ven­tive et de sen­si­bi­li­sa­tion se pour­sui­vra, cette an­née. Le SIM met­tra l’ac­cent sur les ré­si­dences pour per­sonnes âgées.

«Après la tra­gé­die de L’Isle-Verte, nous avons mis en place un pro­gramme de sub­ven­tion pour que les pro­prié­taires de ré­si­dences pour aî­nés puissent, no­tam­ment, ins­tal­ler des gi­cleurs», men­tionne Mme Sam­son.

Un nou­veau pro­gramme de sen­si­bi­li­sa­tion a été créé pour rap­pe­ler aux per­sonnes âgées le pro­to­cole à suivre en cas d’in­cen­die.

« Pen­dant un feu, les gens vivent un mo­ment de stress in­tense. Ils perdent leurs re­pères et ils pa­niquent. Les pom­piers vont les ren­con­trer pour les ras­su­rer et leur rap­pe­ler quoi faire. Nous avons éga­le­ment pu­blié un guide pour ai­der à pas­ser le mes­sage», laisse sa­voir la vice-pré­si­dente.

Les pom­piers vont éga­le­ment vi­si­ter de nom­breuses écoles pour re­joindre le plus d’en­fants pos­sible.

«Nous vou­lons éga­le­ment sen­si­bi­li­ser les jeunes. Les pa­rents doivent dis­cu­ter avec leurs en­fants et mettre en place un pro­to­cole à suivre en cas d’in­cen­die. C’est im­por­tant d’en faire un, car ça per­met d’évi­ter de pa­ni­quer», men­tionne-t-elle.

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