72 jours pour ré­pa­rer les bornes d'in­cen­die dé­fec­tueuses

Des faits «trou­blants» ré­vé­lés par le Vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral

L'Informateur - - LA UNE - Jean-marc.gilbert@ tc.tc

Dans l’ar­ron­dis­se­ment de Ri­viè­redes-Prai­ries–Pointe-aux-Trembles, il s’écoule en moyenne 72 jours entre le mo­ment «au­quel la dé­fec­tuo­si­té est dé­cou­verte et le mo­ment au­quel la borne [d’in­cen­die] est ré­pa­rée». Voi­là ce qui res­sort du rap­port an­nuel du vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral de la Ville de Montréal, qui consi­dère ces «faits trou­blants».

Le vé­ri­fi­ca­teur, Jacques Bergeron, qua­li­fie ces constats «d’in­quié­tants, car en cas d’in­ter­ven­tion d’ur­gence, les pom­piers pour­raient être confron­tés à des bornes hors d’usage, ce qui ris­que­rait de nuire à l’ef­fi­ca­ci­té des in­ter­ven­tions», men­tionne-t-il, dans les faits saillants du rap­port.

En ce qui concerne les ins­pec­tions des bornes, le vé­ri­fi­ca­teur émet éga­le­ment cer­taines craintes.

Si RDP-PAT a réa­li­sé 100 % des ins­pec­tions com­plètes pla­ni­fiées, le vé­ri­fi­ca­teur se dé­sole tou­te­fois de voir que l’ar­ron­dis­se­ment n’a réa­li­sé au­cune ins­pec­tion par­tielle et n’avait même pas d’ob­jec­tifs en ce sens.

«Ces ré­sul­tats sont re­la­ti­ve­ment trou­blants puisque les ins­pec­tions sont un moyen in­con­tour­nable de dé­tec­ter des bornes dé­fec­tueuses, in­cluant celles hors d’usage», note le vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral.

Les pom­piers in­quiets

L’As­so­cia­tion des pom­piers de Montréal a dit, par voie de com­mu­ni­qué, ac­cueillir les conclu­sions du rap­port «avec beau­coup d’in­ter­ro­ga­tions et un sen­ti­ment d’in­quié­tude à peine voi­lé.»

«C’est in­con­ce­vable que l’ad­mi­nis­tra­tion mu­ni­ci­pale ait pu to­lé­rer pa­reille si­tua­tion qui consti­tue pour­tant un en­jeu ma­jeur en ma­tière de sé­cu­ri­té pu­blique, de pro­tec­tion des biens et sur­tout de pro­tec­tion de la vie des ci­toyens», ajoute le pré­sident du syn­di­cat, Ronald Mar­tin.

Du cô­té du Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die de la Ville de Montréal (SIM), on tente de se faire ras­su­rant en di­sant que «le nombre de cas de non-fonc­tion­ne­ment de bornes d’in­cen­die ré­per­to­rié s’avère un pro­blème qui n’est pas gé­né­ra­li­sé.»

On ajoute tou­te­fois qu’il «de­meure im­pé­ra­tif que les bornes d’in­cen­die soient sys­té­ma­ti­que­ment en­tre­te­nues et que leur état soit connu [du] ser­vice.»

Pas plus de deux se­maines

L’ar­ron­dis­se­ment RDP-PAT dit «prio­ri­ser l’in­ter- ven­tion», lors­qu’une borne est non fonc­tion­nelle. «Nous pen­sons que dans des cir­cons­tances stan­dards, un dé­lai pour in­ter­ve­nir ne de­vrait pas dé­pas­ser deux se­maines», écrit Mélanie Adam, char­gée de com­mu­ni­ca­tion.

Elle ajoute qu’en date du 23 juin, on dé­nom­brait sept bornes d’in­cen­die non fonc­tion­nelles sur un in­ven­taire de 2355.

En ce qui concerne les ins­pec­tions par­tielles, l’ar­ron­dis­se­ment en­vi­sage d’intégrer cet élé­ment lors de l’oc­troi des contrats fu­turs.

La ville-centre as­sure prendre la si­tua­tion au sé­rieux et pro­met de mettre en oeuvre «les me­sures cor­rec­tives né­ces­saires pour re­dres­ser la si­tua­tion.»

Par­mi ces me­sures, on en­vi­sage no­tam­ment de développer « un en­ca­dre­ment ad­mi­nis­tra­tif vi­sant à of­fi­cia­li­ser le pro­ces­sus de si­gna­le­ment des bornes d’in­cen­die hors d’usage», écrit-on, dans un com­mu­ni­qué.

«

Ces ré­sul­tats sont re­la­ti­ve­ment trou­blants puisque les ins­pec­tions

sont un moyen in­con­tour­nable de dé­tec­ter des bornes dé­fec­tueuses, in­cluant celles » hors d’usage -Jacques Bergeron, vé­ri­fi­ca­teur

gé­né­ral de Montréal

(Photo TC Me­dia – Jean-Marc Gilbert)

Toutes les ins­pec­tions com­plètes pla­ni­fiées de bornes ont été réa­li­sées, mais au­cune ins­pec­tion par­tielle n’a eu lieu dans l’ar­ron­dis­se­ment, dé­plore le vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral.

(Archives TC Me­dia)

Le vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral de Montréal, Jacques Bergeron.

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