L'herbe à poux se ré­pand sur les ter­rains va­cants

L'Informateur - - LA UNE - Sa­man­tha.ve­lan­dia@tc.tc

La Pointe-de-l’Île se­rait plus vul­né­rable à la pro­li­fé­ra­tion de l’herbe à poux en rai­son de ses nom­breux ter­rains va­cants, se­lon des spé­cia­listes en san­té pu­blique. Ce­ci dans un ter­ri­toire où le taux de per­sonnes souf­frant de ma­la­dies res­pi­ra­toires chro­niques est dé­jà le plus éle­vé de la mé­tro­pole.

Au Qué­bec, une per­sonne sur sept souffre d’al­ler­gies lors de la pé­riode de pol­li­ni­sa­tion de l’herbe à poux qui s’éche­lonne de la fin juillet au mois d’octobre.

Or, sur le ter­ri­toire de la Pointe-de-l’Île, l’abon­dance des ter­rains va­cants, no­tam­ment ceux des raf­fi­ne­ries, fa­vo­rise la pro­li­fé­ra­tion de l’herbe à poux.

«Nous ne nous sommes pas pen­chés sur les autres ter­ri­toires de Mon­tréal, mais étant don­né que chez nous il y a un plus grand nombre de ter­rains dis­po­nibles, l’herbe à poux risque de se ré­pandre plus fa­ci­le­ment qu’au centre-ville où les ter­rains sont pas mal tous dé­ve­lop­pés » , ex­plique Claude Rien­deau, cadre su­pé­rieur lo­cal en san­té pu­blic au Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) de l’est de Mon­tréal.

Il a donc mis au point une stra­té­gie afin de contrer la pro­pa­ga­tion de cette plante. Ain­si, une cen­taine de lettres ont été en­voyés à dif­fé­rents in­ter­ve­nants du mi­lieu afin de les sen­si­bi­li­ser à tondre leurs ter­rains à des mo­ments stra­té­giques, soit à la mi-juillet et la mi-août.

Par­mi les en­droits ci­blés, on re­trouve les ter­rains va­cants des raf­fi­ne­ries. Des lettres ont éga­le­ment été en­voyées aux ar­ron­dis­se­ments, à des en­tre­pre­neurs et com­mer­çants du sec­teur.

«Nous de­man­dons à tous les in­ter­ve­nants ain­si qu’aux ci­toyens de faire des ef­forts et de prendre en main leur propre san­té en ar­ra­chant ses plantes qui af­fectent des mil­liers de Mont­réa­lais chaque été», in­dique pour sa part Na­tha­lie Ro­chon, conseillère cadre en pré­ven­tion et pro­mo­tion de la san­té.

Ma­la­dies res­pi­ra­toires : des risques sup­plé­men­taires

Se­lon les der­nières don­nées de l’en­quête TO­PO réa­li­sée en 2012, la po­pu­la­tion de la Pointe-del’Île se­rait la plus af­fec­tée par les ma­la­dies res­pi­ra­toires chro­niques sur l’île de Mon­tréal. Au to­tal, 10 % des gens se­raient tou­chées, com­pa­ra­ti­ve­ment à 8 % dans le reste de la mé­tro­pole.

M. Rien­deau du CIUSSS ex­plique que le pol­len de l’herbe à poux ag­grave l’état des per­sonnes souf­frant de ma­la­dies res­pi­ra­toires chro­niques.

«Dans cer­tains cas il peut y avoir des hos­pi­ta­li­sa­tions ou même des dé­cès. Il y a des gens qui doivent re­ce­voir des mé­di­ca­ments spé­cia­li­sées et des in­ha­la­teurs pour cette pé­riode de l’an­née alors c’est pour cette rai­son que nous met­tons tous nos ef­forts dans l’éra­di­ca­tion de cette plante dans l’est de Mon­tréal», conclut-il.

En 2005, les coûts de san­té as­so­ciés à cette al­ler­gie se chif­fraient à plus de 157 M$.

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