«C’est l’en­fer»

L'Informateur - - LA UNE - Jean-marc.gil­bert@ tc.tc

Depuis que l’ar­ron­dis­se­ment a dé­ci­dé de ta­ri­fier l’ac­cès à la rampe de mise à l’eau de la 36e Ave­nue, à Pointe-aux-Trembles, les plai­san­ciers se ruent du cô­té d’une des­cente à ba­teau si­tuée sur le bou­le­vard Gouin. Se­lon les ri­ve­rains, «c’est de­ve­nu l’en­fer», sur cette berge.

Plus de ba­teaux que ja­mais, sta­tion­ne­ment in­ter­dit en bor­dure de rue, pré­sence de jeunes fê­tards jusque tard dans la nuit et quittent sans ra­mas­ser leurs dé­chets: des ci­toyens qui ha­bitent près d’une des­cente à ba­teau du bou­le­vard Gouin et de la 133e Ave­nue, ren­con­trés par TC Me­dia, sont ex­cé­dés de l’in­ac­tion de l’ar­ron­dis­se­ment et des po­li­ciers et sou­haitent re­trou­ver la quié­tude du bord de la ri­vière des Prai­ries.

Tom­my De Block, qui ha­bite tout juste en face de l’en­droit, n’en peut plus.

«Quand j’ai ache­té la mai­son, c’était pour avoir une belle vue du bord de l’eau, pas pour voir des ca­mion­nettes qui traînent des re­morques avec des ba­teaux et qui se sta­tionnent de­vant chez moi», dé­plore-t-il.

Il s’est plaint au 311, plu­sieurs fois. «Mais quand on parle avec la Ville, on di­rait qu’on se bute à un mur», ajoute Tom­my De Block.

«En plus, le sta­tion­ne­ment est in­ter­dit des deux cô­tés de la rue, sur le bou­le­vard Gouin. Les gens font sem­blant de ne pas voir les pan­cartes et se sta­tionnent tout croche, un peu par­tout», ajoute Paul De Block, le père de Tom­my, qui ha­bite aus­si dans le sec­teur.

L’ar­ron­dis­se­ment veut agir

Depuis le 22 juin, il faut un per­mis pour ac­cé­der à la rampe de mise à l’eau, sur la 36e Ave­nue. Pour les ré­si­dents de l’île de Mon­tréal, c’est gra­tuit. Pour les plai­san­ciers de l’ex­té­rieur, le per­mis jour­na­lier coûte 50 $ et ce­lui pour la sai­son 500 $.

La conseillère de ville, Su­zanne Dé­ca­rie, qui a beau­coup tra­vaillé sur le dos­sier, se dou­tait bien que cette ini­tia­tive al­lait en­traî­ner un dé­pla­ce­ment des plai­san­ciers qui veulent pro­fi­ter de l’eau gra­tui­te­ment.

«D’em­blée, on s’at­ten­dait à un im­pact, mais on ne sa­vait pas dans quelle me­sure.»

La conseillère pro­met une in­ter­ven­tion, mais pré­fère fi­nir tous les ajus­te­ments du cô­té de l’autre des­cente avant de s’at­ta­quer à celle du bou­le­vard Gouin.

«Il va y avoir un en­ca­dre­ment des lieux et un amé­na­ge­ment du ter­rain. Ça, c’est cer­tain. Mais avant, il faut vé­ri­fier quel genre d’in­ter­ven­tion on peut faire, tout en res­pec­tant les normes en­vi­ron­ne­men­tales.»

Elle ajoute que des in­ter­ven­tions ponc­tuelles peuvent être faites ra­pi­de­ment, comme l’ajout de pou­belles, par exemple. Pour un amé­na­ge­ment plus com­plet, des vé­ri­fi­ca­tions plus ex­haus­tives doivent être réa­li­sées.

L’idée d’im­po­ser éga­le­ment un ta­rif pour ac­cé­der à cette des­cente de ba­teaux ne fait pas par­tie des plans de l’ar­ron­dis­se­ment, du moins pour l’ins­tant.

Jeunes fê­tards

L’aug­men­ta­tion consi­dé­rable du nombre de ba­teaux n’est pas le seul pro­blème. Des groupes de jeunes se rendent sur place pour faire la fête plu­sieurs fois du­rant l’été.

«Ils font du ta­page et du bruit et il y a de la mu­sique forte. Ils font aus­si des feux d’ar­ti­fice à tout bout de champ jus­qu’à 3 h ou 4 h du ma­tin», rage Paul De Block.

Ré­sul­tat, le len­de­main de ces fêtes, des bou­teilles cas­sées, des condoms souillés et des sa­chets de drogue vident jonchent le sol.

«J’ai deux en­fants de 5 à 7 ans, je ne peux pas les lais­ser jouer seuls au bord de l’eau. C’est ren­du une vraie dompe. On en vient à se de­man­der si nous al­lons gar­der la mai­son», ajoute Tom­my De Block, qui dit même s’être fait vo­ler du bois, à au moins une re­prise, par des jeunes qui fai­saient un feu sur le bord de la ri­vière.

Se­lon un autre ci­toyen, Do­me­ni­co Mar­zi­tel­li, ça ne date pas d’hier. «Ça fait 10 ans que j’ha­bite ici et ça fait 10 ans que je vois de la merde», lance-t-il.

Du cô­té du poste de quar­tier 49, le com­man­dant De­nis Ca­ri­gnan re­con­naît que ses po­li­ciers sont ap­pe­lés à se rendre sur place «à l’oc­ca­sion» pour des gens qui font la fête, comme c’est le cas sur les autres berges, un peu par­tout dans l’ar­ron­dis­se­ment.

(Pho­to TC Me­dia – Jean-Marc Gil­bert)

Les jeunes qui viennent faire la fête sur le bord de l’eau ne ra­massent pas leurs dé­chets.

(Pho­to gra­cieu­se­té – Paul De Block)

Les vé­hi­cules qui traînent des re­morques avec des ba­teaux tentent de se sta­tion­ner tant bien que mal près de l’eau.

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