Chasse aux odeurs

L'Informateur - - NEWS - Do­mi­nique.cam­bron-gou­let@ tc.tc

Les mau­vaises odeurs émises par les usines et les in­fra­struc­tures de dé­chets et d’eau usées font mal­heu­reu­se­ment par­tie du quo­ti­dien, sur­tout en pé­riode es­ti­vale. Par contre, il est pos­sible de les di­mi­nuer, voire de les neu­tra­li­ser. In­cur­sion dans le monde de la ges­tion des odeurs.

«Il y a une ex­pan­sion du mar­ché des odeurs, sou­tient la tech­ni­cienne en so­lu­tions en­vi­ron­ne­men­tales chez la com­pa­gnie de contrôle d’odeurs Bio Ser­vice, Ma­ri­lou Fi­liol. Avant, les mines, ça sen­tait très fort, mais presque tout le monde avait un père ou un oncle qui tra­vaillait là, alors le ni­veau d’ac­cep­ta­tion était plus éle­vé. Main­te­nant, on est de moins en moins to­lé­rant avec les odeurs, donc les tech­no­lo­gies doivent al­ler plus loin.»

À la Sta­tion d’épu­ra­tion des eaux usées Jean-R. Mar­cotte, à Ri­vière-des-Prai­ries, les odeurs étaient un pro­blème im­por­tant il y a une quin­zaine d’an­nées ad­met son di­rec­teur Ri­chard Fon­taine.

« En 2000, on re­ce­vait 50 plaintes an­nuel­le­ment, rap­pelle-t-il. L’an der­nier nous avons eu un seul si­gna­le­ment.»

Nez élec­tro­niques

Afin de ré­gler son pro­blème, la Sta­tion a ins­tal­lé des nez élec­tro­niques de dé­tec­tion d’odeurs.

«Ces sys­tèmes sont là pour cap­ter des odeurs, les iden­ti­fier et voir où elles sont gé­né- ré­es, ex­plique M. Fon­taine. Si les odeurs pro­viennent d’une autre source [que de la sta­tion], on est ca­pable de l’iden­ti­fier.»

Si des nez élec­tro­niques sont uti­li­sés, beau­coup de tra­vail peut se faire par le nez hu­main.

«Quand on dé­couvre un site, on fait la liste de toutes les sources d’odeurs. On va es­sayer de com­prendre les­quelles sont plus stables, donc qui voyagent le plus loin, les­quelles sont les plus odo­rantes et les­quelles sont les plus abon­dantes, ex­plique Ma­ri­lou Fi­liol. On va trai­ter en prio­ri­té celles qui sont plus stables et celles qui sont le plus nom­breuses.»

Contrer la pro­pa­ga­tion

Plu­sieurs tech­niques peuvent être uti­li­sées pour contrer la pro­pa­ga­tion des odeurs, dont la neu­tra­li­sa­tion par huiles es­sen­tielles.

«On va bru­mi­ser dans l’air une grosse quan­ti­té d’eau avec une pe­tite quan­ti­té de pro­duit neu­tra­li­sant d’odeur à base d’huiles es­sen­tielles», in­dique le pré­sident de Bio Ser­vice, Fran­çois Per­ron.

À la sta­tion d’épu­ra­tion, la va­po­ri­sa­tion est sur­tout uti­li­sée lors de dé­pla­ce­ments de boues, qui causent des odeurs très fortes. On opte donc pour d’autres sys­tèmes au quo­ti­dien. «Nous avons deux bio-filtres, in­dique M. Fon­taine.

La plan­ta­tion d’arbre est aus­si une tech­nique uti­li­sée à la sta­tion Jean-R. Mar­cotte. «C’est une me­sure ex­trê­me­ment ef­fi­cace, juge Ri­chard Fon­taine. À rai­son de 25 000 $ par an­née, on a pro­cé­dé à une campagne de re­boi­se­ment. On a ef­fec­tué près de 1 500 plan­ta­tions.» Cette ca­no­pée au­tour de la sta­tion aide à blo­quer le vent qui pro­page les odeurs. «Aus­si, les fleurs sau­vages ça émet une odeur plai­sante et mas­quante, ajoute M. Fon­taine. C’est comme une huile es­sen­tielle, mais na­tu­relle.»

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