Un ju­ge­ment qui coû­te­ra cher aux ar­ron­dis­se­ments

L'Informateur - - LA UNE - Lau­rence Houde-Roy

Un ju­ge­ment pour­rait coû­ter plu­sieurs mil­liers de dol­lars aux ar­ron­dis­se­ments de Mon­tréal et re­mettre en ques­tion le plan de ré­duc­tion de la main-d’oeuvre de la Ville.

Dans un ju­ge­ment qui se pen­chait sur un cas dans l’ar­ron­dis­se­ment d’Ahunt­sicCar­tier­ville, l’ar­bitre de grief Diane Le­mieux a tran­ché, le 10 juillet der­nier: si un ar­ron­dis­se­ment a choi­si de ne pas com­bler un poste de col bleu à la suite d’un dé­part à la re­traite, il ne peut pas com­pen­ser en don­nant le tra­vail à des auxi­liaires. La conven­tion col­lec­tive des cols bleus de Mon­tréal l’in­ter­dit for­mel­le­ment, a-t-elle pré­ci­sé.

Si un ar­ron­dis­se­ment a tou­jours be­soin du tra­vail d’un col bleu pour un ser­vice pré­cis après le dé­part à la re­traite d’un em­ployé, l’ar­ron­dis­se­ment se doit de com­bler le poste avec un em­ployé per­ma­nent.

Chan­tal Rou­leau, mai­resse de Ri­viè­redes-Prai­ries, n’était pas en me­sure de se pro­non­cer au len­de­main de la dé­ci­sion sur l’im­pact éven­tuel qu’au­ra le ju­ge­ment sur son ar­ron­dis­se­ment. Elle doit ren­con­trer des membres de son ad­mi­nis­tra­tion pour vé­ri­fier le nombre de cols bleus par­tis à la re­traite et rem­pla­cés par des auxi­liaires.

«La pré­ten­tion que nous avions de ré­duire les res­sources avec les conven­tions col­lec­tives que nous avons était fausse», sou­tient Luc Fer­ran­dez, chef de Pro­jet Mon­tréal et maire de l’ar­ron­dis­se­ment du Pla­teau-Mont-Royal.

Il es­time que son ar­ron­dis­se­ment pour­rait de­voir dé­bour­ser 100 000$ pour les postes qu’il avait choi­si de ne pas com­bler dans la der­nière an­née.

«L’er­reur de l’ad­mi­nis­tra­tion Co­derre va cou­ter aux Mont­réa­lais des cen­taines de mil­liers de dol­lars pour du tra­vail qui n’a pas été réa­li­sé, tout ça parce qu’on ne s’est pas don­né la peine de lire les conven­tions col­lec­tives», a dé­plo­ré Guillaume La­voie de Pro­jet Mon­tréal.

Le maire de l’ar­ron­dis­se­ment du Su­dOuest, Be­noît Do­rais, a fait part lun­di, lors du conseil mu­ni­ci­pal, que cette dé­ci­sion, qui au­ra se­lon lui une in­ci­dence sur tous les ar­ron­dis­se­ments, lui en coû­te­ra au moins 300 000$ de frais.

En 2014, la créa­tion du Plan quin­quen­nal de la main-d’oeuvre (PQMO) de­man­dait aux ar­ron­dis­se­ments d’abo­lir un poste sur deux lais­sé va­cant dans le cas no­tam­ment d’un dé­part à la re­traite. Les cal­culs ayant été faits en fonc­tion de ce plan, «pour res­pec­ter le ju­ge­ment, je dois main­te­nant re­voir com­bien il y a de cols bleus qui tra­vaillent par case ho­raire pour l’an­née 2016», ex­plique M. Do­rais.

«Ça veut dire re­voir les conven­tions col­lec­tives ou faire un tra­vail de fond sur l’aban­don de cer­taines ac­ti­vi­tés, a quant à lui ajou­té M. Fer­ran­dez. Si on veut main­te­nir l’ac­ti­vi­té [après un dé­part à la re­traite], par exemple de pro­pre­té ou de dé­nei­ge­ment, on ne peut pas con­fier à un auxi­liaire.»

Le ju­ge­ment a im­po­sé à l’ar­ron­dis­se­ment d’Ahunt­sic-Car­tier­ville d’em­bau­cher un col bleu per­ma­nent après le dé­part à la re­traite d’un col bleu. L’ar­ron­dis­se­ment avait plu­tôt em­bau­ché, jus­qu’à tout ré­cem­ment, 14 auxi­liaires pour faire son tra­vail. La juge Le­mieux a im­po­sé à l’ar­ron­dis­se­ment de payer de fa­çon ré­tro­ac­tive au 18 août 2014 le sa­laire de ce fonc­tion­naire qui se­ra nou­vel­le­ment en poste.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.