Cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin Les profs per­turbent la ren­trée

L'Informateur - - LA UNE - Jean-marc.gil­bert@ tc.tc

Une cen­taine de pro­fes­seurs du cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin ont pro­fi­té d’une jour­née de fête d’ac­cueil ins­ti­tu­tion­nelle pour te­nir une bruyante ma­ni­fes­ta­tion et dé­non­cer la len­teur dans les né­go­cia­tions de leurs condi­tions de tra­vail, le 26 août.

Mu­nis de pan­cartes, les syn­di­qués ont par­cou­ru dif­fé­rents pa­villons de l’éta­blis­se­ment au son des sif­flets et des trom­pettes, sous les re­gards stu­pé­faits des étu­diants qui af­fi­chaient, pour la plu­part, un sou­rire en coin.

« Nous sa­vons qu’on dé­range au­jourd’hui, mais c’est parce qu’on veut que le gou­ver­ne­ment nous en­tende», a lan­cé Fan­ny Theu­rillatC­lou­tier, en­sei­gnante de so­cio­lo­gie et membre de l’exé­cu­tif du syn­di­cat des pro­fes­seurs du col­lège Ma­rieVic­to­rin (SPCMV), in­vi­tant les étu­diants à mar­cher avec les pro­fes­seurs, pour té­moi­gner leur sou­tien.

Im­pacts di­rects sur les élèves

Se­lon Charles Le­mieux, pré­sident du SPCMV, les coupes dans le ré­seau col­lé­gial, de­puis 5 ans, at­teignent 3 M$, seule­ment pour le cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin, si­tué à la fron­tière de Mon­tréal- Nord et de Ri­vière-des-Prai­ries.

À son avis, en plus de mettre les pro­fes­seurs dans une si­tua­tion fi­nan­cière pré­caire (écart avec autres sa­la­riés du Qué­bec et gel des sa­laires) et de les es­souf­fler (dé­parts à la re­traite non rem­pla­cés et congés sans rem­pla­ce­ment) les cou­pures af­fectent aus­si les ser­vices aux étu­diants.

«Nous n’avons qu’à pen­ser aux étu­diants avec des be­soins par­ti­cu­liers. Au fil des ans, ce nombre est pas­sé de 20 à 300 au Col­lège Ma­rie-Vic­to­rin. Le per­son­nel est dé­bor­dé», dit-il, ci­tant aus­si en exemple la bi­blio­thèque «moins gar­nie».

«Même si la di­rec­tion dit qu’elle tente de mi­ni­mi­ser les im­pacts, ils sont réels. Nos condi­tions de tra­vail af­fectent leurs condi­tions d’étude», ajoute le pré­sident du syn­di­cat qui réunit 500 pro­fes­seurs ré­gu­liers et en for­ma­tion conti­nue.

Cha­nel, une étu­diante pré­fé­rant taire son nom de fa­mille, a aus­si par­ti­ci­pé à la ma­ni­fes­ta­tion.

«Ça concerne aus­si nos fu­tures condi­tions de tra­vail, car plu­sieurs d’entre nous tra­vaille­ront dans la fonc­tion pu­blique. Ce n’est pas agréable de voir que les em­ployés ne sont pas heu­reux.»

Ca­co­pho­nie

La ma­ni­fes­ta­tion a don­né lieu à une scène co­casse, lorsque les syn­di­qués ont car­ré­ment in­ter­rom­pu un concert don­né par des mu­si­ciens pour faire une al­lo­cu­tion, près de l’en­trée prin­ci­pale du col­lège.

Les mu­si­ciens se sont alors mis à faus­ser in­ten­tion­nel­le­ment, créant une vé­ri­table ca­co­pho­nie. Ils ont en­suite re­pris le concert, en­ter­rant du coup M. Le­mieux, qui ten­tait de s’adres­ser aux étu­diants.

Le di­rec­teur gé­né­ral du Col­lège Ma­rieVic­to­rin, Syl­vain Man­de­ville, as­sis­tait, de loin, à la ma­ni­fes­ta­tion des pro­fes­seurs.

«C’est leur droit. C’est un geste qui fait par­tie du jeu des né­go­cia­tions. Tant que les étu­diants ont ac­cès à la fête que nous avons pré­pa­rée pour eux, c’est cor­rect pour nous», dit-il.

Il n’a tou­te­fois pas vou­lu don­ner son avis au su­jet du mo­ment choi­si par les pro­fes­seurs pour se faire en­tendre.

(Pho­to TC Me­dia – Jean-Marc Gil­bert)

Les ma­ni­fes­tants ont pris les moyens pour se faire en­tendre.

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