Guerre de gangs de rue: «c’est dé­jà com­men­cé», craint Yves Fran­coeur

L'Informateur - - LA UNE - Jean-marc.gil­bert@ tc.tc

Le pré­sident de la Fra­ter­ni­té des po­li­ciers de Mon­tréal, Yves Fran­coeur, croit qu’une guerre de gangs de rue est dé­jà en cours à Mon­tréal, prin­ci­pa­le­ment dans les sec­teurs de Ri­viè­redes-Prai­ries et de Mon­tréal-Nord, des sec­teurs se­coués par plu­sieurs crimes vio­lents au cours des der­nières se­maines.

«La guerre a re­pris dans les deux ter­ri­toires et se­lon le pouls de nos gens sur le ter­rain, la si­tua­tion est ex­plo­sive, lance M. Fran­coeur, en en­tre­vue avec TC Me­dia. Heu­reu­se­ment, il n’y a pas eu de vic­times in­no­centes pour l’ins­tant.»

Il dé­nonce éga­le­ment un manque d’ef­fec­tifs sur le ter­rain, en re­la­tant une si­tua­tion concrète sur­ve­nue en sep­tembre.

À Ri­vière-des-Prai­ries, sec­teur cou­vert par le poste de quar­tier 45 du Ser­vice de Po­lice de la ville de Mon­tréal (SPVM), les deux seuls duos de po­li­ciers qui étaient en de­voir ont été af­fec­tés au ser­vice d’ordre pour cou­vrir les fu­né­railles d’un pré­su­mé membre de gangs de rue, de peur que l’évé­ne­ment dé­gé­nère. Au­cun autre po­li­cier du ter­ri­toire n’était dis­po­nible pour ré­pondre à un éven­tuel ap­pel d’ur­gence, dit-il.

«Il n’y a eu au­cun ap­pel d’ur­gence. Mais s’il y en avait eu un, ça au­rait dû être cou­vert par des po­li­ciers d’un poste de quar­tier li­mi­trophe», ex­plique M. Fran­coeur.

M. Fran­coeur a ain­si ré­ité­ré les pro­pos te­nus au mi­cro de Be­noît Du­tri­zac du­rant une en­tre­vue dans la­quelle il a qua­li­fié de «pou­drières» les sec­teurs de Mon­tréalNord et de Ri­vière-des-Prai­ries.

Nom­breux évé­ne­ments

Plu­sieurs crimes vio­lents, re­liés ou non aux gangs de rue, ont ébran­lé Mon­tréal-Nord et Ri­vière-des-Prai­ries ré­cem­ment.

Le 3 et le 13 sep­tembre, deux hommes dans la ving­taine ont per­du la vie dans des cir­cons­tances si­mi­laires, tous deux abat­tus dans une voi­ture.

Le 18 sep­tembre, un homme de 24 ans, at­teint de plu­sieurs pro­jec­tiles sur le bou­le­vard Mau­rice-Du­ples­sis, a suc­com­bé à ses bles­sures.

Puis, le 23 sep­tembre, une ten­ta­tive de meurtre est éga­le­ment sur­ve­nue à Mon­tréal-Nord.

En juillet, deux ba­garres entre jeunes ont dé­gé­né­ré à quelques jours d’in­ter­valle, à Mon­tréal- Nord. Cer­tains in­di­vi­dus avaient su­bi des bles­sures plus sé­rieuses.

«On ne nie­ra pas qu’il y a eu une sé­rie d’évé­ne­ments vio­lents. On ne joue­ra pas à l’au­truche», re­con­naît d’em­blée le com­man­dant Ian La­fre­nière, res­pon­sable des com­mu­ni­ca­tions au SPVM.

Tou­te­fois, il n’y voit pas né­ces­sai­re­ment un signe d’une re­prise de la guerre entre groupes cri­mi­na­li­sés.

Se­lon lui, les forces po­li­cières dis­posent de res­sources suf­fi­santes pour as­su­rer la sé­cu­ri­té à Mon­tréal- Nord Ri­vière-des-Prai­ries.

«Il y a deux vo­lets. Le pre­mier, c’est la ré­pres­sion. Les en­quêtes sont en cours. Le deuxième, c’est la pré­ven­tion. Après un évé­ne­ment violent, le SPVM veut se faire voir sur le ter­rain», ex­plique M. La­fre­nière. Se­lon lui, un plan de vi­si­bi­li­té se met en branle après chaque évé­ne­ment violent. En plus des po­li­ciers en pa­trouille, le groupe Éclipse, la ca­va­le­rie, l’es­couade ca­nine et les groupes d’in­ter­ven­tion as­surent une pré­sence dans le sec­teur concer­né.

et

(Pho­to Fé­lix O.J. Four­nier, col­la­bo­ra­tion spé­ciale)

Plu­sieurs crimes vio­lents se sont suc­cé­dé, par­ti­cu­liè­re­ment au cours des der­nières se­maines, à Mon­tréal-Nord et Ri­vière-des-Prai­ries.

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