Un agenda de mi­nistre

L'Informateur - - ACTUALITÉS - ● Col­la­bo­ra­tion spé­ciale, Co­rinne Co­lon, Centre d’ac­tion bé­né­vole de Ri­vière-des-Prai­ries

Juliette Driess a quit­té la Bel­gique i l y a plus de 14 ans. Ar­ri­vée ici, seule, elle s’est tour­née vers le bé­né­vo­lat pour oc­cu­per ses jour­nées. De­puis, elle n’a ja­mais ces­sé d’ai­der les autres.

Quand Juliette Driess a quit­té son pays d’ori­gine, le bé­né­vo­lat n’exis­tait pas. « Il n’y avait au­cune as­so­cia­tion connue qui pro­po­sait du bé­né­vo­lat à part, peut-être, la Croix Rouge. Ils avaient des bé­né­voles dans les hô­pi­taux qui dis­tri­buait des livres aux pa­tients. »

C’est en ar­ri­vant ici qu’elle a dé­cou­vert le bé­né­vo­lat.

«Quand je suis ve­nue ha­bi­ter à Ri­viè­redes-Prai­ries en 2005, je n’y connais­sais per­sonne, hor­mis un aca­dien ren­con­tré sur in­ter­net et qui, plus tard, al­lait de­ve­nir mon ma­ri. Comme je ne peux pas res­ter à ne rien faire, je me suis re­tour­née vers le Centre d’ac­tion bé­né­vole de Ri­vière-desP­rai­ries. À par­tir de ce mo­ment-là, je n’ai plus ar­rê­té». En ef­fet, cette femme de coeur âgée de 73 ans tient main­te­nant un agenda de mi­nistre.

Son par­cours bé­né­vole a dé­bu­té à la bi­blio­thèque de l’école Si­mone-Des­jar­dins où elle s’oc­cu­pait du prêt de livres: «Cette lec­ture, c’était le mo­ment de ré­com­pense des élèves. C’était une oc­ca­sion pour eux de dé­cou­vrir de nou­veaux mots. S’il n’y avait pas de bé­né­voles, il n’y au­rait pro­ba­ble­ment pas de bi­blio­thèques ac­tives dans les com­mis­sions sco­laires ».

Convain­cue que même le plus pe­tit geste peut faire une grande dif­fé­rence, Juliette n’a pas hé­si­té à en­chaî­ner les im­pli­ca­tions bé­né­voles : fêtes de quar­tier, Ma­ga­sin-Par­tage, com­mis­sion des com­mu­nau­tés cultu­relles, cli­nique de vac­ci­na­tion, ba­zar Sainte-Marthe, So­cié­té ca­na­dienne du can­cer, ac­com­pa­gne­ment- trans­port mé­di­cal, ate­lier d’écri­ture au­to­bio­gra­phique et club de lec­ture à la bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale. On pour­rait croire que toutes ces ac­ti­vi­tés l’ont épui­sée? Qu’à ce­la ne tienne! Juliette est éga­le­ment de­puis 5 ans la Mère Noël at­ti­trée des en­fants de l’ar­ron­dis­se­ment du­rant la pé­riode des fêtes et pré­si­dente du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du CAB RDP. Il n’y a pas à dire, Juliette nous épate par son éner­gie! « Je trouve que ce­la fait du bien d’ai­der les gens. Si je ne fai­sais pas de bé­né­vo­lat, je crois que je vieilli­rais avant mon âge» dit-elle, cel­lu­laire en main, en train de confir­mer l’ho­raire pré­vu à son agenda.

Le bé­né­vo­lat en Bel­gique

La Bel­gique est ré­pu­tée à tra­vers le monde pour ses gaufres, ses cho­co­lats, ses moules, ses frites, ses bières ar­ti­sa­nales et la sta­tue du Man­ne­ken Pis. Mais qu’en est-il de l’im­pli­ca­tion bé­né­vole de ses ci­toyens? Se­lon un do­cu­ment réa­li­sé par France bé­né­vo­lat in­ti­tu­lé Le bé­né­vo­lat en Bel­gique on es­time à 1,5 mil­lions le nombre de bé­né­voles belges, soit l’équi­valent de 19% de la po­pu­la­tion de plus de 19 ans. Ces bé­né­voles as­surent en­vi­ron 14 mil­lions d’heures d’im­pli­ca­tion par an­née.

Au Qué­bec, on peut se van­ter d’avoir de meilleurs ra­tios. Se­lon le Ré­seau de l’ac­tion bé­né­vole du Qué­bec, c’est plus de 2,4 mil­lions de qué­bé­cois âgés de 15 ans et plus qui réa­lisent an­nuel­le­ment près de 385 mil­lions d’heures dans des or­ga­nismes. Au­jourd’hui, avec Juliette Driess dans nos rangs, nous pou­vons ap­pré­hen­der une aug­men­ta­tion de ces don­nées! Elle fait tel­le­ment de bé­né­vo­lat qu’elle réus­si­rait à elle seule, à faire ex­plo­ser les sta­tis­tiques!

La Bel­gique s’est do­tée d’un cadre législatif et rè­gle­men­taire pour en­ca­drer la pratique du bé­né­vo­lat. Ain­si, il y a une sé­rie de condi­tions à res­pec­ter pour ef­fec­tuer du bé­né­vo­lat (comme être âgé de 16 ans mi­ni­mum) ou pour of­frir du bé­né­vo­lat dans un or­ga­nisme (comme l’obli­ga­tion d’adhé­rer au code du travail). Au Qué­bec, il n’y a pas de lé­gis­la­tion of­fi­cielle en tant que tel qui en­toure l’ac­tion bé­né­vole. Nous en­cou­ra­geons aus­si l’im­pli­ca­tion de fa­milles, d’étu­diants, de tra­vailleurs, de re­trai­tés, et ce, sans au­cune res­tric­tion.

L’im­por­tance de la re­con­nais­sance

Lors­qu’on de­mande à Juliette pour­quoi estce si im­por­tant pour elle de faire du bé­né­vo­lat elle ré­pond: « les gens ont be­soin d’aide et s’il n’y avait pas de bé­né­voles, plu­sieurs ac­ti­vi­tés et ser­vices n’exis­te­raient pas. Le fait de se sen­tir utile nous per­met de nous réa­li­ser en tant qu’être hu­main ». Par contre, un pe­tit en­cou­ra­ge­ment est tou­jours le bien­ve­nu. No­mi­née à plu­sieurs re­prises, elle est fière ré­ci­pien­daire des prix bé­né­vole de l’ar­ron­dis­se­ment et de la So­cié­té ca­na­dienne du can­cer et aus­si du Prix Ca­the­rine Mul­cair pour le meilleur bé­né­vo­lat. Car en plus d’être bé­né­vole, Juliette est aus­si mi­li­tante!

(Col­la­bo­ra­tion spé­ciale)

Juliette Driess, que l’on voit ici à la fête de la fa­mille de Ri­vière-des-Prai­ries, s’en­gage au sein de sa com­mu­nau­té de­puis son ar­ri­vée il y a près de 15 ans.

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