Le Doc­teur Mot­tron plaide pour une re­con­nais­sance des atouts des au­tistes

L'Informateur - - LA UNE - DEL­PHINE JUNG del­phine.jung@tc.tc

Laurent Mot­tron, grand spé­cia­liste de l’au­tisme, se dé­marque de­puis plus de 20 ans par son ap­proche qui dé­fend l’idée que l’au­tisme n’est pas une ma­la­die à gué­rir, mais une fa­çon dif­fé­rente d’ap­pré­hen­der le monde. Il pu­blie un deuxième ou­vrage dans le­quel il conseille de mi­ser sur les forces des au­tistes, plu­tôt que les obli­ger à en­trer dans un moule.

Cher­cheur, pro­fes­seur et cli­ni­cien de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale, Laurent Mot­tron est entre autres res­pon­sable de la cli­nique spé­cia­li­sée de l’au­tisme à l’Hô­pi­tal Ri­vière-des-Prai­ries, éta­blis­se­ment phare en ma­tière de pé­do­psy­chia­trie et des troubles du spectre de l’au­tisme.

C’est en 1990 que le Dr Mot­tron, psy­chiatre et cher­cheur fran­çais, dé­cide de s’ins­tal­ler au Qué­bec.

« Il y a 25 ans, la France était en re­tard sur ces ques­tions-là et les spé­cia­listes consi­dé­raient l’au­tisme comme une condi­tion in­dé­pen­dante du cer­veau. Le Ca­na­da était au contraire chef de file dans l’éta­blis­se­ment des liens entre la pen­sée et le cer­veau », ex­plique ce­lui qui a éga­le­ment fon­dé le Centre d’ex­cel­lence en au­tisme de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal.

Le tour­nant de cette car­rière qué­bé­coise, c’est sa ren­contre avec Mi­chelle Daw­son, une cher­cheuse au­to­di­dacte souf­frant de ce trouble. « Elle tra­vaille tou­jours avec nous. Elle a une grande in­fluence sur nos tra­vaux, no­tam­ment car elle y ap­porte des cri­tiques construc­tives, sans pré­ju­gés scien­ti­fiques », dé­taille-t-il avec une vive ad­mi­ra­tion.

Il concentre en ef­fet ses re­cherches sur « la ma­nière dont les per­sonnes au­tistes traitent l’in­for­ma­tion, étu­diant leurs mé­ca­nismes de per­cep­tion, de mé­moire et de rai­son­ne­ment par les­quels ils ap­pré­hendent le monde », se­lon le site Web de l’hô­pi­tal de Ri­vière-des-Prai­ries.

Ses nom­breuses études ont per­mis d’éta­blir que la per­cep­tion vi­suelle et au­di­tive des au­tistes est dif­fé­rente des non-au­tistes. Ils sont par exemple meilleurs en lo­gique non ver­bale, ap­prennent plus pré­co­ce­ment à lire, etc. », pour­suit le cher­cheur avec pas­sion.

Le spé­cia­liste plaide pour une dé­fi­ni­tion ob­jec­tive de l’au­tisme qui va au-de­là des com­pa­rai­sons désa­van­ta­geu­se­sé­sa­van­ta­geuses aux non-au­tistes et des at­tri­buts per­çus né­ga­tive-né­ga­ti­ve­ment, comme lee manque de com­mu­ni­ca­tion ou les gestes ré­pé­ti­tifs. Il fau­drait plu­tôt te­nir comp­tepte de l’au­tiste, avec ses forces et ses fai­blesses.

De­puis tou­jours,urs, M. Mot­tron plaide pour qu’on aide les au­tistes à uti­li­ser ces avan­tages, et ce, dès la petite en­fance, en leur four­nis­sant une édu­ca­tion fon-fon­dée sur leurs forces. ces.

C’est d’ailleursrs l’ob­jet de son der­nier ou­vrage,

L’idée n’est plus­lus de leur ap­prendre à imi­ter les autres en­fants, « mais de les mettre dans des si­tua­tions de so­cia­li-so­cia­li­sa­tion nor­males,s, en ac­cep­tant qu’ils soient en re­tardd dans ce do­maine, mais en avance dans d’autres ».

Il sou­hai­tait ain­si dé­ve­lop­per l’as-l’as­pect « san­té pu­bli­que­blique » de cette pro-pro­blé­ma­tique et es­pè­res­père pou­voir in­ter-in­ter­pel­ler les pou­voir­soirs pu­blics et les convaincre que leses tech­niques que pro­pose son équi­pe­quipe « ap­porte-ap­por­te­raient plus de bien-ien-être à tout le monde ».

Son ou­vrage,, dé­jà dis­po­nible en for­mat nu­mé­rique, se­ra sur les éta­gères des li­brai­ries le 15 juin.

SAN­TÉ. Leur ma­nière de ré­flé­chir, d’ap­prendre, se fait avec des par­ties du cer­veau dif­fé­rentes.»

Laurent Mot­tron

Le doc­teur Mot­tron a pu­blié plu­sieurs ar­ticles dans la cé­lèbre re­vue scien­ti­fique Na­ture.

(Pho­to col­la­bo­ra­tion spé­ciale)

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