PRENDRE L'ALI­MEN­TA­TION EN MAIN

L'Informateur - - LA UNE - NA­THA­LIE SIMON-CLERC

Pour 50 000 ha­bi­tants, RDP ne compte que quatre épi­ce­ries. À l’au­tomne, l’Échoppe de Gaïa, nou­velle frui­te­rie née d’une ini­tia­tive com­mu­nau­taire, vien­dra bo­ni­fier l’offre ali­men­taire du quar­tier.

L’Échoppe de Gaïa de­vrait ou­vrir ses portes en sep­tembre pro­chain. Cette en­tre­prise d’éco­no­mie so­ciale, consti­tuée of­fi­ciel­le­ment le 14 juin der­nier, a été créée pour re­mé­dier au dé­sert ali­men­taire consta­té dans l’ar­ron­dis­se­ment, pour édu­quer à la bonne ali­men­ta­tion et pour fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­pre­neu­riat so­cial.

« Ri­vière- des-Prai­ries est le cham­pion du dé­sert ali­men­taire ! », s’ex­clame Serge Rous­seau, le co­or­don­na­teur de la toute nou­velle Échoppe de Gaïa. Pour 50 000 ha­bi­tants, on ne compte que quatre épi­ce­ries dans Ri­vière- des-Prai­ries. Un pro­blème que compte pal­lier la nou­velle frui­te­rie com­mu­nau­taire qui au­ra éga­le­ment un pe­tit bis­tro, lieu de so­cia­li­sa­tion, où se don­ne­ront ate­liers cu­li­naires et confé­rences axées sur la bonne ali­men­ta­tion et la san­té.

La struc­ture com­mu­nau­taire of­fri­ra des fruits et lé­gumes, mais sou­haite in­té­grer des mi­croen­tre­prises ou des en­tre­prises en dé­mar­rage qui of­fri­raient des pro­duits de bou­lan­ge­rie, des pro­duits bio­lo­giques ou des pro­duits is­sus de l’agri­cul­ture ur­baine.

Dans un pre­mier temps, la frui­te­rie com­mu­nau­taire va grou­per ses achats avec d’autres struc­tures iden­tiques de Mon­tréal, pour contrô­ler ses coûts.

« L’Échoppe de Gaia doit être un le­vier pour l’en­tre­pre­neu­riat »

Serge Rous­seau

UN LIEU DE PAR­TI­CI­PA­TION CI­TOYENNE

Mais pour M. Rous­seau, l’Échoppe de Gaïa doit aus­si être un lieu de par­ti­ci­pa­tion ci­toyenne et in­té­grer des bé­né­voles. Si deux em­ployés sont pré­vus pour dé­mar­rer l’en­tre­prise, la struc­ture n’ex­clut pas des opé­ra­tions de ré­in­ser­tion et de for­ma­tion dans l’ave­nir. « On rem­plit des cracks », ex­plique le co­or­don­na­teur. Il veut que la struc­ture com­mu­nau­taire soit éga­le­ment gé­né­ra­trice de pro­jets, par­tage un sa­voir-faire et dé­ve­loppe un sa­voir-être.

« On veut éga­le­ment im­pli­quer les écoles », com­plète le co­or­don­na­teur de l’Échoppe de Gaïa. Une de­mande de sub­ven­tion a été for­mu­lée pour dé­ve­lop­per un pro­jet en di­rec­tion des jeunes : Vi­site de fermes, au­to­cueillette, cui­sine, com­post, … au­tant d’ac­ti­vi­tés pour édu­quer les jeunes gé­né­ra­tions au goût et à la bonne ali­men­ta­tion.

UNE RENTABILITÉ REDONNÉE À LA COM­MU­NAU­TÉ

L’Échoppe a ob­te­nu une sub­ven­tion de 30 000 $ de PME-Mon­tréal pour dé­mar­rer ses ac­ti­vi­tés et se donne trois à quatre ans pour at­teindre le seuil de rentabilité. « Une rentabilité re­di­ri­gée vers la com­mu­nau­té » , pré­vient M. Rous­seau. Dès la sub­ven­tion en poche, le lo­cal pour­ra être loué. La lo­ca­li­sa­tion n’a pas été choi­sie au ha­sard, puisque les zones de pré­ca­ri­té, des­ser­vies par du tran­sport col­lec­tif ont été pri­vi­lé­giées. L’Échoppe de Gaïa pour­rait élire do­mi­cile ave­nue Fer­nand-Gau­thier.

Pour com­plé­ter le bud­get de dé­mar­rage, la struc­ture com­mu­nau­taire a or­ga­ni­sé une soi­rée bé­né­fice le 16 juin.

(Na­tha­lie Simon-Clerc)

Serge Rous­seau croit que L'Échoppe de Gaïa doit de­ve­nir un lieu de par­ti­ci­pa­tion ci­toyenne en plus d'être une source d'ali­ments sains.

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