AC­TUA­LI­TÉ

L'Informateur - - LA UNE - CA­THE­RINE PAQUETTE ca­the­rine.paquette@tc.tc

Vi­sée une fois de plus par des plaintes de ré­si­dents qui n’en peuvent plus des mau­vaises odeurs, l’usine Sanimax se dé­fend. La com­pa­gnie dit avoir fait de nom­breux ef­forts de­puis les trois der­nières an­nées pour amé­lio­rer la co­ha­bi­ta­tion avec les dé­ve­lop­pe­ments ré­si­den­tiels ré­cents de Ri­vière-des-Prai­ries.

Si­tuée au nord de l’au­to­route 40 à l’est du bou­le­vard Ri­vière-des-Prai­ries, l’usine Sanimax pro­cède à la trans­for­ma­tion et la ré­cu­pé­ra­tion de sous-pro­duits ani­maux, tra­vaillant à par­tir de car­casses ani­males.

Mal­gré des in­ves­tis­se­ments de 70M $ par l’en­tre­prise pour « amé­lio­rer l’usine », des ré­si­dents re­viennent à la charge contre Sanimax. Les odeurs qui se dé­gagent de l’usine, en pé­riode es­ti­vale, « donnent en­vie de vo­mir », ont confié des ci­toyens à TC Me­dia.

« Mes en­fants ne peuvent même pas sor­tir de­hors pour jouer. On doit fer­mer toutes les fe­nêtres. C’est in­sup­por­table », af­firme Ro­ber­to Mo­li­ne­ro, un ré­sident dont la de­meure est si­tuée à quelques rues de l’usine.

Un autre ré­sident, Theo Ve­ce­ra, a éga­le­ment af­fir­mé de­voir la­ver ses vê­te­ment pour éli­mi­ner les odeurs de « pour­ri­ture » et évi­ter de sor­tir lorsque le temps est chaud et hu­mide.

CONTRA­VEN­TIONS CONTESTÉES

En 2013, le conseil d’ar­ron­dis­se­ment a vo­té une ré­so­lu­tion de­man­dant à Sanimax de « s’en­ga­ger à ins­tal­ler des filtres au char­bon sur l’en­semble de ses re­morques ou de construire un han­gar pou­vant ac­cueillir les re­morques en at­tente, de fa­çon à di­mi­nuer les épi­sodes d’odeurs et d’amé­lio­rer la qua­li­té de vie des ci­toyens des quar­tiers avoi­si­nants ».

L’en­tre­prise par ailleurs re­çu des contra­ven­tions s’éle­vant à 400 000 $ de la part de la Ville de Mon­tréal.

Mais Sanimax, qui dit in­ves­tir mas­si­ve­ment dans l’amé­lio­ra­tion de ses ins­tal­la­tions, re­fuse de payer. Le li­tige, qui a dé­bu­té en 2014, est tou­jours de­vant les tri­bu­naux.

L’en­tre­prise n’a tou­jours pas construit de filtres à char­bon ni de han­gars tel que de­man­dé par l’ar­ron­dis­se­ment.

Tou­te­fois, des dis­cus­sions se­raient tou­jours en cours pour ré­gler la si­tua­tion, in­dique le di­rec­teur gé­né­ral du dis­trict de Mon­tréal, Éric Ca­pu­to.

« C’est un dos­sier qui est tou­jours en dis­cus­sions. Qui n’avance pas aus­si vite que les ci­toyens ou les élus ai­me­raient, mais on tra­vaille en conti­nu », in­dique le di­rec­teur.

D’autres me­sures ont été prises par Sanimax au cours des trois der­nières an­nées. Les flottes de ca­mions, le trai­te­ment de l’air et de l’eau ont été re­vus.

« Nous, on juge que les amendes qu’on a re­çu n’ont pas lieu d’être. Nom­mez moi une autre com­pa­gnie qui in­ves­tit 70M $ pour s’amé­lio­rer, vous n’en trou­vez pas » , af­firme M. Ca­pu­to.

La si­tua­tion, du point de vue de Sanimax, s’amé­liore gran­de­ment. Les plaintes en­re­gis­trées dans les six pre­miers mois de l’an­née au­raient di­mi­nué de 30 % par rap­port à 2015, af­firme M. Ca­pu­to.

Sanimax a ou­vert il y a trois ans un ser­vice à la clien­tèle et a em­bau­ché un agent de liai­son pour al­ler à la ren­contre des ci­toyens.

« J’ai des em­ployés qui tra­vaillent là de­puis 20 ans et qui me disent qu’ils ne re­con­naissent plus l’usine. Plu­sieurs ci­toyens nous disent aus­si que la si­tua­tion s’est énor­mé­ment amé­lio­rée. Sanimax est un très bon ci­toyen cor­po­ra­tif, contrai­re­ment à ce quelques ré­si­dents disent dans les mé­dias », ajoute le di­rec­teur.

L’ar­ron­dis­se­ment a re­fu­sé de com­men­ter l’af­faire étant don­né les pro­cé­dures ju­di­ciaires en­ta­mées.

IN­DUS­TRIE.

Les di­ri­geants de Sanimax disent avoir in­ves­ti mas­si­ve­ment dans l’amé­lio­ra­tion de ses ins­tal­la­tions pour di­mi­nuer les odeurs.

(Pho­to TC Me­dia – Ca­the­rine Paquette)

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