Une étude unique au monde à la re­cherche de vo­lon­taires dans l'est de Mon­tréal

L'Informateur - - NEWS - SA­MAN­THA VELANDIA sa­man­tha.velandia@tc.tc

Est-ce la pré­ca­ri­té qui cause la ma­la­die mentale ou la ma­la­die mentale qui cause la pré­ca­ri­té ? Pour ré­pondre à cette ques­tion, la banque de don­nées bio­lo­giques et psy­cho­so­ciales de l’Ins­ti­tut uni­ver­si­taire en san­té mentale de Mon­tréal (IUSMM), une uni­té unique au monde, est à la re­cherche de ci­toyens de l’est de la mé­tro­pole pour une étude com­pa­ra­tive in­no­vante.

Mise sur pied à l’au­tomne 2012, la Banque Si­gna­ture vise à ai­der les cher­cheurs du monde en­tier à po­ser des diag­nos­tics plus per­son­na­li­sés en ma­tière de san­té mentale, per­met­tant ain­si de pro­di­guer des soins adap­tés aux pa­tients.

Les don­nées «per­mettent aux cher­cheurs de mieux com­prendre les ori­gines de cer­taines ma­la­dies afin de mieux les trai­ter tout en te­nant compte des condi­tions par­ti­cu­lières de chaque per­sonne», ex­plique Nathe Fran­çois, co­or­don­na­trice de la Banque Si­gna­ture.

Les don­nées sont col­lec­tées au­près de pa­tients ad­mis à l’ur­gence de l’hô­pi­tal.

Des che­veux, du sang et de la sa­live sont pré­le­vés à quatre re­prises sur des vo­lon­taires afin de don­ner un «por­trait» bio­lo­gique et psy­cho­so­cial du pa­tient.

Un ques­tion­naire doit éga­le­ment être rem­pli par les pa­tients afin de te­nir compte de leur si­tua­tion éco­no­mique, psy­cho­lo­gique et so­ciale.

«Les psy­chiatres qui traitent ces pa­tients aux ur­gences ont ac­cès à une ana­lyse me­née en temps réel par l’un de nos lo­gi­ciels spé­cia­le­ment conçus à cet ef­fet, ce qui leur per­met d’avoir une vue d’en­semble sur la vie du pa­tient et d’avoir une idée de base sur le meilleur trai­te­ment à don­ner», pour­suit Mme Fran­çois.

À LA RE­CHERCHE DE CI­TOYENS DANS L’EST DE MON­TRÉAL

La banque compte dé­jà sur les don­nées de près de 1200 pa­tients, mais de­vra être bo­ni­fiée afin d’op­ti­mi­ser le tra­vail des cher­cheurs qui l’uti­lisent.

«Nous nous sommes aper­çus que la grande ma­jo­ri­té de nos pa­tients sont ori­gi­naires de l’est de Mon­tréal et ils vivent pour la plu­part dans une si­tua­tion de pré­ca­ri­té. Ce que nous cher­chons à dé­ter­mi­ner, c’est si cette pré­ca­ri­té a une in­fluence sur la ma­la­die ou si, à l’in­verse, c’est la ma­la­die qui cause des si­tua­tions pré­caires.»

La banque est donc à la re­cherche de ci­toyens de l’est de Mon­tréal qui n’ont pas d’an­té­cé­dents en ma­tière de san­té mentale afin de me­ner une étude com­pa­ra­tive.

«Nous vou­lons avoir des per­sonnes qui viennent d’un mi­lieu de vie si­mi­laire, afin d’avoir des échan­tillons qui se res­semblent», pré­cise Mme Fran­çois.

Les don­nées re­cueillis par le IUSMM pour­ront être étu­diées par des cher­cheurs de par­tout dans le monde puisque la banque est ac­ces­sible mon­dia­le­ment de­puis le 1er août.

L’âge moyen des pa­tients re­cru­tés pour ce pro­gramme est de 41 ans. Les ma­la­dies les plus ré­pan­dues sont la schi­zo­phré­nie, les troubles de l’hu­meur, l’abus de sub­stance, les troubles an­xieux ain­si que les troubles de per­son­na­li­té. Pour par­ti­ci­per à cette étude il faut avoir 18 ans et plus et ne ja­mais avoir été hos­pi­ta­li­sé pour des pro­blèmes re­liés à la san­té mentale.

(Pho­to TC Me­dia – Sa­man­tha Velandia)

Nathe Fran­çois, co­or­don­na­trice de la Banque Si­gna­ture de l’Ins­ti­tut uni­ver­si­taire en san­té mentale de Mon­tréal.

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