Da­van­tage d’aide mé­di­cale à mou­rir dans l’Est

L'Informateur - - LA UNE - STEVE CA­RON steve.ca­ron@tc.tc

De­puis l’en­trée en vi­gueur de la Loi concer­nant les soins en fin de vie, le nombre de de­mandes d’aide mé­di­cale à mou­rir a plus que dou­blé au CIUSSS de l’Est-de-l’île-deMon­tréal, pas­sant de 19 pour la pre­mière moi­tié de 2016 à 42 de­mandes pour la pé­riode de juin à dé­cembre de la même an­née.

Par­mi les dif­fé­rents CIUSSS de Mon­tréal, ce­lui de l’Est-de-l’île-de-Mon­tréal est ce­lui qui a re­çu le plus grand nombre de de­mandes d’aide La per­sonne doit être as­su­rée au sens de la Loi sur l’as­su­rance-ma­la­die; Elle doit être ma­jeure et apte à consen­tir aux soins; Elle doit être en fin de vie; Elle doit être at­teinte d’une ma­la­die grave et in­cu­rable; Sa si­tua­tion mé­di­cale doit se ca­rac­té­ri­ser par un dé­clin avan­cé et ir­ré­ver­sible de ses ca­pa­ci­tés; Elle doit éprou­ver des souf­frances phy­siques ou psy­chiques constantes, in­sup­por­tables et qui ne peuvent être apai­sées dans des condi­tions qu’elle juge to­lé­rables; La per­sonne doit, de ma­nière libre et éclai­rée, for­mu­ler pour elle-même la de­mande d’aide mé­di­cale à mou­rir au moyen du for­mu­laire pres­crit par le mi­nistre. Ce for­mu­laire doit être da­té et si­gné par la per­sonne en pré­sence d’un pro­fes­sion­nel de la santé ou des ser­vices so­ciaux qui le contre­signe. Dans le ter­ri­toire du CIUSSS l'Est-de-l'île-de-Mon­tréal, 83 000 per­sonnes ont plus de 65 ans, soit la clien­tèle la plus sus­cep­tible de faire ap­pel à l’aide mé­di­cale à mou­rir. mé­di­cale à mou­rir se­lon les don­nées pu­bliées sur le site In­ter­net des CIUSSS col­li­gées par TC Me­dia.

Yvan Gen­dron, pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Mon­tréal, est plus ou moins sur­pris par ces ré­sul­tats.

«Nous sommes le plus grand CIUSSS de Mon­tréal. Nous des­ser­vons une po­pu­la­tion de 527 085 ha­bi­tants, soit plus du quart de la po­pu­la­tion mont­réa­laise. Et de ce nombre, 83 000 per­sonnes (16,7% de la po­pu­la­tion) ont plus de 65 ans, soit la clien­tèle la plus sus­cep­tible de faire ap­pel à l’aide mé­di­cale à mou­rir », sou­ligne-t-il.

L’écart est tout de même grand avec les autres CIUSSS mont­réa­lais. À titre com­pa­ra­tif, le CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Mon­tréal, qui des­sert une po­pu­la­tion de 411 205 ci­toyens, a re­çu cinq de­mandes d’aide mé­di­cale à mou­rir pour la pé­riode du 10 dé­cembre 2015 au 9 juin 2016. C’est près de quatre fois moins que sur le ter­ri­toire du CIUSSS de l’Est du­rant la même pé­riode.

Du cô­té du CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-deMon­tréal, le nombre de de­mandes a été de trois, entre dé­cembre 2015 et juin 2016 ; de trois éga­le­ment au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Mon­tréal; de sept au CIUSSS Centre-Ouest-de-l’île-de-Mon­tréal pour la même pé­riode.

Le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Mon­tréal avoue que le ser­vice ré­pond à un be­soin. Pour lui, l’im­por­tant est « que tout soit fait dans les règles de l’art, se­lon la convic­tion et les va­leurs des gens. »

Le vo­let d’aide mé­di­cale à mou­rir étant de plus en plus connu, M. Gen­dron s’at­tend à ce que le nombre de de­mandes conti­nue d’aug­men­ter.

« Les gens en parlent de plus en plus li­bre­ment. Il y a beau­coup de bouche-à-oreille qui se fait au­près des per­sonnes âgées. Tout se passe dans le plus grand res­pect. Les com­men­taires que nous re­ce­vons de la part de la fa­mille et des proches sont très po­si­tifs. »

En oc­tobre der­nier, le mi­nistre de la Santé, Gaé­tan Bar­rette, s’était mon­tré éton­né par le nombre de de­mandes for­mu­lées pour les neuf pre­miers mois. Plus de 260 per­sonnes ont eu re­cours à l’aide mé­di­cale à mou­rir au Qué­bec.

Il ne pen­sait pas que les Qué­bé­cois se­raient aus­si nom­breux à se pré­va­loir de cette nou­velle op­tion. Mal­gré le nombre de cas plus éle­vé qu’an­ti­ci­pé, le mi­nistre es­ti­mait que la loi avait été bien ap­pli­quée.

Se­lon M. Gen­dron, du CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Mon­tréal, ce­la dé­montre bien que les Qué­bé­cois étaient prêts pour une telle loi.

Prin­ci­pales condi­tions à rem­plir pour re­ce­voir de l’aide mé­di­cale à mou­rir Aide mé­di­cale à mou­rir

L’aide mé­di­cale à mou­rir est une in­ter­ven­tion ex­cep­tion­nelle consis­tant en l’ad­mi­nis­tra­tion de médicaments par un mé­de­cin à une per­sonne en fin de vie, à sa de­mande, dans le but de sou­la­ger ses souf­frances en en­traî­nant son dé­cès.

(Pho­to TC Me­dia – Ar­chives)

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