Com­prendre les troubles du som­meil chez l’en­fant

L'Informateur - - LA UNE -

LES­LIE MEURAILLON

SAN­TÉ.

La cli­nique du som­meil de l’Hô­pi­tal de Ri­vière-des-Prai­ries tente de com­prendre comment les en­fants au­tistes, in­at­ten­tifs, an­xieux ou dé­pri­més, dorment.

Chaque an­née, entre 90 et 100 en­fants de 0 à 17 ans passent par la cli­nique du som­meil de l’Hô­pi­tal de Ri­vière-des-Prai­ries. Ces en­fants souffrent d’un trouble de san­té men­tal, ils ont eu un diag­nos­tic neu­ro­lo­gique ou psy­chia­trique et sont orien­tés vers la cli­nique par l’en­tre­mise d’un mé­de­cin. Ils ar­rivent alors entre les mains du pro­fes­seur Ro­ger God­bout. Le psy­cho­logue, l’en­fant et sa fa­mille se ren­contrent pour une en­tre­vue d’une à deux heures. ÉDUQUER

En­semble, ils dis­cutent de la san­té phy­sique et men­tale de l’en­fant, de l’en­vi­ron­ne­ment de sa chambre à cou­cher, etc. « Nous es­sayons d’éduquer les pa­rents et les en­fants. Par­fois les pa­rents ont des mau­vaises idées, par exemple de faire dor­mir l’en­fant dans leur lit. Mais par­fois ils ont de bonnes so­lu­tions comme mettre le lit dans un coin », ex­plique le pro­fes­seur God­bout. À la fin de l’en­tre­vue, le psy­cho­logue en­voie par cour­riel ses conseils aux pa­rents. Après six à huit se­maines, c’est l’heure du sui­vi. Si les choses vont mieux, le dos­sier est fer­mé. Si pas, l’en­fant re­vient à la cli­nique. Les en­fants ad­mis à la cli­nique du som­meil peuvent ve­nir de toute la pro­vince, même si ceux du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de et de ser­vices so­ciaux du Nord-de-l’île-de-Mont­réal sont prio­ri­taires.

Le cer­veau que vous avez le jour, pour écrire, te­nir votre té­lé­phone, c’est le même cer­veau qui tra­vaille la nuit pour ré­pa­rer vos tis­sus, rê­ver, mettre en mé­moire ce que vous avez ap­pris pen­dant la jour­née. Je cherche à com­prendre le pont entre les deux »

Pro­fes­seur Ro­ger God­bout, psy­cho­logue UN NUIT EN OB­SER­VA­TION

50 % des en­fants qui viennent à la cli­nique du som­meil passent une nuit en ob­ser­va­tion. Ils sont sur­veillés pen­dant toute la nuit par un tech­ni­cien qui va no­ter les évè­ne­ments par­ti­cu­liers, comme les apnées du som­meil, des bat­te­ments car­diaques sus­pects ou en­core des mou­ve­ments de jambes. Pour ce­la, le pa­tient est mu­ni de deux sangles ab­do­mi­nales, d’un cap­teur de flot res­pi­ra­toire et de plu­sieurs di­zaines d’autres cap­teurs un peu par­tout sur le corps.

La chambre est éga­le­ment équi­pée d’une ca­mé­ra in­fra­rouge qui en­re­gistre le son de la pièce.

Mal­gré la sim­pli­ci­té de la pièce et les bran­che­ments qu’il a sur le corps, l’en­fant s’en­dort. « Ils fi­nissent tous par s’en­dor­mir, tou­jours », in­dique le Dr God­bout. L’en­vi­ron­ne­ment de la chambre ne joue pas sur les don­nées que le psy­cho­logue et son équipe ob­serve. Une fois en­dor­mi, ce qui se passe dans le cer­veau de l’en­fant est pa­reil peu im­porte où il se trouve. RAI­SONS

Les rai­sons qui en­trainent des troubles du som­meil sont vastes. Mais le pro­fes­seur God­bout pointe deux pro­blèmes ma­jeurs. D’abord, l’en­fant doit de­ve­nir au­to­nome par rap­port à son som­meil. « Il peut ou­vrir et fer­mer lui-même la lu­mière, ou lire lui-même sa comp­tine », dé­taille le pro­fes­seur. En­suite, il faut aug­men­ter le contraste entre le jour et la nuit : « Di­mi­nuer les siestes de jour, évi­ter d’écou­ter de la mu­sique la nuit », sug­gère-t-il. Il est sur­tout im­por­tant que le cer­veau et le corps com­prennent quand c’est le jour et quand c’est la nuit.

La cli­nique a dix ans

Ou­vert en 1999, le la­bo­ra­toire de som­meil de l’Hô­pi­tal de Ri­vière-desP­rai­ries de­vient une vraie cli­nique en 2007. Fon­dée par le Dr God­bout, la cli­nique per­met « d’al­ler plus loin ». Les ré­sul­tats des re­cherches sont in­té­grés à la pra­tique de la cli­nique et in­ver­se­ment, ce qui se passe dans la cli­nique ali­mente les re­cherches.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.