RDP-PAT lance un ul­ti­ma­tum pour des tra­vaux qui « s’étirent »

L'Informateur - - LA UNE - RALPH-BO­NET SANON ralph-bo­net.sanon@tc.tc

Exas­pé­ré par des mon­tagnes d’agré­gats qui jonchent le ter­rain d’une en­tre­prise de re­cy­clage de ci­ment, l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­ries – Pointe-auxT­rembles somme un en­tre­pre­neur de ter­mi­ner d’ici six mois des tra­vaux de ré­no­va­tion amor­cés en 2015.

Le con­seil d’ar­ron­dis­se­ment a don­né le man­dat au service ju­ri­dique de la ville-centre d’en­tre­prendre «les dé­marches né­ces­saires ju­gées ap­pro­priées» pour for­cer Con­cas­sage Trans-Ca­na­da ltée à ter­mi­ner des tra­vaux au­tour d’un bâ­ti­ment d’ici le 31 août pro­chain.

« C’est un ul­ti­ma­tum », a mar­te­lé la mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment, Chan­tal Rou­leau, lors d’une séance ex­tra­or­di­naire du con­seil, le 23 fé­vrier der­nier.

« Il s’agit un bâ­ti­ment com­mer­cial qui fait l’ob­jet d’un pro­jet par­ti­cu­lier et dont les tra­vaux s’étirent in­dé­fi­ni­ment, alors qu’il y avait pres­crip­tion. »

L’en­droit, si­tué bou­le­vard Hen­ri-Bourassa Est, près de Ma­rien, ac­cueille l’en­tre­prise de re­cy­clage de ci­ment Re­cy-Bé­ton de­puis 20 ans, mais doit faire l’ob­jet de di­verses mo­di­fi­ca­tions en ver­tu d’un pro­jet par­ti­cu­lier.

Ce pro­jet, adop­té en oc­tobre 2012, de­vait per­mettre à l’en­tre­prise d’en­tre­po­ser des matériaux de fa­çon rè­gle­men­taire et de fixer la hau­teur maxi­male de ses piles d’agré­gats à 15 mètres. Il lui per­met­tait aus­si de construire un nou­vel édi­fice, une ba­lance à ca­mion et un bâ­ti­ment ac­ces­soire.

Tou­te­fois, quatre ans plus tard, l’ar­ron­dis­se­ment dé­plore, dans un som­maire dé­ci­sion­nel, le fait que « la ma­jo­ri­té des exi­gences [du pro­jet, NDLR] ne sont pas ter­mi­nées ou sont in­com­plètes », comme l’amé­na­ge­ment d’al­lées de cir­cu­la­tion et d’uni­tés de sta­tion­ne­ment, la plan­ta­tion de 58 arbres et le res­pect de la hau­teur maxi­male des piles de matériaux secs en vrac.

« Mal­heu­reu­se­ment, il est à croire que la si­tua­tion per­du­re­ra en­core dans le temps si la Ville n’in­ter­vient pas ju­di­ciai­re­ment », peut-on lire dans le som­maire.

L’ar­ron­dis­se­ment a par ailleurs en­cais­sé, fin août der­nier, un dé­pôt de ga­ran­tie de 200 000 $ ver­sé par l’en­tre­prise, au mo­tif que les tra­vaux n’étaient pas as­sez avan­cés.

IN­DI­GNÉ ET INCRÉDULE

De son cô­té, le di­rec­teur gé­né­ral de Con­cas­sage Trans-Ca­na­da Ltée ex­plique avoir eu be­soin de plus de temps pour exé­cu­ter les tra­vaux en rai­son d’un manque de li­qui­di­tés.

Même s’il re­con­nait que l’amé­na­ge­ment ex­té­rieur de son ter­rain reste à faire, Do­na­to Ve­na­fro ne com­prend pas pour­quoi on lui a pris son dé­pôt de ga­ran­tie, car il es­time avoir amor­cé la construc­tion du nou­vel édi­fice à l’in­té­rieur du dé­lai pres­crit de deux ans.

« Les ci­toyens sont hu­mains et n’ont pas de ma­chines à im­pri­mer de l’argent, peste M. Ve­na­fro. Nous n’avons pas les moyens de tout faire. Ça fait 20 ans que je suis ici et tout d’un coup, un jour, on m’a dit que mes piles étaient trop hautes, mais ça prend du temps et de l’argent pour les faire bais­ser ».

Il as­sure qu’il a l’in­ten­tion de ter­mi­ner les tra­vaux et qu’il les en­ta­me­ra à nou­veau dès la pé­riode de dé­gel.

Il ré­clame une ren­contre avec la mai­resse et d’autres res­pon­sables de l’ar­ron­dis­se­ment, afin de leur si­gni­fier ses in­ten­tions et de sa­voir s’il pour­ra ré­cu­pé­rer son dé­pôt de ga­ran­tie.

L’ar­ron­dis­se­ment exige no­tam­ment du pa­vage, des arbres et des piles d’agré­gats moins hautes au­tour de l’édi­fice de Re­cy-Bé­ton.

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