Manque criant de lo­caux pour les or­ga­nismes com­mu­nau­taires

L'Informateur - - LA UNE - LES­LIE MEU­RAILLON les­lie.meu­raillon@tc.tc

Loyer exor­bi­tant, bu­reau sans fe­nêtre, es­pace au mi­lieu d’un cou­loir… Plu­sieurs or­ga­nismes com­mu­nau­taires de RDP disent être mal lo­gés. Au point que ce­la les contraint par­fois à ré­duite l’éten­due de leurs ac­ti­vi­tés.

Yo­lette Ca­fé sou­pire en fai­sant vi­si­ter le lo­cal qui hé­berge son or­ga­nisme d’aide ali­men­taire.

« C’est tou­jours moi qui doit tout net­toyer ici », confie Yo­lette.

Les bu­reaux de l’or­ga­nisme sont si­tués au rez-de-chaus­sée d’une mai­son qui hé­berge des lo­ca­taires à l’étage. Le ves­ti­bule est par­ta­gé. La cuisine aus­si.

Yo­lette pointe vers la ser­rure en­dom­ma­gée de la porte de la pièce qui lui sert d’en­tre­pôt et de garde-man­ger. Quel­qu’un l’a for­cée pour vo­ler de la nour­ri­ture des­ti­née aux gens dans le be­soin. Ce n’était pas la pre­mière fois.

Celle qui di­rige le Centre d’en­traide aux fa­milles avait été contrainte de s’ins­tal­ler ici après avoir été évin­cée de son an­cien lo­cal, trans­for­mé de­puis en condos. Ça de­vait être tem­po­raire. Cinq ans plus tard, elle y est tou­jours, dé­bour­sant men­suel­le­ment un loyer de 550 $ pour un es­pace qu’elle n’uti­lise qu’un seul jour par se­maine.

« Quand nous fai­sons la dis­tri­bu­tion des pa­niers le ven­dre­di, j’ai mal par­tout à la fin de la jour­née. Il fait froid, la porte reste ou­verte et les gens sont obli­gés d’at­tendre de­hors parce que je n’ai pas de place ici », dé­plore Mme Ca­fé.

Contrainte de dé­mé­na­ger en mai parce que le pro­prié­taire veut faire des tra­vaux ma­jeurs, Yo­lette cherche ac­ti­ve­ment un nou­vel es­pace. Mais ce n’est pas fa­cile, l’offre à Ri­vière-des-Prai­ries étant li­mi­tée. Soit les loyers sont trop chers, soit les lieux ne conviennent pas. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à en pâ­tir.

VIVABLE, MAIS PAS SUR DU LONG TERME

Hé­ber­gés gra­cieu­se­ment par la Cor­po­ra­tion de dé­ve­lop­pe­ment communautaire de Ri­vière-des-Prai­ries (CDC) qui met à dis­po­si­tion le peu de lo­caux qu’elle a, de nom­breux or­ga­nismes disent être contraints de se sa­tis­faire de peu.

Le Fond- Ac­tion San­té communautaire Bé­nise-Nor­mil (FASCBN), par exemple, doit par­ta­ger son es­pace avec le Centre de Dé­ve­lop­pe­ment des Com­pé­tences Édu­ca­tives et des Ha­bi­li­tés So­ciales (CDCEHS). L’un est pré­sent les lun­dis et mar­dis et l’autre prend la suite les mer­cre­dis et jeu­dis. « C’est im­pos­sible pour nous de ren­con­trer des gens dans notre bu­reau. L’es­pace n’est pas fer­mé » dé­taille Pierre Re­gi­nald Azar, di­rec­teur gé­né­ral du FASCBN. Les deux or­ga­nismes se par­tagent en fait une table qui leur fait of­fice de bu­reau, dans le hall de la CDC. « Je suis un peu un iti­né­rant » , dé­plore Jean-Mi­chel Pi­quant, di­rec­teur gé­né­ral de la CDCEHS, « quand je me dé­place je suis obli­gé de tran­spor­ter tous mes dos­siers avec moi, je ne peux rien pla­cer à la CDC. Ce­la ne fait vrai­ment pas sé­rieux » conclut-il.

Les pa­rents que je re­çois sont vul­né­rables, fra­giles. Ils ont be­soin de se sen­tir bien ac­cueillis, d’avoir un lieu pour se re­po­ser. Mais ce n’est pas pos­sible sans lo­cal, et je n’ai pas les sous pour un loyer » Jean-Mi­chel Pi­quant, di­rec­teur gé­né­ral de la CDCEHS

D’autres, comme la Mai­son des fa­milles Coeur à Ri­vière, pos­sèdent un vrai lo­cal fer­mé, mais au sous-sol et sans fe­nêtre. « Nous ne voyons ja­mais la lu­mière du jour. Ce n’est pas l’idéal quand nous re­ce­vons des fa­milles qui ont be­soin de se sen­tir bien ac­cueillies », té­moigne Na­tha­lie Le­gros, in­ter­ve­nante pour Coeur à Ri­vière.

DES AC­TI­VI­TÉS AN­NU­LÉES

La pe­ti­tesse ou la mau­vaise confi­gu­ra­tion de leurs lo­caux obligent les or­ga­nismes à ré­ser­ver des es­paces du Centre communautaire pour leurs ac­ti­vi­tés. Or, ce­lui-ci fonc­tionne dé­jà à pleine ca­pa­ci­té. « En­vi­ron 50 à 60 % des salles po­ly­va­lentes

Yo­lette n’est plus en me­sure d’or­ga­ni­ser ses ca­fé-ren­contres, ni ses ac­ti­vi­tés de cuisine col­lec­tive à cause de son lo­cal qui n’est pas adap­té.

(Ma­rio Beau­re­gard – TC Me­dia)

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