L’odeur de la dis­corde

L'Informateur - - LA UNE - RALPH-BONET SANON Avec la col­la­bo­ra­tion de Ni­co­las Le­dain

Alors que des avo­cats et autres re­pré­sen­tants de la Ville de Mon­tréal dis­cutent avec ceux de l’en­tre­prise Sa­ni­max afin de dé­nouer l’im­passe ju­ri­dique, des ré­si­dents de Ri­vière-des-Prai­ries af­firment que le pro­blème de mau­vaises odeurs cau­sées par les ac­ti­vi­tés de l’usine est loin de se ré­sor­ber.

Se­lon des ré­si­dents de Ri­vière-des-Prai­ries, les éma­na­tions d’odeurs ve­nant de l’usine de Sa­ni­max se­raient par­mi les pires en cinq ans.

« Nous avons eu trois se­maines de mau­vaises odeurs constantes cet été », af­firme Theo Ve­ce­ra, mi­li­tant com­mu­nau­taire bien connu dans le sec­teur et membre du Mou­ve­ment Ci­toyens de RDP.

Même s’il vit à un ki­lo­mètre de l’éta­blis­se­ment, M. Ve­ce­ra af­firme pou­voir en sen­tir les éma­na­tions à tout mo­ment lors­qu’il est dans sa cour. À tel point qu’il ne peut y pla­ni­fier d’évé­ne­ments.

Les ci­toyens ne se plaignent pas pour rien» Chan­tal Rou­leau

La mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment, Chan­tal Rou­leau, se dit très consciente des pro­blèmes d’odeur en cette pé­riode es­ti­vale. «Je cir­cule dans le quar­tier et je les sens très bien», tranche-t-elle.

À QUAND UNE SO­LU­TION ?

À la suite d’un dé­ver­se­ment de car­casses d’ani­maux en mai der­nier, la mai­resse avait exi­gé une ren­contre entre les avo­cats de la Ville et ceux de Sa­ni­max afin de trou­ver une so­lu­tion. Mme Rou­leau avait d’ailleurs ré­cla­mé un «plan d’ac­tion concret à court terme» de la part de l’en­tre­prise spé­cia­li­sée en ré­cu­pé­ra­tion de sous-pro­duits ali­men­taires.

Les par­ties ne di­vulguent pas la te­neur exacte des dis­cus­sions, mais il n’y a pas en­core de plan concret. « Nous ne sommes pas par­ve­nus au plan fi­nal parce que nous main­te­nons que Sa­ni­max doit se confor­mer aux règles et qu’eux cherchent peut-être une autre so­lu­tion avec la­quelle nous sommes en désac­cord. Nous sommes convain­cus que la com­pa­gnie doit res­pec­ter la rè­gle­men­ta­tion et nous l’ac­com­pa­gnons dans cet ob­jec­tif. Toutes les op­tions sont sur la table », ex­plique la mai­resse Rou­leau.

Les par­ties dis­cu­te­raient des quelque 800 000 $ de contra­ven­tions mu­ni­ci­pales contes­tées par Sa­ni­max, la pos­si­bi­li­té pour l’en­tre­prise d’uti­li­ser une bre­telle sur la 7e Rue afin d’évi­ter le bou­le­vard Mau­rice-Du­ples­sis et la fai­sa­bi­li­té de cer­taines so­lu­tions aux odeurs, comme l’ajout de filtres au char­bon dans les ca­mions et l’amé­na­ge­ment d’un han­gar pres­su­ri­sé.

Pour sa part, Sa­ni­max évoque un dos­sier com­plexe qui doit se ré­gler à l’avan­tage de tous.

«Il faut s’as­su­rer de res­pec­ter les normes de part et d’autre, de faire l’af­faire à Sa­ni­max et à la Ville», com­mente le di­rec­teur gé­né­ral pour Mon­tréal de Sa­ni­max, Éric Ca­pu­to.

Ce der­nier ajoute que le nombre de plaintes re­çues par l’en­tre­prise est stable de­puis trois ans. Il évoque même une « exa­gé­ra­tion » de la part des ré­si­dents. Par­fois, dit-il, l’agent de liai­son dé­ployé sur le lieu d’une plainte ne constate pas de mau­vaises odeurs. En outre, les odeurs ne doivent pas être si ter­ribles si le pro­prié­taire de l’usine peut ve­nir tra­vailler tous les jours au siège so­cial si­tué tout près.

C’est faux de dire que Sa­ni­max s’en fiche» Éric Ca­pu­to, Sa­ni­max

Alors que les deux par­ties dis­cutent, Theo Ve­ce­ra sou­haite faire du cas Sa­ni­max un en­jeu élec­to­ral et ap­pelle le maire de Mon­tréal à ap­puyer pu­bli­que­ment sa cause.

« Nous ne vo­te­rons pas aveu­glé­ment pour son équipe. Nous ne nous lais­se­rons pas trai­ter en ci­toyens de se­conde zone », tem­pête-t-il.

(Photo TC Media — Ma­rio Beau­re­gard)

Des ré­si­dents se plaignent des mau­vaises odeurs à proxi­mi­té de l’usine Sa­ni­max.

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