DÉGRADATION EN AVAL

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« On reste vi­gi­lants et ce­la né­ces­site un sui­vi im­por­tant », avoue Ch­ris­tian De­sau­tels, le di­rec­teur gé­né­ral de la route de Cham­plain. Cet or­ga­nisme pro­pose des ba­lades aqua­tiques es­ti­vales sur la ri­vière des prai­ries et doit contrô­ler ré­gu­liè­re­ment la qua­li­té des eaux dans la zone pour adap­ter ses ac­ti­vi­tés.

« Après des fortes pluies, on li­mite nos sor­ties. Pour les ba­teaux à mo­teur, il n’y a pas de pro­blème, car ils vont au mi­lieu du fleuve, c’est moins pol­lué et il y a peu de con­tact avec l’eau. Il y a plus de risques avec les kayaks donc on doit être pru­dents », ajoute M. De­sau­tels.

Chaque se­maine, le Ré­seau de sui­vi du mi­lieu aqua­tique (RSMA) pu­blie une carte de la qua­li­té des eaux dans les 43 sta­tions qui bordent la ri­vière des prai­ries. Lorsque le ni­veau de co­li­formes fé­caux (bac­té­ries pro­duites par l’ac­ti­vi­té hu­maine) dé­passe les 200 par 100mL, le mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable, de l’En­vi­ron­ne­ment et de la Lutte contre les chan­ge­ments cli­ma­tiques pré­co­nise de li­mi­ter les contacts avec l’eau.

Ce ni­veau cri­tique a été dé­pas­sé à trois re­prises sur les cinq der­niers re­le­vés dans cinq des huit sta­tions de pré­lè­ve­ment de Ri­vière-des-Prai­ries. Les deux der­nières se­maines du mois de juin ont été par­ti­cu­liè­re­ment pro­blé­ma­tiques avec des concen­tra­tions au-des­sus des 1000 co­li­formes fé­caux par 100mL en­re­gis­trées dans la qua­si-to­ta­li­té des sta­tions, ni­veau à par­tir du­quel le mi­nis­tère es­time que toutes les ac­ti­vi­tés aqua­tiques sont com­pro­mises. À titre de com­pa­rai­son, sur la même pé­riode l’an der­nier, la qua­li­té des eaux était ma­jo­ri­tai­re­ment ju­gée sa­tis­fai­sante ou bonne et par­fois même ex­cel­lente se­lon les cri­tères du RSMA.

Au-de­là de la mé­téo, des dis­pa­ri­tés consta­tées dans les 43 sta­tions de la ri­vière des prai­ries éveillent quelques in­ter­ro­ga­tions. Si la qua­li­té de l’eau est gé­né­ra­le­ment bonne, voire ex­cel­lente, de Pier­re­fonds-Rox­bo­ro à Car­tier­ville, elle se dé­té­riore sou­vent à par­tir d’Ahunt­sic et se dé­grade ma­ni­fes­te­ment en pas­sant Mon­tréal-Nord et RDP.

« Il y a quelque chose qui pol­lue l’eau entre le cap Saint-Jacques et la pointe aux prai­ries et il est étrange de consta­ter que là où il y a des sur­verses à La­val et au parc Ai­mé Léo­nard, les ni­veaux sont éle­vés », pointe Ch­ris­tian De­sau­tels.

Le di­rec­teur gé­né­ral de la route de Cham­plain sou­haite que les villes de La­val et Mon­tréal contrôlent da­van­tage ces éva­cua­tions. Se­lon la Coa­li­tion qué­bé­coise pour une ges­tion res­pon­sable de l’eau, Eau Se­cours, il est pos­sible de li­mi­ter le pas­sage de ces bac­té­ries.

« Ça s’est vrai­ment beau­coup amé­lio­ré, mais il y a en­core à faire. On a les moyens tech­niques pour ré­gler ce genre de pro­blèmes. L’usine d’épu­ra­tion est conçue pour trai­ter ces co­li­formes fé­caux », es­time Mar­tine Cha­te­lain, porte-pa­role de cette coa­li­tion.

Eau Se­cours oeuvre éga­le­ment pour di­mi­nuer la pol­lu­tion en amont et ré­clame un trai­te­ment pour di­mi­nuer la conta­mi­na­tion aux mé­di­ca­ments et pro­duits chi­miques. Grâce à des fi­nan­ce­ments de Qué­bec et Ot­ta­wa, la Ville de Mon­tréal in­ves­tit dans une uni­té de dés­in­fec­tion à l’ozone qui se­ra ins­tal­lée à la sta­tion d’épu­ra­tion des eaux usées Jean-R.-Mar­cotte, dans RDP-PAT. Cette usine à 350 M$ est pro­mis pour l’au­tomne 2018 et per­met­tra de sup­pri­mer 95 % des bac­té­ries, vi­rus et ré­si­dus de mé­di­ca­ments pré­sents dans les eaux usées.

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