UNE SERRE QUI NE SERT PLUS

De­puis juin 2016, la serre de l’école se­con­daire Jean-Grou à Ri­viè­redes-Prai­ries est vide. Faute de fi­nan­ce­ment, les ac­ti­vi­tés d’hor­ti­cul­ture des­ti­nées aux élèves en dif­fi­cul­té ont été an­nu­lées.

L'Informateur - - LA UNE - LES­LIE MEURAILLON les­lie.meuraillon@tc.tc

De­puis juin 2016, la serre de l’école se­con­daire Jean-Grou à Ri­vière-des-Prai­ries est vide. Faute de fi­nan­ce­ment, les ac­ti­vi­tés d’hor­ti­cul­ture des­ti­nées aux élèves en dif­fi­cul­té ont été an­nu­lées.

Les mau­vaises herbes et les dé­chets en­tourent la serre Ri­vard-Paquette. C’est la deuxième ren­trée sco­laire où les portes de ce jar­din d’hi­ver ne s’ou­vri­ront pas pour les éco­liers de l’école se­con­daire Jean-Grou.

« C’est la dé­cep­tion to­tale. C’est comme un coup de poi­gnard dans le coeur, chaque ma­tin, quand je viens à l’école », sou­pire Ma­rie-France Paquette, l’en­sei­gnante en adap­ta­tion sco­laire à l’ori­gine de ce pro­jet.

Pen­dant 13 ans, la serre de l’école Jean-Grou a per­mis à des élèves en dif­fi­cul­té d’ap­pren­tis­sage d’ap­pré­hen­der l’école au­tre­ment, en ap­pre­nant les ma­thé­ma­tiques, le fran­çais ou en­core les sciences, à tra­vers des ate­liers d’hor­ti­cul­ture.

«Les élèves dé­ve­lop­paient un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance à leur école, la serre leur don­nait une rai­son de se le­ver le ma­tin. Elle a même sus­ci­té des vo­ca­tions. Cette serre est le la­bo­ra­toire le plus ex­tra­or­di­naire de notre com­mis­sion sco­laire », ex­plique Mme Paquette.

PLUS DE FI­NAN­CE­MENT

Pour sa mise en place, la serre, d’un coût de 250 000 $, a été fi­nan­cée en par­tie par le Fonds Jeu­nesse Qué­bec du gou­ver­ne­ment qué­bé­cois, ain­si que par des le­vées de fonds et des sub­ven­tions de la Com­mis­sion sco­laire de la Poin­tede-l’île (CSPI).

Elle était gé­rée par Mme Paquette avec l’aide d’un hor­ti­cul­teur, dont le sa­laire était payé grâce aux bé­né­fices de la ca­fé­té­ria de l’école. Mais pe­tit à pe­tit, les re­ve­nus de la ca­fé­té­ria ont di­mi­nué jus­qu’à ne plus pou­voir per­mettre l’em­ploi d’un hor­ti­cul­teur.

Mme Paquette, dé­ter­mi­née à vou­loir sau­ver son pro­jet, se met alors à la re­cherche de par­te­naires pri­vés.

« J’avais trou­vé deux en­tre­prises qui ac­cep­taient de don­ner de l’ar­gent, pen­dant cinq ans. Mais ils vou­laient que la CSPI s’en­gage elle aus­si dans le pro­jet. Ce qu’elle n’a pas fait », dé­plore l’en­sei­gnante.

Con­tac­tée par TC Mé­dia, la CSPI n’a pas sou­hai­té ex­pli­quer son choix. Tou­te­fois, elle pré­cise que tout n’est pas per­du pour la serre.

«Pré­sen­te­ment, la CSPÎ est en études de di­vers pro­jets. Nous pou­vons vous confir­mer que la serre ne se­ra pas aban­don­née, mais il est fort pro­bable qu’elle se­ra re­dé­fi­nie», in­dique Ch­ris­tiane Saint-Onge, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions de la CSPI.

En at­ten­dant, la serre sert ponc­tuel­le­ment aux dif­fé­rents jar­dins com­mu­nau­taires du quar­tier, pen­dant le temps des se­mis. Le reste de l’an­née, elle est vide.

(Les­lie Meuraillon-TC Media)

Ma­rie-France Paquette est à l’ori­gine de cette serre, de 30 pieds sur 60 pieds, construite en po­ly­car­bo­nate dont la du­rée de vie est de 30 ans.

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