HAUT NI­VEAU DE SÉ­CU­RI­TÉ

L'Informateur - - NEWS - LES­LIE MEURAILLON les­lie.meuraillon@tc.tc Fré­dé­rique Cha­rest Ro­main Schué

De­puis plu­sieurs mois, des ou­vriers s’ac­tivent sur une cu­rieuse struc­ture amé­na­gée au beau mi­lieu de la ri­vière des Prai­ries. Ils y sont pour éri­ger un py­lône d’Hy­dro-Qué­bec qui, à terme, ser­vi­ra à sé­cu­ri­ser l’approvisionnement en élec­tri­ci­té des grands centres de consom­ma­tion. TC Me­dia a eu droit à une vi­site in­usi­tée et ex­clu­sive de ce chan­tier ma­jeur.

C’est à bord d’un zo­diac qu’il est pos­sible de re­joindre le chan­tier ins­tal­lé dans la ri­vière des Prai­ries. Le dé­part se fait de­puis la je­tée, construite à l’au­tomne 2016, en pa­ral­lèle du pont de l’au­to­route 40, au bout de l’île.

Ici, au mi­lieu de l’eau, Hy­dro Qué­bec est en train d’im­plan­ter deux nou­velles lignes de trans­port élec­trique à 735kV et à 315kV. Ces lignes font par­tie du pro­jet Cha­mou­chouane–Bout-de-l’Île.

ZONE SÈCHE EN­TOU­RÉE D’EAU

Pour éri­ger ces py­lônes, l’en­tre­prise doit as­sé­cher une zone à l’aide de deux ba­tar­deaux. Cette struc­ture a une forme oc­to­go­nale, dont chaque cô­té me­sure 8,4m. Il est fait de 80 pal­planches de 18m, dont 10m sont en­fon­cés dans le sol.

Les em­ployés d’Ha­mel construc­tion, en­tre­prise char­gée par Hy­dro Qué­bec d’ins­tal­ler les py­lônes, ont eu be­soin d’une di­zaine de jours pour le construire. Il a fal­lu une jour­née pour as­sé­cher le ba­tar­deau qui conte­nait plus d’un mil­lion de litres d’eau.

« L’étan­chéi­té du ba­tar­deau se fait grâce à la pous­sière de pierre, qui s’ins­talle entre les pal­planches. Nous uti­li­sons aus­si des pompes au ni­veau des fonds ro­cheux, pour vi­der les nappes phréa­tiques en des­sous du ba­tar­deau et évi­ter la pres­sion de l’eau », ex­pose Fé­lix Sau­vé, res­pon­sable du chan­tier.

Au­tour du ba­tar­deau, le ni­veau d’eau est constam­ment sur­veillé.

« L’an­née pas­sée, le ni­veau de l’eau était his­to­ri­que­ment bas, ce prin­temps il était his­to­ri­que­ment haut. La ri­vière des Prai­ries est très ré­ac­tive. Le cou­rant, très éle­vé au dé­but des tra­vaux, de­mande une plus grande pré­cau­tion », ex­plique Jean-Phi­lippe Choui­nard, res­pon­sable du chan­tier de l’Île de Mon­tréal.

Im­plan­ter un chan­tier au mi­lieu d’une ri­vière re­quiert quelques pré­cau­tions par­ti­cu­lières.

«Sur l’eau, la sur­face de tra­vail est très ré­duite. Il faut une or­ga­ni­sa­tion très dé­taillée, c’est très im­por­tant. Il y a beau­coup de lo­gis­tique en amont et pen­dant le chan­tier », dé­taille Fé­lix Sau­vé.

La sé­cu­ri­té est éga­le­ment un en­jeu prio­ri­taire. Chaque em­ployé doit constam­ment por­ter son gi­let de flot­tai­son et de nom­breuses bouées sont ins­tal­lées au­tour des barges qui per­mettent aux em­ployés et aux ma­té­riaux de cir­cu­ler entre la terre ferme et les ba­tar­deaux. En cas de chute à l’eau, il fau­drait un maxi­mum de 2m50 pour al­ler ré­cu­pé­rer un tra­vailleur, « dans le pire scé­na­rio » fait va­loir Jean-Phi­lippe Choui­nard.

Le chan­tier d’ins­tal­la­tion des py­lônes se ter­mi­ne­ra à la fin de cette an­née.

Ce­lui de la ligne 315kV, de 78,5m de haut, se­ra mis en ser­vice à la mi-novembre. À ce mo­ment-là, la ligne exis­tante qui est en pa­ral­lèle se­ra dé­man­te­lée. Le py­lône de la ligne 735kV se­ra lui mis en ser­vice en oc­tobre 2018.

Le chan­tier compte trois barges qui font tran­si­ter em­ployés et ma­té­riaux entre la terre et les ba­tar­deaux. Les cais­sons qui com­posent chaque barge sont plus ou moins rem­plis d’eau, pour per­mettre à l’ins­tal­la­tion de res­ter stable.

(Ma­rio Beau­re­gard-TC Me­dia)

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