L’agent Sé­guin prend sa re­traite après 25 ans de ser­vice

L'Informateur - - PETITES ANNONCES CLASSÉES - ÉLISE MERLIN elise.merlin@tc.tc

Au­drey Fer­ron tra­vaille de­puis 7 ans avec Nor­mand Sé­guin.

Nor­mand Sé­guin est un agent so­cio­com­mu­nau­taire du poste de quar­tier 45 à la car­rière bien rem­plie. Le 5 dé­cembre pro­chain, il dé­po­se­ra son uni­forme et pren­dra sa re­traite après 25 ans de ser­vice au­près de la po­pu­la­tion. Re­tour sur la car­rière d’un po­li­cier qui ne laisse rien pa­raître.

« Je laisse dé­sor­mais la place aux jeunes. La na­ture, la mo­to, le golf et le ski se­ront plus sou­vent au ren­dez-vous. J’ai eu la chance d’avoir d’ex­cel­lents com­man­dants très hu­mains, à l’écoute, qui ont cru en moi et qui m’ont tou­jours sup­por­té », sou­ligne l’agent Sé­guin.

C’est en 1992, à 35 ans, qu’il ar­rive au poste de dis­trict 55 qui couvre les deux sec­teurs de Ri­vière-des-Prai­ries et de Pointe-aux-Trembles - à l’époque sé­pa­rés. Il par­ti­cipe alors à des pro­jets de fi­la­tures et est de­ve­nu pa­trouilleur. Peu de temps après, l’un de ses col­lègues tombe ma­lade et il le rem­place à titre de po­li­cier jeu­nesse. Sa mis­sion est de ré­soudre des en­quêtes liées à la dé­lin­quance ju­vé­nile.

«De­puis toutes ces an­nées, j’ai dé­ve­lop­pé un lien de confiance avec les jeunes, car je vais dans les écoles faire de la pré­ven­tion sur les gangs de rue et la drogue. Il y a cer­tains jeunes que je vois main­te­nant adultes et qui me re­con­naissent, in­dique-t-il. La jeu­nesse, c’est un gros dos­sier. J’adore ça. En 1995 et 1998, il y avait beau­coup de gangs de rue. En­core au­jourd’hui, il faut faire at­ten­tion. Il y a des jeunes qui ne prennent pas le bon che­min pour y ar­ri­ver ».

Lors de la créa­tion des postes de quar­tier, en 1995, il par­ti­cipe à l’ou­ver­ture du poste 45 de Ri­vière-des-Prai­ries. Il est nom­mé agent so­cio­com­mu­nau­taire. La phi­lo­so­phie du rap­pro­che­ment po­li­ciers et ci­toyens lui colle par­fai­te­ment à la peau, comme il le ré­sume.

UN LIEN PAR­TI­CU­LIER AVEC LES JEUNES

« Il est tel­le­ment ap­pré­cié de tout le monde…son calme, sa connais­sance, sa bonne hu­meur. Quand il s’ex­prime, tout le monde veut l’écou­ter, c’est tou­jours bien dit », sou­ligne l’agent so­cio­com­mu­nau­taire, Au­drey Fer­ron, l’une de ses proches col­la­bo­ra­trices.

Ori­gi­naire de Mon­tréal, Nor­mand Sé­guin n’a pas tou­jours été po­li­cier. À 23 ans, il oc­cupe un poste d’édu­ca­teur spé­cia­li­sé à l’hô­pi­tal Louis-H. Lafon­taine du­rant 8 ans, puis de­vient so­cio­thé­ra­peute à l’Ins­ti­tut Phi­lippe-Pi­nel de Mon­tréal jus­qu’à l’âge de 34 ans. Après, il a sui­vi un cours de for­ma­tion en droit pour de­ve­nir po­li­cier. Il a fait ses dé­buts dans l’Ouest de l’île du­rant 3 ans en tant que pa­trouilleur et char­gé d’en­quête.

« J’ai tou­jours ai­mé ai­der les gens. J’ai été du­rant plu­sieurs an­nées dans la psy­chia­trie au­près des jeunes et le mé­tier de po­li­cier m’at­ti­rait beau­coup dé­jà. Je connais­sais un po­li­cier jeu­nesse et il m’a beau­coup ins­pi­ré, ex­plique-t-il. Je me suis que dit mon pro­chain job ce se­ra dans la po­lice. Et quand je re­gar­dais des films po­li­ciers, j’es­sayais de ré­soudre les en­quêtes avant la fin du film », ra­conte l’agent Sé­guin.

UN MÉ­TIER PAR­FOIS DIF­FI­CILE

L’adré­na­line fait par­tie de son quo­ti­dien et il aime ça. Des dos­siers plus dif­fi­ciles que d’autres, l’agent en connaît un rayon, mais il ar­rive à faire la part des choses entre sa vie au poste et celle à la mai­son. Il se sou­vient de pour­suites avec des hommes ar­mées et des balles qu’il a failli re­ce­voir ou en­core d’un ac­ci­dent sur­ve­nu lors d’un ré­veillon de Noël où il a dû ré­ani­mer un homme avant d’al­ler ré­veillon­ner avec sa fa­mille

« On es­saie de par­ler entre nous au poste des si­tua­tions que nous connais­sons. La com­mu­ni­ca­tion est très im­por­tante entre agents. Je me sou­viens un jour nous avions dû re­ti­rer l’en­fant en bas âge d’une mère de fa­mille qui se dro­guait. C’était trop ris­qué de lais­ser l’en­fant à la mère, car il était en dan­ger. Des hommes fai­saient des al­lées et ve­nues au do­mi­cile pour consom­mer de la drogue. Le dos­sier des en­fants est tou­jours très dif­fi­cile aus­si », confie-t-il.

UN PRIX HOM­MAGE DU CDC

Chaque an­née, la CDC de Ri­vière-des-Prai­ries sou­ligne le tra­vail des or­ga­nismes com­mu­nau­taire. Cette fois-ci, le co­mi­té de sé­lec­tion a vou­lu re­con­naître l’en­semble de la car­rière de l’agent Sé­guin.

« On a es­ti­mé que Nor­mand a eu une grande im­pli­ca­tion à plu­sieurs ni­veaux. Au­tant au­près des jeunes avec la pré­ven­tion et des or­ga­nismes de concer­ta­tion de l’ar­ron­dis­se­ment, ex­plique Ma­thieu Le­clerc, le di­rec­teur gé­né­ral de la CDC. Il a mis en place la dis­tri­bu­tion de Pop­sicle aux jeunes du­rant l’été pour avoir un contact avec eux ».

Avec beau­coup de di­gni­té et de pro­fes­sion­na­lisme, l’agent Sé­guin s’est mon­tré heu­reux de re­ce­voir ce prix et a ex­pli­qué que c’était une belle re­con­nais­sance par rap­port à l’en­semble de la com­mu­nau­té avec la­quelle il a tra­vaillé pen­dant long­temps.

L'agent Sé­guin tra­vaille de­puis 25 ans au poste de po­lice 45 de Ri­vière-des-Prai­ries.

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