Plan contre la pau­vre­té: du bon et du moins bon

L'Informateur - - LA UNE - RALPH-BONET SANON ralph-bonet.sanon@tc.tc Des groupes sont ra­vis du fait que le plan de lutte contre la pau­vre­té 2017-2023 du gou­ver­ne­ment Couillard évoque un re­ve­nu mi­ni­mum ga­ran­ti (RMG) et un sou­tien fi­nan­cier à l’ac­tion com­mu­nau­taire, mais dé­plorent l

Cen­traide du Grand Mon­tréal trouve par­ti­cu­liè­re­ment «in­té­res­sants» la re­con­nais­sance et le fi­nan­ce­ment bo­ni­fié ac­cor­dés aux or­ga­nismes com­mu­nau­taires.

Idem pour l’aug­men­ta­tion pro­gres­sive du re­ve­nu de base pour les per­sonnes ju­gées in­aptes au tra­vail et l’idée d’un plan pour éva­luer pré­ci­sé­ment les ac­tions me­nées.

«On peut tou­te­fois se de­man­der si les me­sures an­non­cées se­ront suf­fi­santes pour com­bler les nom­breux be­soins des mé­nages du Grand Mon­tréal», s’in­ter­roge dans un com­mu­ni­qué l’or­ga­ni­sa­tion qui aide quelque 350 or­ga­nismes.

BONS ET MAU­VAIS PAUVRES

Le plan dé­plaît avec ses me­sures qui in­citent les pres­ta­taires d’aide so­ciale à in­té­grer le mar­ché de l’em­ploi, au pé­ril de pé­na­li­tés.

«Le gou­ver­ne­ment veut for­cer les gens à in­té­grer le mar­ché du tra­vail et pé­na­li­ser ceux et 19,7%; 20,3 % 22,0% 25,3 % 33,8% 32,3 % 26,1% 15,9% 16,7 % celles qui ne le pour­ront pas en les pri­vant de re­ve­nus sup­plé­men­taires», cri­tique le le por­te­pa­role du Col­lec­tif pour un Qué­bec sans pau­vre­té, Serge Pe­tit­clerc.

D’après son plan, Qué­bec ins­tau­re­ra un re­ve­nu de base as­su­ré pour les per­sonnes ju­gées in­aptes au tra­vail. Ce re­ve­nu se­rait dis­tinct du pro­gramme d’aide so­ciale. Afin d’y ar­ri­ver, il consent 1,2 mil­liard de dol­lars afin de faire pas­ser les pres­ta­tions an­nuelles de quelque 84 000 per­sonnes de 12 749$ à 18 029$.

Pour les per­sonnes ju­gées aptes au tra­vail, le ré­gime ac­tuel d’aide so­ciale don­ne­rait droit à de plus grosses primes de for­ma­tion et de re­cherche d’em­ploi. Tou­te­fois, les pé­na­li­tés in­tro­duites par le po­lé­mique pro­jet de loi 70 de­meurent.

«Ain­si, la pré­misse de ces me­sures n’est donc pas de sor­tir les per­sonnes de la pau­vre­té, mais bien sor­tir les per­sonnes de l’aide so­ciale afin de four­nir de la main-d’oeuvre bon mar­ché à l’in­dus­trie », dé­plore dans un com­mu­ni­qué la pré­si­dente du Ré­seau qué­bé­cois de l’ac­tion com­mu­nau­taire au­to­nome (RQ-ACA), Clau­delle Cyr.

TRA­VAILLEURS PAUVRES

Le RQ-ACA plaide en fa­veur d’une hausse du sa­laire mi­ni­mum et d’une amé­lio­ra­tion des condi­tions de tra­vail.

MINCE RATTRAPAGE

Pour les or­ga­nismes com­mu­nau­taires qui com­battent la pau­vre­té, le fi­nan­ce­ment bo­ni­fié est bien­ve­nue après des an­nées de stag­na­tion et de re­ven­di­ca­tions. Il s’agit d’un rattrapage fi­nan­cier im­por­tant, mais qui ne re­pré­sente qu’en­vi­ron 30% des be­soins réels, se­lon le RQ-ACA.

«Mal­gré toutes les cri­tiques qu’on peut faire de ce plan d’ac­tion gou­ver­ne­men­tal, il y a une bonne nou­velle pour les or­ga­nismes com­mu­nau­taires dont plu­sieurs ver­ront leur fi­nan­ce­ment à la mis­sion aug­men­ter», af­firme dans un com­mu­ni­qué la co­or­don­na­trice du (RQ-ACA), Ca­ro­line Tou­pin.

En plus d’être un «ren­dez-vous man­qué», le plan du gou­ver­ne­ment «né­glige des cen­taines de mil­liers de per­sonnes et creuse les in­éga­li­tés» entre per­sonnes aptes et in­aptes au tra­vail, s’in­surge le Front com­mun des per­sonnes as­sis­tées so­ciales du Qué­bec.

«Dans son ap­proche, le mi­nistre Blais consi­dère que les per­sonnes à l’aide so­ciale n’ayant pas de contrainte sé­vère re­con­nue ne mé­ritent pas d’amé­lio­ra­tion de leurs condi­tions. C’est scan­da­leux!», s’in­digne Yann Yann Trem­blayMar­cotte, du Front.

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