Pit­bulls: Mon­tréal se ré­jouit de la volte-face de Qué­bec

L'Informateur - - ACTUALITÉS - DO­MI­NIQUE CAMBRON-GOU­LET / MÉ­TRO

L’ad­mi­nis­tra­tion mont­réa­laise s’est ré­jouie de la volte-face de Qué­bec dans le dos­sier des chiens dangereux. Le mi­nistre de la Sé­cu­ri­té pu­blique, Mar­tin Coi­teux, a an­non­cé que son pro­jet de loi ne vi­se­rait fi­na­le­ment pas des races de chiens en par­ti­cu­lier, un as­pect que le par­ti Pro­jet Mon­tréal avait tou­jours dé­plo­ré.

«Quand on fait des lois, il faut quand même que ce soit ba­sé sur des faits ob­jec­tifs. Alors, quand je n’ai pas de cor­ro­bo­ra­tion scien­ti­fique pour al­ler dans le sens de l’in­ter­dic­tion d’une race, je pense que c’est notre de­voir d’en te­nir compte», a dé­cla­ré mer­cre­di M. Coi­teux. Il s’est dé­fen­du d’avoir chan­gé d’idée, es­ti­mant qu’il était nor­mal que les pro­jets de loi évo­luent après les études me­nées en com­mis­sion.

«On est contents, a ré­agi le res­pon­sable du dos­sier au co­mi­té exé­cu­tif de la Ville de Mon­tréal, Craig Sau­vé. Ils ont fait leur tra­vail, ils ont ren­con­tré des ex­perts et ont conclu la même chose que nous, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de consen­sus scien­ti­fique pour in­ter­dire cer­taines races et que même si on le fai­sait, ça se­rait dif­fi­ci­le­ment ap­pli­cable.»

M. Sau­vé ne croit pas que ce soit la po­si­tion de Mon­tréal qui a fait chan­ger d’idée le mi­nistre, mais que «la science et les ex­perts ont in­fluen­cé M. Coi­teux et nous».

Craig Sau­vé a in­di­qué qu’il al­lait ana­ly­ser la nou­velle mou­ture du pro­jet de loi, qui sem­blait, se­lon lui, al­ler dans le même sens que le nou­veau rè­gle­ment la Ville de Mon­tréal.

«On veut mieux contrô­ler et iden­ti­fier les chiens qui sont sur le ter­ri­toire pour avoir une meilleure sé­cu­ri­té», a ajou­té M. Sau­vé, qui ajus­te­ra le rè­gle­ment en te­nant compte des chan­ge­ments ap­por­tés par Qué­bec à son pro­jet de loi.

«On va avoir des me­sures pour avoir des chiens en meilleure santé men­tale et moins d’agres­si­vi­té chez les chiens. On va tout faire pour s’as­su­rer qu’il y a une meilleure sé­cu­ri­té et s’as­su­rer que c’est ap­pli­cable», s’est conten­té de dire mer­cre­di Craig Sau­vé, ne vou­lant pas dé­voi­ler le nou­veau rè­gle­ment.

Dès son ar­ri­vée au pou­voir en no­vembre, l’ad­mi­nis­tra­tion de Va­lé­rie Plante a ré­vo­qué le rè­gle­ment qui in­ter­di­sait l’achat de chiens de «type pit­bull» sur le ter­ri­toire mon­tréa­lais. Dans cette mou­ture du rè­gle­ment, ceux qui étaient dé­jà pro­prié­taires de­vaient s’en­re­gis­trer, mon­trer qu’ils n’avaient au­cun an­té­cé­dent ju­di­ciaire et leurs chiens de­vaient por­ter une mu­se­lière à l’ex­té­rieur.

Ce rè­gle­ment adop­té par l’ad­mi­nis­tra­tion de De­nis Co­derre à la suite du dé­cès de Ch­ris­tiane Vad­nais, at­ta­quée par un chien à Pointe-aux-Trembles en 2016, avait été ver­te­ment cri­ti­qué par la So­cié­té pour la prévention de la cruau­té en­vers les ani­maux de Mon­tréal (SPCA Mon­tréal), des ci­toyens et Pro­jet Mon­tréal, alors dans l’op­po­si­tion.

Le chef de l’ac­tuelle op­po­si­tion et an­cien membre de l’ad­mi­nis­tra­tion Co­derre, Lio­nel Pe­rez, a main­te­nu la po­si­tion de son par­ti En­semble Mon­tréal.

«Notre po­si­tion est claire et elle n’a pas chan­gé. Le mi­nistre a dé­ci­dé de se ra­vi­ser, en sou­le­vant qu’il n’y a pas de consen­sus scien­ti­fique. Nous, on dit que même s’il y a un doute, quand on parle de sé­cu­ri­té pu­blique, on ne de­vrait pas prendre de risque», a af­fir­mé M. Pe­rez, qui était al­lé dé­fendre son point de vue en com­mis­sion par­le­men­taire, à Qué­bec.

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