Trump tend une main me­na­çante aux dé­mo­crates

États-Unis. Le pré­sident amé­ri­cain, Do­nald Trump, a as­su­ré hier, au len­de­main des élec­tions de mi-man­dat, qu’il était prêt à tra­vailler avec les dé­mo­crates à condi­tion que ceux-ci re­noncent à leurs pro­jets d’en­quêtes sur sa pré­si­dence et ses fi­nances.

Métro Montréal - - LA UNE - AGENCE FRANCE-PRESSE

«C’était un grand jour, un jour in­croyable», a dé­cla­ré Do­nald Trump à pro­pos des élec­tions, lors d’une con­fé­rence de presse très dé­cou­sue au cours de la­quelle il s’en est pris avec agres­si­vi­té à plu­sieurs jour­na­listes.

Les dé­mo­crates ont ra­vi une tren­taine de sièges à la Chambre des re­pré­sen­tants, où ils se­ront dé­sor­mais ma­jo­ri­taires. Au Sé­nat, les ré­pu­bli­cains ont lé­gè­re­ment ac­cru leur ma­jo­ri­té, qui de­vrait pas­ser de 51 à 53 sièges, sur 100.

Tour à tour ca­jo­leur et me­na­çant face à ses ad­ver­saires po­li­tiques, M. Trump a clai­re­ment in­di­qué qu’il n’en­ten­dait pas re­non­cer à son style. «J’ado­re­rais l’uni­té, la paix, l’amour», a-t-il lan­cé, avant de ju­ger qu’il ne pou­vait chan­ger de ton en rai­son de la «mal­hon­nê­te­té» des mé­dias.

Quelques mi­nutes plus tard, de­puis le Ca­pi­tole, Nan­cy Pe­lo­si, qui de­vrait de­ve­nir la pro­chaine spea­ker (pré­si­dente) de la Chambre, a po­li­ment dé­cli­né l’idée de re­non­cer à ses pro­jets. «Nous avons une res­pon­sa­bi­li­té consti­tu­tion­nelle de contrôle», a-t-elle ex­pli­qué. «C’est l’équi­libre des pou­voirs», a-t-elle in­sis­té.

Po­li­ti­que­ment, le pré­sident cal­cule que né­go­cier avec une Chambre dé­mo­crate lui fa­ci­li­te­ra la tâche par rap­port à la si­tua­tion des deux pre­mières an­nées de son man­dat, où la ma­jo­ri­té ré­pu­bli­caine était constam­ment sou­mise aux me­naces de dé­fec­tions in­ternes,

entre les ailes mo­dé­rées et ul­tra-conser­va­trices. À l’in­verse, se­lon lui, les dé­mo­crates «se serrent les coudes» et votent en bloc. «Si les dé­mo­crates ont une idée pour bais­ser les im­pôts, j’y crois beau­coup, j’étu­die­rais ab­so­lu­ment l’idée», a-t-il pro­po­sé, met­tant aus­si en avant de pos­sibles com­pro­mis sur les in­fra­struc­tures et la san­té.

Il s’agit de sa pre­mière dé­ci­sion au len­de­main des élec­tions de mi-man­dat qui ont ren­for­cé la ma­jo­ri­té ré­pu­bli­caine au Sé­nat, mais fait bas­cu­ler la Chambre des re­pré­sen­tants dans le camp dé­mo­crate.

Do­nald Trump a an­non­cé sur Twit­ter le dé­part de Jeff Ses­sions et son rem­pla­ce­ment, tem­po­raire, par son di­rec­teur de ca­bi­net, Mat­thew Whi­ta­ker.

Le se­cré­taire était sur la sel­lette de­puis qu’il s’est ré­cu­sé, en mars 2017, dans l’en­quête du pro­cu­reur spé­cial Ro­bert Muel­ler, qui cherche à éta­blir s’il y a eu col­lu­sion entre Mos­cou et

l’équipe du can­di­dat Trump lors de la pré­si­den­tielle de 2016.

En se ré­cu­sant, M. Ses­sions a dé­lé­gué le contrôle hié­rar­chique du pro­cu­reur Muel­ler au nu­mé­ro deux du mi­nis­tère de la Jus­tice, Rod Ro­sen­stein.

Mat­thew Whi­ta­ker avait pu­blié en août 2017 une tri­bune dans la presse re­pro­chant au pro­cu­reur spé­cial de s’in­té­res­ser aux fi­nances de M. Trump et ap­pe­lant Rod Ro­sen­stein à lui «or­don­ner de li­mi­ter la por­tée de son en­quête».

Mat­thew Whi­ta­ker de­vrait «se ré­cu­ser» dans l’en­quête russe, a im­mé­dia­te­ment com­men­té le chef des sé­na­teurs dé­mo­crates, Chuck Schu­mer.

/ GETTY

Avant de tom­ber en dis­grâce, Jeff Ses­sions, un ul­tra-conser­va­teur de 71 ans, était consi­dé­ré comme l’un des plus fi­dèles sou­tiens de Do­nald Trump, qu’il avait été l’un des pre­miers à ap­puyer aux pri­maires de 2016.

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